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L'apéritif en nylon


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Du nylon très 50-60

Merci à toutes les dames qui aujourd’hui nous font le plaisir de porter de bas. Ce coup de coeur, je l’ai toujours au bord des lèvres.  Il y a cependant une chose que je regrette un peu et hélas, elles n’y peuvent rien! C’est en quelque sorte l’intendance qui ne suit pas. Je m’explique. Porter des bas aujourd’hui est une chose relativement facile si on veut bien le faire. Il faut bien sûr une paire de bas pour commencer. Ensuite de quoi les tenir, porte-jarretelles, serre-taille. guêpière. Vous connaissez la liste aussi bien que moi, vous messieurs, qui reluquez de travers quand un pan de robe se soulève, n’est-ce pas? Vous mesdames, qui êtes confrontées directement au problème « matériel » de la chose. De ce second cas, il faut bien vous procurer le nécessaire et aller à la bonne place pour votre achat. En passant, faites vous offrir le tout, je connais pas un homme qui ne sortirait son PORTE-monnaie pour offrir un PORTE-jarretelles à sa belle. Vous voyez le mot porte est très bien accompagné dans la langue française, bien que je trouve le second nettement plus sexy, quoique certaines femmes peuvent penser le contraire. Ne tombez pas dans le piège de la lingerie à bon marché, conseil que l’on ne peut que répéter encore et encore. Une bonne pièce de lingerie ne court pas les rues, il faut aller chercher dans des endroits qui mettent un point d’honneur à contenter une clientèle exigeante et connaisseuse. Ils existent mais sont en fin de compte assez peu nombreux, quelques fabricants que l’on peut conseiller à travers le monde dont vous connaissez les principaux. Cela provoque immanquablement une certaine uniformité, une ressemblance dans leurs créations. Soulignons en France le cas de Cervin qui produit des bas sur un authentique métier à tisser d’époque, ce qui donne à leurs bas une classe incomparable et par définition des jambes qui peuvent prétendre en bénéficier. Le vieux nostalgique que je suis dans ce domaine, sait au moins une chose. A l’âge d’or des bas, ces fournisseurs étaient de milliers avec chacun sa manière de faire. La diversité de l’allure d’un porte-jarretelles était presque infinie. C’est un peu comme le visage humain, vous avez remarqué tout les différence que l’on peut obtenir avec deux yeux, un nez, une bouche et deux oreilles. Autant dire que le spectacle offert par une femme qui exposait ses dessous était d’une variété folle. Ce n’était jamais deux fois exactement la même chose. Des bas tenus haut, bas, avec revers plissé, tendus de manière lâche, extrêmement tendus, des élastiques longs, courts, avec longueur réglable ou sans, des jarretelles petites, grandes,  cachées par des rubans ou visibles au premier coup d’oeil et j’en passe!

Je me suis replongé dans les photos d’époque, une récolte qui tourne autour de la fin des années 50 à la première moitié des années 60. Vous pourrez y admirer de jolies  filles et un spectacle qui souligne mes propos. Epoque bénie, mais remercions encore une fois les femmes actuelles qui perpétuent cet art de l’élégance à nul autre pareil. Petit jeu: parmi ces photos se cache une actrice très connue, l’une des rares qui avouait porter encore des bas quand ce n’était plus la mode. Saurez-vous la reconnaître?


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Miss Nylon, Ambassadrice de Nylon Bar

Elle a choisi de ne pas montrer son visage. C’est sa part de mystère, ce mystère qui est en chaque femme. Pour moi, ce mystère n’est pas total puisque j’ai la chance de la connaître. Elle est le contraire de la femme que vous croisez dans l’absolu de votre admiration pour le nylon, celle dont vous ne verrez que l’essentiel, le visible de circonstance. Devant l’objectif du photographe, cet oeil de verre qui précède et exauce vos désirs, elle sait prendre la pose et magnifier ses jambes qui jouent avec le nylon. Car chez elle, le nylon est une seconde peau, seconde peau qui lui colle à la peau, telle pourrait être sa devise. Pour la plupart d’entre vous, elle restera ce mystère, ce miroir de l’élégance en bas coutures dans lequel elle se reflète, reflet qui cache le haut mais pas le bas…

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Nylon paparazzi (6)

En fin 1941 on peut considérer que la France est en guerre, elle est même envahie et le gouvernement français siège à Vichy. On a souvent l’impression quand on écoute les témoignages que la vie était bien triste, les loisirs inexistants, les informations peu crédibles. Pourtant en lisant certains journaux, on a vite un peu l’impression du contraire. Je suis tombé un numéro du « Figaro » datant du 11 novembre 1941 et suis très étonné du contenu, pas vraiment l’idée que je m’en faisais. Bien sûr le contenu est un tantinet propagandiste, on souligne les victoires allemandes, qui à cette époque sont nombreuses. Bien que le journal ne contienne que 4 pages, une est entièrement dédiée à la femme, la mode évidemment et les petits conseils de beauté. A ma grande surprise on y parle de bas nylon, avec une grande question: les Américaines porteront-elles des bas de coton?
Le ton de l’article en est presque tragique. Résumons la situation. Le bas nylon est inventé, mais le bas de soie est encore très populaire. Après avoir remplacé le bas de coton, qui est plus un cache jambe qu’un article d’élégance, il a le vent en poupe, le nylon ne l’ayant pas encore supplanté. Mais la guerre est là. Le principal fournisseur de coton est le Japon. Historiquement, nous sommes à quatre semaines de l’attaque de Pearl Harbour, mais les relations commerciales sont rompues. Le nylon est dans la pratique une soie artificielle, obtenue chimiquement. Les produits nécessaires à sa confection sont bien évidemment utilisés majoritairement pour le matériel de guerre. Entre la soie qui n’arrive plus et le nylon qui se fait rare dans la confection, vient s’ajouter un phénomène totalement inconnu et mystérieux. A Washington, des femmes constatèrent que leurs bas de soie, les derniers sauvés, se transformaient en écumoires. J’imagine déjà leur parler nasal sortir un chapelet de « shit », tout en pestant contre la qualité des produits qu’on leur fourgue. Une étude approfondie du phénomène révéla que de l’aide sulfurique entourait les déchirures. On attribua la cause à une usine qui envoyait de l’acide dans l’atmosphère, qui par réaction chimique perçait des trous dans les bas. On ne chercha pas vraiment laquelle, secret défense, pas plus qu’on ne remboursa les dégâts. Bonjour l’air pur!
Voilà de quoi parlait le « Figaro » ce beau jour de l’automne 41. On peut aussi lire entre les lignes et penser que si les Françaises n’avaient plus trop de bas à se mettre sur la jambe, l’air d’ici était au moins respirable.

Mesdames, mesdemoiselles, pas vous messieurs, qui portez des bas aujourd’hui… enfin j’espère, que représente pour vous cet vêtement et ses indispensables accessoires qui servent à les tenir bien en place, je veux parler de ces coquines jarretelles et autres vêtements destinés à fixer les bas? J’imagine que vous êtes moderne, in, branchée, chébran, tout le folklore actuel quoi. Il ne vous a pas fallu plus d’un claquement de doigts pour franchir le gué qui vous mène vers cette sensation, à la fois voluptueuse et coquine, de vous sentir autre. Imaginez les doutes, les questions, d’une dame des années 30, qui considère la lingerie avec l’air aussi étonné et curieux que si un ovni était venu se poser dans son jardin. Un article paru dans « La Mode et la Maison », publié en mars 1936, m’y fait songer. Tout ne semble pas encore clair dans l’esprit de certaines dames de l’époque. Cela va du nombres de jarretelles nécessaires au bon usage de la chose à la manière de mettre en pratique le bon fonctionnement de cette « machine » à tenir les bas. Article sur les conseils d’une journaliste publié sous le titre « Chez la corsetière ».

La corsetière me fait attendre, mon essayage n’est pas prêt. Elle me donne quelques revues à feuilleter et m’installe, pour les regarder, dans une minuscule salle d’attente, juste entre le magasin et le salon d’essayage. Excellent poste d’observation, eu somme, j’en profiterai pour m’instruire.

Voici justement une jeune fille mince et sportive qui arrive. II lui faut une ceinture — oh simplement pour soutenir ses bas — les jarretières sont peu pratiques et les « mi-bas » pour dame terminés par un élastique ne lui inspirent pas confiance. Pourtant, elle se rend compte qu’une ceinture, si petite soit-elle, dès qu’elle s’appuie à la taille on aux hanches pour soutenir les bas, modifie l’équilibre du corps et doit être bien étudiée. Elle demande conseil.

Les jarretelles ne doivent pas être seulement placées devant, ce qui ferait remonter la ceinture dans le dos et accentuerait la cambrure des reins. Elles doivent être réparties deux devant, deux sur les côtés et deux derrière. Le fait d’en avoir six permet d’ailleurs de les tendre beaucoup moins, ce qui épargne a la fois l’élastique et les bas. Les « systèmes » de ces jarretelles ne doivent pas blesser: pour cela, pas d’angles vifs et un isolant en peluche ou en caoutchouc. Ils ne doivent pas non plus arracher les bas, mais ceci est difficile a apprécier; en les voyant, force nous est d’acheter en confiance. Mais rares sont celles qui se contentent de porter une ceinture simplement pour maintenir leurs bas. Les autres lui demandent, soit de paraître plus minces, soit la correction de tel ou tel point défectueux de leur silhouette.

Pour paraître plus mince une ceinture élastique suffit, pourvu qu elle soit bien choisie, c’est-à-dire :
– Qu’elle serre assez mais pas trop, la tension excessive ayant pour effet de la déformer plus vite, et de la déplacer vers la taille sensiblement plus mince que les hanches. On compte trop souvent sur les jarretelles pour remédier à ce dernier inconvénient, et de fait elles maintiennent la ceinture en place non sans gêne tant qu’on se tient debout, mais ne jouent plus le même rôle dès qu’on s’assied par exemple.

– Il faut que sa matière soit telle qu’on puisse la porter sur la peau et la laver facilement. Les ceintures de gomme pure dites amaigrissantes se lavent et s’essuient instantanément. On les enfile facilement pourvu qu’elles soient légèrement saupoudrées de talc mais, comme elles ne laissent pas passer l’air, elles donnent chaud. C’est d’ailleurs le secret de leurs vertus amincissantes. Enfin, elles font un usage assez irrégulier, parfois très long, parfois assez court, elles finissent toujours par se déchirer brusquement de façon irréparable. L’été, elles présentent l’avantage de rester parfaitement en place sans le secours des jarretelles et peuvent se porter sans inconvénient sous le costume de bains.
Les ceintures de tricot élastique font un bien plus long usage, se lavent facilement avec une brosse et du savon, mais ne sèchent pas instantanément. Il est recommandé, d’ailleurs, de ne pas les exposer au soleil.
Vous voilà, j’espère, rassurées. Vous aurez sans doute remarqué un petit détail. En comptant le nombre de jarretelles préconisé, vous arriverez à douze. De quoi s’assurer contre toute chute de bas imprévue. La tendance est aussi au très serré. Comme cette dame à qui son docteur conseillait d’avaler une pilule au saut du lit.
– Vous n’y pensez pas docteur, après je ne pourrai plus enfiler mon corset!

Je ne résiste pas  à la tentation de poursuivre mes explorations journalistiques dans quelques journaux oubliés, mais bien franchouillards. Un des plus célèbres fut « Le Petit Parisien », quotidien qui exista jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Journal politique de droite avant tout, il savait aussi ratisser plus large en publiant des articles plus récréatifs. En voici un extrait d’un numéro de février 1928, intitulé « bas de soie ». Bien sûr, le nylon n’était pas encore inventé, mais il n’empêche que certaines dames avaient déjà compris tout le pouvoir de séduction qu’elles pouvaient tirer d’une paire de bas. Même si la fortune ne les attendait pas dans leurs lits.

Mme Schpim était dans la joie en faisant ses comptes du mois, elle s’était trouvée à la tête de cent francs d’économies. Peuh! dites-vous dédaigneusement.. Cent francs, qu’est-ce que c’est que ça. Essayez donc, avec vos cent francs, d’acheter une malheureuse petite livre sterling.
N’empêche que Mme Schpim était bien contente, et qu’à sa place vous l’eussiez été tout autant, chère madame.  Car son billet de cent francs n’était pas un billet comme les autres, ceux qu’elle consacre, chaque mois, à l’acquisition de tous les accessoires qui font marcher sa maison, boeuf mode, poireaux, camembert, confitures, savon, huile, balais, robes, chaussures et gaz d’éclairage
C’était un billet qui ne devait rien à personne, un billet de rabiot. Et l’on sait que tout ce qui est de rabiot ne peut être remis en compte.
Le rabiot est sacré. Il est hors budget. Il est destiné à une emplette de fantaisie, de luxe, à quelque chose d’agréable qu’on ne s’offrirait pas avec ses ressources ordinaires.
Et c’est cela qui faisait la joie de Mme Schpinn
Avec ses cent francs de rabiot, qu’allait-elle s’acheter ?
Bien entendu, il ne pouvait être question de faire un cadeau à son mari. Un mari, c’est fait pour travailler et apporter l’argent nécessaire au ménage, double et noble satisfaction, bien suffisante, par conséquent. Un mari ne saurait donc prétendre profiter du rabiot que son économe épouse a réussi à faire en grattant par-ci par-là sur certains chapitres de dépenses, fût-ce les chapitres à lui consacrés. Il ne manquerait plus que cela!
J’ai trouvé! s’écria mentalement Mme Schpim. Depuis longtemps, j’ai envie d’une paire de bas de soie. J’ai de très jolies jambes. Elles méritent mieux que les bas de fil dont je les habille ordinairement. Je vais donc m’offrir une paire de bas de soie. Des beaux, très fins. Mes jambes y gagneront encore. Et qui, en somme, en aura de la satisfaction ? Mon mari. Car pour qui une femme cherche- t-elle à se faire belle ? Pour son mari. Tout de même, Alfred en a-t-il de la chance que j’aie fait cent francs d’économie.
Et, son précieux billet soigneusement enfoui dans un compartiment spécial de son sac à main, Mme Schpim courut, joyeuse comme un enfant, au « Paradis retrouvé », qui, comme on le sait, vend les plus beaux bas de tout Paris.
– De beaux bas de soie ? Parfaitement, madame, j’ai votre affaire. En voici à 135 francs. Magnifiques. Baguette brodée,  entièrement diminués et sans défaut. – Cent trente-cinq francs ?  C’est un peu cher.
– En voici à 80 francs, de très bonne qualité également et bien plus avantageux.
Ils étaient à 1oo francs il y a huit jours, mais on les a démarqués.
Mme Schpim prit les bas à 80 francs. Quelle veine! Il me reste 20 francs sur mon billet! Que vais-je bien pouvoir m’offrir avec ce nouveau rabiot ? Des jarretelles brodées de petites roses. Dame! avec de beaux bas. Justement, en voici de ravissantes.
– Combien ces jarretelles, mademoiselle ?
– Cinquante francs.
– Heu. Vous n’en auriez pas de démarquées ?-
– Si. Il me reste celles-ci. Elles étaient à 60 francs. Aujourd’hui, 40.
Mme Schpim réfléchit.
– Quarante francs. Et je n’ai plus que 20 francs sur mon billet. C’est trop cher de 20 francs. Il est vrai que, sur mes bas j’ai gagné 20 francs, puisque ce sont des bas de 100 francs que j’ai payés 80, moins 20 ôté de 40, reste 20. Les jarretelles ne me coûteront donc que 20 francs.
– Je les prends, mademoiselle.
Mme Schpim, de plus en plus ravie, emporta les jarretelles avec les bas et se dirigea vers la sortie.
Chemin faisant, elle se dit:
Quelles bonnes affaires j’ai faites.  Pour 120 francs, j’ai des bas de soie de100 francs et des jarretelles de 60, c’est- à-dire 160 francs de marchandises. C’est donc 60 francs que je gagne. Et si j’avais pris les bas de 135 francs au lieu de ceux de 80, j’aurais dépensé 55 francs de plus et 60, ça fait 115. 115 francs qu’on n’a pas dépensés, c’est 155 francs gagnés. Oh les amours de souliers Des jambes comme les miennes, avec de beaux bas et de jolies jarretelles, doivent être chaussées convenablement. Et puisque à mes 100 francs de rabiot j’ai ajouté 115 francs d’économies, je puis bien m’offrir ces petits souliers. Combien, mademoiselle ?
– Deux cents francs, madame. Voulez-vous me les essayer, s’il vous plaît ?
– Ils me vont à ravir. Je les prends.
C’est Alfred qui va être content!
Charmante histoire, n’est-ce pas? Je verrais assez bien le tout comme problème mathématique dans les écoles. Combien madame Schpim devra-t-elle économiser le mois prochain pour rentrer dans son budget?  Sachant que son mari va perdre 100 francs aux courses, mais en gagner 125 à la loterie pendant qu’une malheureuse fuite de gaz domestique augmentera la facture de 23%, en tenant compte d’une basse réelle de son prix de 2,5% à partir du mois prochain.


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Nylon paparazzi (5)

L’histoire suivante comme la reporte le « Edmonton Journal » en 1946 est digne de la série noire. C’est une ville qui a la réputation d’être paisible, dans une région du  Canada prospère et fertile. Un chauffeur de camion américain avait fait une halte dans la cité pour se restaurer et souffler un peu. Alors qu’il rejoignait son camion stationné plus loin, dans une rue de la ville, il aperçut un homme avec une valise. Cette valise ressemblait comme une frangine à celle qu’il avait dans son camion. En inspectant celui-ci, il vit qu’elle avait disparue et il se lança à la poursuite de l’homme.
La valise contenait sept paires de bas nylons, des pellicules photographiques, une large ceinture en cuir qui servent à soutenir les reins  des motards. A l’époque, sans représenter une fortune, le contenu en valait quand même la peine. Ne retrouvant pas son homme, le chauffeur se rendit au poste de police pour signaler le vol. Pour finir la police retrouva la valise avec son contenu, dissimulée dans un tas d’ordures. Continuant son enquête, elle finit par mettre la main sur un homme qui s’était signalé dans un bistrot en essayant de vendre des bas nylons.  On organisa vite une confrontation pour que le chauffer puisse continuer sa route. Il reconnut son voleur qui fut arrêté en charge de détention d’objets volés. La chauffeur avait quand même perdu plus d’une journée. Il faut croire qu’il tenait à son bagage, sûrement de quoi emmener sa belle en moto avec des bas nylons neufs et éventuellement une petite séance de photographie dans un coin charmant.

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En 1946 toujours, cette fois dans le Kansas, la ville de Hays à un problème d’éducation. Ce n’est pas que les résidents soient plus bêtes qu’ailleurs, mais on manque d’enseignants. Le responsable des écoles cherche l’idée de génie pour amener des candidats dans les écoles. Il finit par proposer deux paires de bas nylons, oui deux, à chaque dame qui accepterait un poste. Il promet aussi une paire de bas pour le femme de chaque homme qui en ferait de même. Les petits cadeaux seront remis à l’arrivée des titulaires sur place, mais pas avant. Tout juste s’il ne demande pas de les essayer devant lui pour voir s’ils vont bien. Enfin, si j’en crois l’article du journal, le truc marcha bien et la rentrée fut pourvue d’enseignants en suffisance. Remarquez que maintenant, on risquerait de ramasser plutôt une baffe avec ce genre de promesse de cadeaux pour les postulantes. A la décharge de ce directeur, il faut bien signaler que les bas étaient plutôt en pénurie suite à la guerre.

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Justement dans ce contexte un journal de la même année, cette fois à Milwaukee, annonce une grande nouvelle. Un responsable du bureau civil de la production à Washington annonce que 30 millions de paires de bas sont sorties des usines et que la production doit encore augmenter. Il affirme que la pénurie est due à une très forte demande et aussi une certaine réticence de la part des fabricants. Cette dernière affirmation est un moyen comme un autre de cacher certains problèmes de gestion du commerce et aussi des mouvements syndicalistes qui tendent à s’affirmer.  C’est bien la première fois que l’on verrait les Ricains se faire prier pour faire du pognon là où on peut en faire.

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Au cours de la seconde guerre mondiale , dès fin 1941 pour les USA, une sorte de blackout est mis sur l’industrie textile,  entre autres.  L’effort de guerre nécessite des matières premières en grandes quantités. Le bas nylon ou de soie n’échappe pas à la règle. Comme au temps de la prohibition, le marché noir s’organise et est plutôt florissant. L’administration américaine soucieuse du confort de ses citoyennes a fixé en ces temps de disette le prix d’une paire de bas à 1,80$, à charge pour elles d’en trouver. Qui dit marché noir pense bien sûr prix prohibitifs, c’est absolument vrai. A Chicago en 1943, un couple s’est fait pincer pour avoir encaissé environ 30000$ de revenus en vendant des paires du bas via ce système. Le prix de vente était de 4$ la paire et ils ont reconnu en avoir vendu 1800 paires par semaine pendant un mois. Non seulement ces revenus ont failli échapper au fisc, mais le prix dicté n’était pas respecté. Tout rentra dans l’ordre, mais la loi américaine prévoyait un an de prison et 5000$ dollars d’amende pour chaque organisation de vente illicite. L’histoire ne dit pas si la justice a aussi cherché les acheteurs. Bah, il y avait sûrement quelques dames de la bonne société parmi les clientes.

Etes-vous un bon nylon paparazzi?

Dans quel film peut-on voir cette scène?

Quel-est ce clip vidéo?

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Nylon paparazzi (4)

N’allez pas croire que les hommes ne s’intéressent pas au confort de la femme. Ces sacrés bas, hantise de beaucoup de femmes aujourd’hui, pouvaient se transformer en cauchemar quand elles étaient réduites à ne porter que cela, c’est à dire jusque vers 1965. Un cauchemar? Pas tout à fait, certaines jeunes filles ne guettaient que ce moment là pour avoir l’impression de devenir une vraie demoiselle. Votre serviteur l’a quelquefois constaté. Ces jeunes filles-là avaient quand même un avantage certain, le bas extensible était inventé, il pouvait presque doubler de longueur sans se rompre. Pas trop de problèmes de fixation, on tirait dessus et voilà. Le problème était tout autre avant son apparition. Le  vrai bas nylon, version début et ses ancêtres étaient aussi peu extensibles qu’un fil de fer. Cela nécessitait de savant calculs entre la longueur du bas, celui de l’élastique, du support. Trop de mou, le bas plissait, trop tendu, la jarretelle décrochait fréquemment ou le bas se déchirait. Rassurez-vous, de grands savants se penchèrent sur le problème comme en témoigne un article du Saratosa Herald Tribune de mars 1940.

Quelques uns des cerveaux les plus inventifs du pays se penchent sur le problème, comment faire pour que les bas ne se décrochent pas? Chaque fois qu’une femme pique un pas de course et émet un zut, elle vient d’expérimenter les inconvénients d’un bas de soie de qualité, il est en roue libre. Ce qui précipite l’accident, dit Jack White, exécutant d’une maison de vente, c’est la longueur de la gaine.

Au fur et à mesure que les gaines s’allongent, explique-t-il, les jarretelles raccourcissent, laissant moins de jeu pour compenser la tension. Les tests montrent que quand un femme plie les genoux, les élastiques risquent  d’être tendus de 4 ou 5 pouces. Cela peut-être en partie évité quand les bas sont roulés et tenus par une jarretière. Mais les femmes préfèrent les jarretelles avec fermoir qui évitent un fréquent réajustement.

White à mis au point un bas avec du une bande de caoutchouc enveloppé de soie qui agit comme un absorbeur de choc (serait-ce déjà l’invention du bas jarretière – note de l’auteur).

Un observateur du gouvernement affirme que la femme standard porte 12 paires de bas de soie ou coton par année. White dit qu’une femme, exclusivement bas de soie, en use 36 paires par année. Il suggère que les femmes devraient prêter plus d’attention aux accros.

La partie la plus résistante, dit-il, est la lisière. Le reste, le voile, est la partie faible. Le bas  doit exclusivement être pincé dans la lisière, jamais dans le voile.

Cette magnifique et savoureuse démonstration est illustrée dans l’article.

La lisière enroulée présente moins de risque d’accroc, mais demande un continuel réajustement s’il n’est pas accompagné de maintenue

Jarretière à fermeture si elle est accompagnée de longs élastiques permet de doser la tension. Mais avec une gaine longue et des attaches courtes le tension augmente.

Lisière en bande caoutchouc enrobée de  soie qui s’étendent considérablement et absorbent les tensions qui causent les accrocs.

Voilà, alors que l’Europe était en guerre, les journalistes américains s’intéressaient de près aux petites misères féminines. Rappelons que deux ans après, on demandait à ces femmes de soutenir l’effort de guerre en donnant des bas, matériel nécessaire à la confection de divers articles destinés aux soldats.

Le Beaver Valley Times, en décembre 1952, revient sur un épisode de la guerre froide.

Glen Cove, N.Y. Les femmes soviétiques de la délégation temporaire de l’assemblée générale des Nations Unies ont profité de l’occasion. Elles ont envahi les boutiques à pris réduits, ce lundi. Les articles préférés sont le rouge à lèvres, les bas nylons, les stylos bille, le matériel de couture. Le produit le plus recherché est la préparation plastique qui sert à stopper les accrocs aux bas.

La délégation a prévu de retourner en Russie après l’ajournement de la conférence, le 23 décembre.

Le Toledo Blade, de Noël 1951, rapporte l’information suivante.

Un taureau de 125 livres en liberté, chassé par des chiens, est entré dans un magasin de lingerie en brisant la vitrine. Il a fait sa corrida dans les sous-vêtements et les bas nylons causant pour 250$ de dégâts. Il est ressorti de même, a longé la rivière Cocheco et a filé dans les bois où il a finalement été abattu.

C’est sans doute un cas unique dans l’histoire, un taureau fétichiste.

Etes-vous un bon nylon Paparazzi?

On peut voir cette scène dans un très célèbre film de l’après-guerre. Même si le film n’est pas annoncé comme policier, le titre ne laisse aucun doute.

La photographie ci-dessous pourrait me faire penser à célèbre personnage, un Américain. Voyez-vous pourquoi et qui?

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Le Boss 1963, déjà nylon

 C’était il y a tout juste 50 ans jour pour jour, mes premières vacances loin de papa et maman. J’allais enfin voir la mer, presque un privilège à l’époque quand on habitait la montage à des centaines de kilomètres. Le contexte de l’époque était assez souriant, mais on vivait sans doute plus modestement que maintenant. Le travail, on en trouvait facilement mais ce n’était pas pour autant la fortune assurée, les salaires étaient modestes. Par chance, ma famille était plutôt du coté des gens qui vivaient avec une certaine aisance. Mas parents travaillent les deux, mon père à la maison et ma mère dans un bureau. Ils avaient trouvé que m’envoyer en colonies de vacances était une bonne idée, le fameux changement d’air, remède souverain pour les gens qui n’étaient pas malades, gain assuré de faire augmenter son capital santé. Je dirais aussi plus ironiquement que l’air était certainement beaucoup moins pollué que maintenant. Des bagnoles, il y en avait, mais ce n’est en rien comparable au nombre qui circule aujourd’hui. Malgré tout, l’envoi du fiston en vacances par le moyen choisi représentait quand même un certain sacrifice financier. Pour autant que je me rappelle, le somme à payer représentait à peu près la moitié d’un mois de salaire à ma mère. Le séjour durait trois semaines, certes pendant ce laps de temps, ils n’avaient pas à me nourrir, ni à s’occuper de moi, des vacances pour eux aussi d’une certaine manière. Dans un exercice de mémoire, je vais vous narrer un peu ces vacances, rassurez-vous il y a un souvenir de nylon, l’un des plus anciens et précis qui sont encore ancrés dans mes souvenirs.

Le voyage durait une douzaine d’heures, en train bien évidemment. Le but était Cesenatico au bord de la mer Adriatique. Comme le train direct ne passait pas par là, nous avons débarqué à Cesena. Ne vous étonnez pas  de me voir citer des localités par-ci par-là, mais j’ai toujours eu une excellente mémoire pour les noms géographiques, pour autant que j’y ai mis les pieds au moins une fois. Cette ville est revenue dans mes souvenirs bien plus tard, c’est là qu’est né le fameux coureur cycliste Marco Pantani, roi de la montée en vélo sur les paradis artificiels. Evidemment, il n’était pas là pour me regarder passer, encore en train de se balancer dans les bijoux familiaux de papa. Le reste du voyage se faisait en car. Je découvrais l’Italie pour la première fois, ma moitié italienne semblait s’en accommoder très bien. Le voyage en train fut merveilleux, j’adorais ça. Un souvenir marquant pour moi, je crevais de soif, il n’y avait pas de wagon restaurant et nous avions très peu d’argent, on avait conseillé aux parents de nous donner 3000 lires, de quoi se payer quelques glaces, mais c’est tout.  Il y avait une chanson que je fredonnais presque obstinément, c’était aussi un tube en Italie, chanté par la même, mais en italien, c’est celle-ci:

Nous avons débarqué dans ce qui serait notre « caserne ». Un repas modeste nous attendait, une sorte de jus de chaussettes qui avait le prétention de ressembler à du thé avec du citron et quelques biscuits. J’ai trouvé cela infect. Heureusement par la suite, la cantine s’améliora bien, une délicieuse cuisine italienne mise en musique par une grosse mama qui devait bien faire dans les cent kilos à poil et dix de plus avec les habits. C’est assez bizarre, mais le cuisine italienne était encore relativement peu connue hors des frontières. Maintenant on peut manger une pizza sur la Lune, mais la première que j’ai mangée, c’est bien là-bas. Une chose que j’ai aussi découvert, c’est les aubergines. Ca j’ai adoré, j’ai bouffé les portions de toute la tablée, mes copains n’avaient pas l’air d’aimer ça. Par ailleurs, je me suis assez vite fait une réputation de goinfre. Ce n’était pas vraiment de ma faute, mais j’avais toujours faim et j’attendais l’heure des repas avec impatience.

Par la magie de Google, je suis parti à la recherche des ces lieux et à ma grande surprise, ils existent encore.

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La colonie, à peu près 200 garçons et filles logeaient là-dedans

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A l’époque ce n’était qu’une petite baraque, mais c’est là que j’ai mangé ma première pizza

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Dans la cour devant cette maison, un soir, nous avons eu droit à une séance de cinéma, un film avec des pirates

19 072713-4pgLa même sur une photo datant de 1957

19 072713-5pgA l’époque cela ressemblait plutôt à ceci. Cette photo aérienne date d’après 1958, date de la construction du gratte-ciel que l’on voit au fond

Les baignades faisaient partie de notre quotidien, mais pendant quelques jours nous n’avons pas pu faire trempette, la mer était agitée par de très grosses vagues. Il y avait une bonne raison à cela, on nous avait informés, la raison était tragique, mais nous on s’en foutait, égoïstement.  Sans doute un moment d’inquiétude pour nos parents, c’était presque en face. Il était question de ceci.

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Mais bon, je vous avais promis une histoire de nylon, la voici. Je l’ai déjà racontée à quelque part. Mais comme je sais que vous avez la mémoire courte, je vais vous la servir à nouveau, vous n’y verrez que du feu. Mais avant quelques souvenirs musicaux pour situer les événements pour les plus anciens. Si les dates ne sont pas ancrées précisément dans les mémoires, la musique aide. A la radio on entendait ceci…

Alors prêts pour cette promenade en nylon?

En 1963, pour les filles de mon âge, il n’était pas encore question de porter des bas nylons. Je n’en ai pas vu sur les jambes de mes petites camarades. Par contre chez les monitrices, c’était possible, j’en avais justement une de monitrice. Alors voici l’anecdote.

 Elle devait avoir dix-huit ans à tout casser, cheveux courts et  lunettes, elle était plutôt jolie. Un soir, alors que nous avions organisé un jeu de nuit, j’ai remarqué qu’elle avait mis des bas sous son pantalon. Mais oui, je m’intéressais déjà à la chose, si cela vous interloque. J’en fus un peu surpris, car il était très loin de tomber des flocons de neige en ce mois de juillet. Je me souviens très bien que j’ai failli lui en faire la remarque, ce qui n’aurait sans doute pas manqué de l’étonner, mais je n’en fis rien. Je me suis régalé autant que possible du spectacle de la bosse des jarretelles, bien visibles. Marie-Thérèse, si d’aventure c’est le nom de la personne qui lit ces lignes et qui était monitrice en colonies de vacances du côté de Cesenatico, il y a bien longtemps, il pourrait bien s’agir de la même personne. Alors, étonnée de voir quel souvenir j’ai gardé de toi? Si tu habites toujours dans le même coin qu’à l’époque, moi aussi, alors on pourrait prendre un verre ensemble, non?

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Ce n’était pas tout à fait mes débuts, car quand je n’étais pas en vacances au bord de la mer, le reste du temps, j’étais à l’école. Cette même année, que je situe par rapport à la classe dans laquelle j’étais, je jouissais parfois d’un joli spectacle. Quand c’était l’heure de la récréation, deux fois par matin, nous allions dans la cour autour  de l’école. Quand la cloche annonçant le fin de la récré, il fallait retourner en classe, ces dernières se trouvant au premier étage. Il y avait dans les classes supérieures une fille qui devait avoir 3 ou 4 ans de plus que moi, le genre belle plante qui ne pousse pas dans un pot. Bien sûr, j’avais remarqué que quelques fois, elle portait des bas. Aucun doute n’était permis, nous étions en 1963. Pour monter au premier, il y avait des escaliers qui faisaient demi-tour à mi-hauteur. Alors je m’arrangeais pour être en dessous avec le meilleur point de vue possible. Avec un peu de chance, j’apercevais une lisière de bas et une amorce de jarretelle, j’étais aux anges. Quel coquin ce Boss, si jeune et déjà passionné.

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De ces fameuses vacances, il me reste quelques souvenirs, ceux que j’ai bien voulu garder. Je serais bien incapable de citer le nom d’un copain d’alors. Il me reste celui de la monitrice et celui d’une fille qui me souhaitait toujours bonne nuit quand c’était l’heure d’aller coucher, nous passions dans le dortoir des filles pour aller dans le nôtre. Elle s’appelait Laure. Je garde un beau souvenir d’elle, un souvenir du plus beau romantique. Une nuit, alors que j’étais allé au petit coin, toujours en traversant le dortoir des filles, je la vis en train de dormir avec le clair de lune qui inondait son visage. C’est con parfois comme les choses vous restent, mais c’est une scène que je n’oublierai jamais. Je l’ai revue une fois, cinq mois après, à la messe de Noël. Le Boss à la messe? Eh oui, mais j’ai des excuses, j’étais jeune et encore plein d’illusions. Je vais être honnête, papa avait promis que nous irions dîner après dans un des meilleurs restaurants de la ville, ma piété ressemblait plutôt à des quenelles de brochet sauce nantua.

Je vais un peu philosopher sur la vie, ces souvenirs remontent à plus de 18 250 jours, un paille quoi. Si ma vie a été souriante dans les grandes lignes, je fais tout pour, je me demande bien que sont devenus tous ces visages que j’ai pour la plupart oubliés, des ombres qui ont croisé la mienne. Je peux toujours essayer de lancer un appel pour en retrouver quelques uns. Critères sélectifs: si vous étiez en vacances à Cesenatico en 1963, que vous avez environ 60 ans. Si tu t’appelles Laure, ou si votre femme s’appelle Laure ou Marie-Thérèse et qu’elle réponde aux critères précédents. Nous étions 200, il doit bien y en avoir un qui passera peut-être par ici, alors on échange nos souvenirs?

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