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L'apéritif en nylon


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Des dessous pour un siècle (1)

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Il m’a paru intéressant d’ouvrir une série d’articles sur l’histoire contemporaine des dessous. Entendons par contemporaine une époque qui va de la fin du XIX ème siècle à nos jours. Dans un blog dédié au bas nylon, il est bien évident que s’il peut en constituer l’épine dorsale, il n’est jamais seul. Il entraîne dans son cortège une série d’accessoires qui sont ses cousins, un festin sensuel qui ne peut se concevoir sans les entrées et les desserts. Le nom générique qui les désignent est dessous, tout en situant leur place dans la succession vestimentaire. Il m’a également paru intéressant de rechercher dans la presse quotidienne quelques articles ou publicités dans lesquels ils apparaissent, les replaçant dans le contexte d’une époque ou d’une autre (les reproductions de textes sont cliquables pour une meilleure lecture si nécessaire). Nous nous arrêterons surtout aux sous-vêtements que l’on porte pour sortir, ceux qui se dévoilent lors du déshabillage, ceux qui sont l’apanage de la femme.

Pendant des siècles, les dessous ont peu évolués. Ils remplissaient la fonction qui leur est attribuée, cacher pudiquement certaines parties du corps, tenir chaud, ou les deux à la fois. Chez le peuples qui ont acquis un certain degré de civilisation, un troisième phénomène se greffe, il assume une certaine coquetterie. Même s’il est invisible,  il assure un modelage du corps, le corset en est une évidente démonstration. Tout est dans l’air du temps, on veut se présenter sous tel ou tel critère, on en arrive à la mode. Sous la morale judéo-chrétienne, le pouvoir de suggestion devient très fort, on ne montre rien ou pas grand chose, mais on donne l’envie d’en savoir plus. Les dessous attisent cette envie de découverte, essentiellement pour le sexe dit fort. Ironiquement, on n’est pas loin de certains comportements que l’on retrouve chez certains animaux. La femelle se pare de mille atours pour séduire le mâle.

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A la fin du 19 ème siècle, les dessous n’ont pas encore conquis tout le monde, il sont adoptés par une certaine catégorie de personnes, le plus souvent à partir d’un milieu plus ou moins aisé. C’est presque normal, le révolution industrielle n’a pas encore procuré un certain train de vie à tout le monde. Alors les dessous qui en principe ne se voient pas, ne sont pas jugés comme indispensables, on pense d’abord à manger ou payer son loyer.

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Bien évidemment les dessous existent, mais se résument à ce que l’on connait encore de nos jours en version expurgée. Pour la femme, le choix est surtout mis en musique par le corset qui assume à peu près l’intégrale des besoins de la condition féminine, maintenir le ventre et la poitrine et éventuellement moduler le corps. Il commence après des siècles de domination d’être remis en cause, plus assimilé à la torture qu’une véritable nécessité.  Il existe même des cache-corsets, il fallait bien titiller encore un peu plus le regard des hommes.  Il y a bien sûr le bas qui couvre la jambe, c’est une obligation qui souffre peu d’exceptions, même aller prendre un bain à la mer jambes nues en soulevant le bas de sa robe frise l’indécence. Les robes sont tellement longues que le problème est résolu dans la plupart des cas. Depuis des siècles ce bas est tenu par une jarretière qui se résume parfois à une simple ruban que l’on serre autour du bas. La jarretelle existe, invention attribuée à Ferréol Dedieu en 1876, mais elle n’est de loin pas encore fixée systématiquement au corset. Ce n’est qu’à partir des années 30 que l’on peut considérer la jarretière comme anecdotique. La culotte et parfois une camisole figurent dans l’assortiment. On est très loin du string d’aujourd’hui quand on parle de culotte, pensez à l’expression culotte de grand mère, cela vous donne une juste idée de la chose. La liseuse est un sous-vêtement d’intérieur proche parent de la robe de chambre. Le jupon fait aussi partie des accessoires, c’est peut-être lui qui a le plus enflammé jadis l’esprit masculin. Le thème revient très souvent dans les vieilles chansons de folklore. Il a la saveur de la vision friponne permise accidentellement, mais pas tout à fait improbable. Montrer son jupon pouvait être considéré comme une invitation. Quand j’étais jeune, on disait encore couramment d’une dame dont on voyait un bout de jupon ou de combinaison dépasser de la jupe ou de la robe, qu’elle cherchait un mari ou un amant. Le soutien-gorge qui existe depuis l’antiquité, n’a pas encore sa forme définitive actuelle. Il s’agit souvent d’un bandage enroulé qui maintient les seins. On sait que des conceptions très proches de celles d’aujourd’hui existaient déjà au 14 ème siècle. Son apparition définitive en version moderne se situe juste après 1900.

Pour les hommes, c’est bien plus simple. Un caleçon à longues manches, une camisole ou un gilet de flanelle sont l’apanage de leurs dessous. Notons quand même les affriolants fixe-chaussettes qui connurent leur heure de gloire en concurrence avec la jarretelle féminine, mais c’est encore une création à venir.

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Vers 1900, la femme n’est pas tellement différente de celle d’aujourd’hui dans l’art de s’habiller, elle veut être belle, coquette, et surtout le montrer. La grande différence, ce sont les moyens dont elle dispose en relation avec ce que la décence permet. On parle beaucoup de femmes portant un foulard actuellement, mais en 1900 dans la rue, on ne voit que le visage de la femme dans les beaux quartiers. Il est évident qu’à cette époque, avoir un visage disgracieux ne permettait pas tellement de se mettre en valeur en usant d’artifices. Tout au plus elle pouvait afficher une belle silhouette et des vêtements de luxe si elle en avait les moyens. Ceci concerne en premier lieu une certaine classe de la bourgeoisie, le femme qui fréquente les lieux plus populaires est un rien plus décontractée, elle ne s’affiche pas forcément avec un chapeau et un manteau, ses cheveux sont libres, ses bras en partie visibles s’il fait chaud. Chacune a son territoire, on ne se mélange pas volontiers.

La femme de la Belle Epoque qui s’habille se soumet à un cérémonial plutôt compliqué. On peut s’imaginer ce qu’il serait advenu à la femme réveillée en pleine nuit par l’incendie de sa maison et qui veut la quitter en toute dignité. Elle enfile chemise, corset, cache-corset, bas, jarretière, jarretelles, une sorte de pantalon qui en se raccourcissant deviendra la culotte, un jupon de dessous, un de dessus, remplacés plus tard par la combinaison. C’est le version intégrale, elle peut être simplifié par certaines dames, mais ne croyez pas que c’est la règle la plus courante.

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C’est un des paradoxes de la mentalité féminine d’alors, elle se soumet volontiers à son rituel d’habillement, mais d’un autre côté elle réclame son émancipation, chose que le mâle rechigne plutôt à lui accorder. On a vu de beaux exemples à la cour des rois de France de femmes qui savaient être égales, même supérieures à l’homme. Ceci dans bien des domaines la littérature, les arts, il n’y a guère que la chose militaire qui leur échappe et encore. A travers les premiers mouvements féministes, le femme décide de prendre son destin en main et le revendique. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais cela se fera et malgré le mépris masculin, elle y parviendront plutôt bien. Les prémices de cette révolution une fois entamés, ce n’est pas tellement le droit de vote qu’elles réclameront le plus fort, mais la mise au rencart du corset.

Dans le prochain chapitre, nous verrons les pour et les contre de cette révolution, les arguments, tout en soulevant les robes pour voir visuellement ce qu’il y dessous.

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Cette article paru en 1901 est tirée d’un roman. Une doctoresse, chose encore peu courante, présente une thèse où il est question du corset. C’est aussi là où j’ai fait mes recherches que je trouve mentionné le mot jarretelle pour la première fois. Selon la plupart des historiens, elle a été inventé par Ferréol Dedieu en 1876, mais n’a de loin pas encore conquis toutes les fabricants et les dames qui continuent à porter la jarretière

A suivre


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A la recherche du nylon perdu et de son fétiche

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Les gens d’un certain âge, ceux qui ont vécu au minimum leur enfance dans les années 50 ou 60 sont parfois hantés par de drôles de souvenirs. Le bas nylon peut faire partie de ces souvenirs. Je suis même à peu près sûr qu’il en fait partie. Sans trop avoir l’air d’y toucher, je me souviens de commentaires à peine téléphonés de mes camarades d’enfance. Bien qu’ils aient eu un regard innocent, on sentait qu’ils avaient remarqué cette chose, si simple et banale pour l’époque, les filles, les dames portaient des bas. On dit souvent qu’il suffit d’interdire quelque chose pour que tout le monde soit intéressé et curieux d’y goûter. C’est assurément très vrai quand cette chose prend le goût d’une aventure un peu personnelle, quelque chose qui n’est pas faisable par tout le monde selon les circonstances.  Rouler en excès de vitesse est une chose très banale, tout le monde peut le faire, le goût de l’interdit a peu de saveur, excepté peut-être un très gros excès de vitesse. Par contre, regarder discrètement sous la jupe d’une fille en 1963. là c’était un interdit savoureux.

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Le fétichisme peut prendre bien des visages, c’est un goût avant tout personnel, l’aboutissement de la concrétisation d’un plaisir purement sensuel. Il y a encore 50 ans, certains psychologues qui roulaient encore en chars à boeufs quand d’autres allaient déjà sur la Lune en fusées, classifiaient les fétichistes comme des impuissants. Pour eux, il était exclu qu’on arrive à l’extase sans la présence de ce fétiche, ne serait-ce qu’en pensée. Si dans certains cas c’est sans doute vrai, pour moi le fétiche n’est qu’un détonateur qui donne l’envie d’aller plus loin quand on sait que c’est possible. Je précise bien quand c’est possible. Voir une femme porter des bas nylons ne me donne pas forcément l’envie de coucher avec elle. Je vais regarder cela en connaisseur et en éprouver un certain plaisir, je dirais artistique. Par contre, si j’ai rendez-vous avec une amoureuse et qu’elle porte des bas pour me faire plaisir ou pour le sien propre, la donne sera complètement changée. La mèche est allumée, en attendant que ça pète, il faudra un sacré coup de vent pour l’éteindre.

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Ma première relation sexuelle pour de vrai, j’avais 15 ans, ne fut absolument pas axée sur le bas nylon, elle n’en portait d’ailleurs pas. Même pendant toute la durée de cette entrée dans le monde des grands, je n’ai pas un seul instant pensé à un bas nylon. J’en garde un souvenir plaisant et diffus, surtout les aiguilles de sapin qui nous piquaient les fesses, mais ça c’est une autre histoire. Pendant plus de la quinzaine d’années qui suivirent, il ne fut jamais question de bas entre moi et mes copines, bien que dans un cas une en portait, mais nous ne sommes pas allés au-delà de quelques roulements de pelle. Je suis un fétichiste, je l’avoue sans aucune peine, mais pas de l’espèce décrite par ces psychologues de pacotille imprégnés de morale religieuse. Si j’en suis un, j’ai mis bien longtemps avant de considérer la chose sous un angle « scientifique ».

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Je suis persuadé qu’on ne devient pas un fétichiste du bas nylon aujourd’hui comme en 1960. A cette époque, le bas habillait toutes les jambes. On savait qu’il y avait une partie visible accessible à tous et une autre invisible, réservée à l’intimité ou au coup de hasard qui nous en révélait la vision. C’est là l’interdit dont je parlais plus haut. Voir une lisière, une jarretelle, avait ce goût et on pouvait avoir l’impression d’avoir transgressé cet interdit, même si le spectacle nous était révélé par un banal incident. Il y avait une frontière mentale qui nous donnait ce goût pour le fétichisme.

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Une femme qui porte des bas aujourd’hui est un choix personnel, pas une obligation, du moins j’ose l’espérer. De cette chose normale il y a 50 ans, il ne reste pas grand chose sinon des beaux souvenirs dans la mémoire de certains. Le bas, lui, est resté en continuant son voyage à travers les regrets plus ou moins avoués de ceux qui l’ont apprécié au moment de sa présence presque banale. De ce fait, la donne a complètement changé, la relation entre l’homme et la femme qui porte des bas se joue dans un registre complètement différent.

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Entre ancien et nouveau fétichiste, la frontière se situe au niveau de l’âge. Les hommes nés avant 1960, avec une proportion de plus en plus forte quand on remonte dans le temps, font partie de l’ancienne école. Il n’y a pas savant calcul là-dedans, il suit le déclin du bas nylon en rapport avec l’âge que pouvait avoir un enfant qui commence à comprendre certaines choses. Après cette date, le bonhomme aura de fortes chances de découvrir et de s’adonner à un fétichisme du bas nylon par une découverte autre que celle de quelqu’un de son entourage qui porte des bas. Le cinéma, les revues de plus en plus nombreuses au fil du temps, les clips vidéos sont autant d’hameçons sur lesquels il a pu mordre. Evidemment, il ne va pas forcément devenir un de ces fétichistes là, mais il faut bien admettre que le bas nylon fait partie des très fortes demandes masculines, peu importe les raisons. Quoiqu’il en soit, l’approche va être différente. Les anciens seront plus portés vers une certaine tradition qui reproduira les souvenirs anciens avec une silhouette de la femme qui correspond. Il verra plus facilement la femme du début des années 60 ou avant comme modèle. Il préférera les bas à coutures, les talons, à tout le reste. Les plus jeunes ont moins de repères, on pourrait dire qu’ils se sont formés sur le tas, prenant le bas comme il vient. Ils n’ont pas suivi toute l’évolution, l’âge d’or, la presque disparition, le retour d’abord timide, puis un certain renouveau. Pour lui, un porte-jarretelles et des bas de grande surface suffisent dans la plupart des cas à alimenter son fétichisme. Les vétérans du bas nylon comprendront mieux ce que je veux dire.

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Pour les femmes c’est un peu différent en admettant qu’elles ne portent pas des bas par fétichisme. L’essentiel du parcours est le même à la différence qu’elles sont les actrices. Une dame de 60 ans qui porte des bas ne le fait pas de la même manière qu’une de 20 ans. Pour la première, cela peut sembler une continuation ou une répétition. Elle a dans un coin de sa mémoire les gestes, les petites astuces, qui font que la main est sûre quand elle enfile ses bas. Pour la seconde, c’est une découverte et un apprentissage. Des questions évidentes pour les unes, comme la culotte en dessus ou dessous du porte-jarretelles, ne le sont pas pour les autres.

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Le fétichisme est une chose qui se promène dans l’air du temps, il fait appel au présent ou au passé. Il attend l’avenir pour faire sa mutation- Peut-être dans 100 ans, le fétichisme du bas nylon aura complètement ou presque disparu. Qui sait par quoi il sera remplacé? Un accessoire porté par les extraterrestres venues nous rendre visite dans leur soucoupe volante?

Il bien évident que cet article reflète ma vision du fétichisme, elle ne saurait être celle de tout le monde. Toutefois, c’est un tendance qui est ressortie sur les nombreuses discussion que j’ai eues sur le sujet

 


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Quand les bas perdirent la guerre

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Je pense qu’il est difficile pour une personne de moins de 50 ans de se faire une idée exacte de la transition entre le bas et le collant. La plupart n’ignorent pas que le collant n’a pas toujours existé, du moins en tant que sous-vêtement courant dans la garde robe des dames et demoiselles. Pendant des siècles le bas régna en maître quasiment sans partage, tant sur les jambes masculines que féminines. Il disparut des jambes masculines avec la disparition de la noblesse, celle de la cour des rois. Aussi loin que remontent nos connaissances de l’histoire ancienne, la chaussette ou quelque chose qui lui ressemble,  semble avoir été présente dans bien des civilisations. Le terme de chaussette, chaussure, est un dérivé de l’évolution du langage francophone parti de chausses qui concernait l’habillement du pied et de la jambe  Elle avait une fonction uniquement protectrice, principalement contre le froid. Selon les cultures, elle peut prendre des aspects divers. Par exemple, certains paysans des Andes avaient l’habitude d’enfiler des boyaux d’animaux en guise de chaussettes. Ce n’est sans doute pas le dernier cri de l’élégance, mais cela avait l’avantage d’utiliser à fond les ressources fournies par la nature, alliant efficacité et solidité, et permettre de substantielles économies, ces paysans n’étaient de loin pas tous millionnaires. Le bas est devenu une chasse gardée féminine au fil du temps.

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Le collant est une invention beaucoup plus récente historiquement. Il n’est pas une création spontanée, mais la succession d’une évolution sur un bon siècle. Il est un dérivé du caleçon masculin tel qu’il est porté depuis le cours du XIXème siècle. Il abandonne toutes les fantaisies qui ornaient aussi le bas masculin, dentelles, décorations, il devient sobre et de teinte unie. Il est destiné avant tout aux sportifs, permettant une certaine aisance de mouvement alliée à une tenue décente. Plus tard, il sera accaparé par les danseurs pour les mêmes raisons. A partir des année 40, on peut voir des femmes l’arborer sur des affiches de cinéma. Sa matière pendant longtemps reste la soie, le coton, la laine, rarement le nylon après son invention. La raison en est simple, le nylon se prête assez mal à sa confection, rappelons qu’il n’est pas extensible et c’est une matière encore assez rare juste après la guerre, la confection d’un collant demande beaucoup plus de matière première. Ce n’est qu’avec l’invention du nylon extensible dans les années 50 que l’on peut envisager la fabrication du collant. Il lui faudra encore une grosse dizaine d’années avant de conquérir les foules, lui-même aidé par une révolution vestimentaire, la minijupe.

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Son invention n’en est pas vraiment une, c’est plutôt une remise au goût du jour de vêtements plus anciens. N’allez pas croire que la minijupe apparut à la cour des rois de France. Pensons à Astérix et rappelons-nous comment étaient habillés les Romains qui se font casser la gueule. Cela ressemble assez fortement à une minijupe, dépourvue du côté sexy que l’on peut y trouver aujourd’hui, quoiqu’il ne faut pas présumer de ce que pouvaient penser les gens de l’époque. Les Grecs portaient aussi des vêtements assez semblables, on peut considérer cela comme une mode du côté de la Méditérranée. Remarquons aussi qu’une fois de plus, c’est aussi un truc plutôt masculin. Plus près de nous, Joséphine Baker qui n’observait pas de régime, mais se le mettait autour de la taille sous forme de bananes, créa aussi une sorte de minijupe. Les joueuses de tennis arborent aussi des jupes courtes. L’apparition de la minijupe version moderne date de 1962, c’est la styliste Mary Quant qui ne l’invente pas, mais la met au goût du jour. Nul doute que quelques unes de ces demoiselles sont tentées de l’essayer. En été quand il fait chaud, pas de problèmes. La demoiselle, une fois l’hiver venu, se trouva fort dépourvue. On voyait la lisière de ses bas et même ses jarretelles. Voilà la raison qui fit que  le collant commença à les intéresser, un intérêt qui ne laissa pas les fabricants indifférents. Timide jusqu’en 1965, cette année sera vraiment la charnière de l’envol du collant vers sa consécration définitive.

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Puisque que j’ai vécu cette époque à un âge assez avancé pour m’en rendre vraiment compte, je vais me faire historien pour vous en citer quelques souvenirs qui témoignent de cette transition, de cette guerre qui porta un coup presque fatal à notre bas bien aimé.

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Nous sommes donc en 1965, le Boss fréquente l’école de son petit village. Ce petit coquin s’intéresse déjà à ce qui se passe sous les jupes des filles, à vrai dire, cela fait déjà quelques années qu’il en connaît les grandes lignes, qu’il se paye des jetons comme on dit. Gare à la fille qui par malheur laisse entrevoir une lisière de bas et un bout de jarretelle, il note et photographie chaque scène dans sa mémoire avec la précision d’un Nikon. Plus tard, beaucoup plus tard, il ne le sait pas encore, il créera un blog dans lequel il racontera pas mal de ses observations pour, il espère, la plus grande joie de ses visiteurs.

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Première pub pour un collant, tout à la fin 1964.

En cette fameuse année, je ne me doute de rien, je suis la mode surtout musicale. Mon premier électrophone me permet d’écouter et d’acheter mes premiers disques. Je me prends de passion pour un groupe qui va devenir légendaire, les Yardbirds. Dans ma classe, il y a bien sûr des filles. Elles portent toutes des bas, du moins celles qui sont en âge de le faire. Le collant n’a pas encore franchi les frontières du village. Une sorte de permis de porter des bas leur est accordé vers l’âge de 12 ans. Le phénomène est conjugué parfois avec le nombre de soeurs. Quand elles se suivent de près, l’aînée devra attendre que la cadette soit en âge de le faire, pensez-donc les crises de jalousie. Il est vrai que porter des bas est alors un acte de promotion sociale incontournable. On est pas encore une dame, mais alors plus du tout une petite fille. On pourrait penser la même chose de maintenant, mais je crois que la différence est grande. Les filles portent toutes plus ou moins des collants en étant petites, en laine, en coton. Quand elles mettent de véritables collants, seule la matière change et encore. A l’époque c’était complètement différent, on passait de la chaussette montante ou de ce que l’on appelait bas-culotte (un collant élémentaire souvent tricoté par maman), au cérémonial de l’enfilage du bas. Enfiler un porte-jarretelles, un gaine, attacher les bas, éventuellement vérifier si la couture est droite avec un bas couture pas si rare que cela, j’ai vu de mes jeunes copines en porter. Quel différence entre le fait d’enfiler un simple collant. C’est aussi une des raisons qui feront que par la suite, les femmes trouveront le collant pratique. Mais avant 1965, porter des bas est visible, tout un chacun peut s’en rendre compte et imaginer la profonde fierté arborée par ces demoiselles, le prince charmant est déjà en train de seller son cheval.

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Dans ma classe, il y a potentiellement une dizaine de filles qui peuvent porter des bas, mais elles ne le font pas toutes en même temps. Le plus souvent, c’est des pantalons et pendant l’été les bas disparaissent pratiquement, rangés dans les tiroirs. J’ai déjà passablement rencontré ailleurs sur mon blog, les observations qui me sont restées en mémoire, c’est à dire pratiquement toutes. Il y en avait au moins cinq qui portaient régulièrement des bas, c’est dire si elles m’intéressaient particulièrement, ce sont elles dont je peux encore citer les prénoms et ma foi au cours de ma vie, je les ai toutes revues à différentes occasions, une est malheureusement décédée d’un cancer. Pour autant que je le sache, elles portent plutôt des gaines, excepté une, ma voisine dont j’ai vu le porte-jarretelles sur un séchoir. 

Il me faut bien sûr élargir mon champ d’observation, car si je restais concentré sur mon village je n’aurais que peu de choses à raconter, il ne faisait de loin pas l’inspiration des grands couturiers. J’ai quitté cette école en 1966, pour aller dans une classe supérieure et un collège où il y avait plusieurs centaines d’élèves. La  minijupe n’a fait que quelques timides apparitions dans les lieux que j’ai fréquentés, on peut presque les compter sur les doigts de la main. Les parents avaient encore bien des réticences à laisser leur fille porter ce genre de chose. Ce n’est qu’à partir de 1967, que les apparitions furent plus nombreuses, tant dans la rue que les écoles. Toutefois cela restait encore bien sage au niveau de la longueur, disons que c’était plutôt raccourci, on était pas à Paris. 

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Si je reprends une vue générale, tous âges confondus, du changement bas pour collant, je peux souligner avec certitude les faits suivants…

Le collant fut d’abord adopté par celles qui se mirent à porter des minijupes, c’est à dire les adolescentes, à partir de 1965.

Les dames d’un âge plus avancé  firent la transition beaucoup plus lentement, d’abord on peut dire avec une certaine réticence, tout en gardant une bonne longueur de jupe.

Les dames d’un âge certain, au-delà de 60 ans, ne le firent pratiquement pas et continuèrent à porter des bas.

Les demoiselles  d’alors qui sont les dames d’aujourd’hui et qui ont à peu près mon âge, qui tronquèrent bas pour collants entre 1965 -1970, 71, peuvent se représenter sur une courbe de Gauss ou courbe en cloche.

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Après cette précision toute scientifique, encore un point, la dernière fois que j’ai aperçu une jeune demoiselle qui portait des bas, c’était en 1971. Je pense que c’est un fait assez rare à l’époque, bien que je n’avais pas des yeux qui pouvaient voir à travers les tissus. Je le regrette encore aujourd’hui!

Bien sûr, le bas n’a jamais complètement perdu la guerre, mais il a perdu une sacrée bataille. Heureusement depuis quelques années son renouveau est certain. 

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C’est bas triste



Pour commencer une petite histoire absolument véridique, mais dont je ne suis pas la vedette.

Un salle de tribunal de simple police avec un monsieur d’un certain âge appelé à comparaitre comme en dit en langage juridique.
Résumé des faits: l’accusé est accusé, c’est le cas de le dire, d’importuner une jeune demoiselle qui habite dans le même immeuble. Le monsieur un peu gêné se fait admonester pas le président, comme quoi ce n’est pas très élégant de sa part de s’intéresser d’un peu trop près à cette demoiselle qui n’a que faire de ses avances. Bon l’accusé, après une promesse de la laisser tranquille, s’en tire avec le minimum de la peine prévue au code pénal, l’affaire est classée et la plainte retirée devant ses engagements. Pour conclure le président demande à l’accusé s’il a quelque chose à ajouter. Oui, mais à voix basse…
– Et pourtant je suis sûr qu’elle porte des bas!

Seconde histoire qui celle-là me concerne directement et pour cause.

J’avais la réputation d’être un solide célibataire et personne ne me connaissait de petite amie. En réalité j’ai toujours été très discret et je n’ai jamais mélangé ma vie sentimentale avec mes amitiés. De temps en temps, je filais retrouver une copine où je l’amenais chez moi surtout le weekend. Un soir, un peu parti en fête, j’ai amené un bande de copains-copines pour boire le traditionnel dernier verre à la maison. On était une petite dizaine de personnes dans mon salon,chacun en discussions selon les affinités. Tout d’un coup, j’entends un rire et voilà qu’un des invités extrait d’un sac exposé bien visible, tout un attirail de lingerie sexy, porte-jarretelles, bas, guêpières et le montre sans discrétion. On m’a vite demandé si de temps en temps je ne jouais pas au travelo dans mes soirées solitaires. Euh… j’avais un peu l’air con et les gens sont si méchants que ma réputation était pour ainsi dire faite.
En réalité, ma copine de l’époque avait tout simplement oublié une partie son assortiment de lingerie posé sur un coin de la bibliothèque, en rentrant chez elle le dimanche soir. Sur le moment, j’étais furax. Mais pour ne pas être en reste, j’ai invité tout le monde au bistrot un autre soir et pour une fois je leur ai présenté mon amie, à charge pour elle de sauver mon « honneur ». Ce qu’elle a fait sans se faire prier. Elle n’avait d’ailleurs pas à tenir secret son goût pour la lingerie. Une dizaine de témoins en avait vu une partie…

Troisième histoire, où je fus juste un témoin

Quand il m’arrivait de monter à Paris, j’avais pris l’habitude d’aller rendre visite à un petite boutique de lingerie vers le boulevard Clichy. Cela me permettait de faire quelques achats pour la copine du moment,  j’y allais pour affaires et elle n’était que rarement présente.   La boutique offrait des articles de qualité que j’aurais eu de la peine à trouver où j’habitais. Cette boutique était tenue par un charmant couple et nous étions, au fil des visites, devenus presque des amis.  A vrai dire la clientèle était peu nombreuse et cela nous permettait de parler de la pluie et du beau temps et aussi pas mal de lingerie, car le proprio en était absolument dingue. Sa femme n’était pas en reste et argumentait de point de vue féminin. Voici un couple bcbg, visiblement pressé, qui entre.  La femme demande à voir des bas à couture, comme ceux qu’elle portait, précise-t-elle en s’adressant à la patronne,  en faisant demi-tour pour les lui montrer.  La patronne hésite et sort de derrière son comptoir pour faire le tour de la dame, un peu intriguée. J’avais compris le pourquoi de la chose, car bien sûr je n’avais pas regardé le plafond pendants ce temps-là. Les bas sans doute tenus par un porte-jarretelles inadéquat, avaient la couture qui était plutôt sur le côté de la jambe que bien aligné derrière.  La patronne lui offrit d’aller dans la cabine d’essayage afin de remettre les choses en place. Ce qu’elle fit sans se prier et repartit fièrement, les coutures bien droites, avec une nouvelle paire de bas à couture dans son sac.

Parfois les photos m’inspirent. En regarder une et voir ce que l’on pourrait en tirer d’amusant avec la complicité involontaire du photographe.



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Le petit chaperon voit rouge

Il était une fois une jeune fille très jolie qui était habillée tout en rouge, on l’appelait le Chaperon Rouge.

Un jour sa mère lui dit d’aller porter des bas à sa grand-mère qui habitait dans la forêt, car elle avait  avait filé sa dernière paire et il faisait très froid.

– Prends garde au loup, c’est un coquin, il rôde dans la forêt.

Elle alla dans sa chambre, enfila ses bas rouges, qu’elle fixa à  un porte-jarretelles de la même couleur et enfila une  petite culotte assortie.

Elle quitta sa maison, son petit panier à la main, contenant six paires de bas et se dirigea en chantonnant vers la maison de mère-grand.

Maître Loup errait dans les bois, il n’avait pas tellement faim, mais le printemps qui ne tarderait pas à venir le mettait dans de bonnes dispositions sentimentales. Alors, qu’il s’était arrêté pour rêvasser, il entendit un chant mélodieux  qui s’approchait de lui. Ecartant les buissons, il vit le Chaperon Rouge qui trottinait sur le sentier à travers bois.

– Diable, se dit-il, que voila une bien jolie fille, je ferais bien un brin de causette avec elle.

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Sortant de sa cache, il l’aborda:

– Ou vas-tu donc comme ça jeune fille?

– Je vais chez mère-grand lui apporter des bas, car elle n’en as plus une paire entière, mais dis-moi, on raconte que tu voles le petites culottes qui sèchent au vent.

– C’est une bien triste réputation que l’on me fait là, je n’ai pourtant volé que des poules et des lapins, il faut bien manger. Ta mère-grand porte des bas, ce n’est plus très à la mode, les femmes portent des collants maintenant?

– Oh ce sont des idiotes, les bas sont plus sexy.

– Laisserais-tu entendre que toi aussi tu portes des bas?

– Oui j’en porte tous les jours, cela plait aux hommes. D’ailleurs il ne fait pas chaud aujourd’hui.

– Ah j’aimerais bien voir!

– Ce n’est pas pour les vieux loups comme toi, tu ne verras rien, je file chez ma grand-mère, salut!

Le loup qui connaissait bien les bois savait où se trouvait la maison de grand-mère. Il fila à toute vitesse dans sa direction en prenant un raccourci. Arrivé , il frappa à la porte.

– Qui est là, questionna une voix chevrotante?

Le loup adoucissant sa voix répondit:

– C’est le petit Chaperon Rouge qui t’apporte des bas!

– Entre, j’avais tellement froid aux jambes que je me suis mise au lit en t’attendant. Tire la chevillette et la bobinette cherra!

Le loup entra, se précipita sur la bonne femme, l’assomma, enfila ses vêtements, puis la fourra dans un placard. Il se glissa dans le lit et attendit.

Un peu après, on frappa à la porte.

– Qui est là demanda le loup?

– C’est le petit Chaperon Rouge qui t’apporte des bas!

– Entre et viens t’assoir près de moi.

Le loup se cacha sous les draps, tandis qu’elle entrait. Il souleva discrètement les draps pour jouir du spectacle. La Chaperon Rouge releva sa jupe, réajusta lentement  ses bas,  retendit les élastiques de son porte-jarretelles. Le loup n’en perdait pas une miette. Elle  se dirigea vers le lit et souleva les draps.

– Mère-grand comme vous avez une jolie nuisette!

– C’est pour mieux plaire aux hommes mon enfant.

– Mère-grand, comme vous avez une belle culotte!

– C’est pour être plus sexy mon enfant.

– Mère-grand, comme vous avez de jolies jarretelles!

– C’est pour mieux tenir mes bas mon enfant.

A ce moment le loup se précipita sur elle et voulut l’embrasser.

Mais le Chaperon Rouge qui avait pratiqué les arts martiaux, lui fit une prise qui l’envoya s’asseoir dans la cheminée ou brûlait un bon feu. Ses poils s’enflammèrent et il se précipita dehors pour se jeter dans le puits.  Ne sachant pas nager, il se noya et on entendit plus parler de lui.

Moralité: avoir le feu au cul deux fois de suite, c’est une fois de trop!

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Soupçons de bas, la sociologie du regard

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Il y a mille manières de regarder une dame assise à quelque part ou passant dans la rue. Dans certains pays c’est presque un sport national. On peut faire partie du plus grand nombre, ceux qui regardent tout ou n’importe quoi selon son gré. J’en ai même vu qui attribuaient des notes, heureusement pour eux qu’elles ne rendaient pas la pareille, car certains auraient bien vite fermé leur caquet!
Enumérer toutes les directions que peuvent prendre un regard, ce sur quoi il s’arrêtent plus particulièrement, est une affaire d’observation.  Un jeu qu’il m’arrive de pratiquer et riche d’enseignements est de regarder le regardeurs, attraper leurs expressions au vol. Je vous ai déjà parlé de Charlot, un rusé coquin qui filme les dessous de ces dames quand elles portent des jupes ou des robes, un upskirteur pour parler branché. J’ai encore récemment pu l’observer en action et les méthodes qu’il emploie pour parvenir à ses fins. Je pourrais presque donner des cours! Je ne sais pas quel est son Graal, mais il  cherche à l’atteindre régulièrement et dépense une belle énergie pour le faire. Si je n’étais pas devenu adepte de ces observations de traverse, je n’aurais certainement jamais découvert sa petite manie. On peut aussi constater avec aberration  ce que les gens sont peu observateurs. Son manège, bien que discret est quand même assez visible. Je le piste sur la Toile, pour voir s’il ne diffuse pas ses vidéos à quelque part. A ce jour je n’ai rien trouvé, mais je lui réserve une petite surprise si un jour je trouve quelque chose, je l’ai filmé en action. Alors je mettrai à la même place ma vidéo en floutant son visage, mais il se reconnaîtra certainement. Cela le fera peut-être réfléchir et moi bien rire.

Bien que je déplore cette manière de forcer le destin, c’est le meilleur moyen pour qu’un jour toutes les femmes portent des pantalons, il n’en reste pas moins que je ne manque jamais de me rincer l’oeil avec ce que ces dames veulent bien nous montrer volontairement ou accidentellement, il y a bien assez d’occasions rien qu’avec cela. Par ailleurs, la Toile nous en offre des quantités astronomiques.

Part contre, on peut aussi rester bredouille, comme cette histoire personnelle qui m’est arrivée à Bruxelles avec ma copine d’alors. Nous étions de sortie et nous nous sommes arrêtés dans un bar pour boire un verre. Nous nous sommes assis sur un de ces tabourets de bar haut sur pattes. Elle avait les jambes tournés vers l’extérieur en direction de quelques tables dont une était occupé par un monsieur seul. Je crois qu’il ne pouvait pas ignorer que ma copine portait des bas, c’était je pense, un tantinet visible. Eh bien le monsieur ne s’est jamais intéressé à la chose, le regard vissé sur le sol, il n’a pas relevé la tête tout le temps que nous étions là. 

Pour ma part, depuis que le bas a quelque peu disparu de la circulation à la fin des années 60, le jeu qui commande mon regard consiste surtout à savoir si une femme porte des bas à la place des traditionnels collants. Eh oui il y en a encore, je les remercie en passant, le tout est de les croiser au bon moment. C’est comme le jeu du démineur à l’envers, il y a beaucoup de  cases qui sont minées, il faut trouver celles qui ne le sont pas. Tu vois passer une femme en jupe, allez hop un collant, tu exploses! Mais quel bonheur quand ces petits indices nous font savoir qu’elle porte des bas. Ces petits indices justement, plus ou moins visibles qui nous le font savoir, en voici quelques uns pour débutants. Soupçons de bas, l’enquête se poursuit.

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