Nylon Bar

L'apéritif en nylon


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Des dessous pour un siècle (7)

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Les souvenirs de la tragédie de la première guerre mondiale s’éloignent. La seconde moitié des années 2o marque une période d’insouciance nuancée. Le progrès va de plus en plus vite. Il n’y a pas si longtemps les voitures se traînaient à la vitesse de l’escargot, maintenant elles commencent à ressembler à des petits bolides. L’aviation, principalement du fait de la guerre, a fait de gros progrès, on n’est pas loin de traverser l’Atlantique, cela se fera en 1927 par Lindberg. L’industrialisation n’est pas en reste, on tente de fabriquer tout et n’importe quoi dans les usines, par exemple des voitures. La soupe en sachet fait déjà partie du décor, l’appareil de téléphone n’est plus seulement utilisé par une élite, il entre dans beaucoup de foyers, on se parle entre continents. Le cinéma permet de distraire ou de voyager, on voit s’agiter les habitants de terres lointaines sur l’écran comme si on les avait en face de soi.  Il ne lui manque que le son, il vient en 1927 avec le premier film du genre « The Jazz Singer » avec pour héros un acteur blanc grimé en noir, Al Jolson. L’avènement du parlant finira de le propulser au firmament des plaisirs que tout le monde peut s’accorder. Il se fera aussi un moyen de réflexion pouvant servir de tremplin pour exprimer ses idées. Justement, cette vie qui semble tourner trop vite pour certains va susciter une réaction que fera le tour du monde via le film de Chaplin « Les Temps Modernes ». C’est son premier film politique, sorti en 1936, juste le temps nécessaire pour prendre le recul nécessaire à leur analyse.

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Et la mode dans tout cela? Eh bien elle continue son bonhomme de chemin. Evidemment il n’y a pas tous le jours un nouveau courant qui se crée. Quelques fantaisies viennent bousculer l’ordre établi, comme la ceinture de bananes de Joséphine Baker qui fait se déplacer les foules à Paris. C’est une version exotique de la mode qui se cantonnera à la scène, on ne verra pas les bourgeoises se promener dans la rue en l’arborant comme l’ultime gadget pour se faire remarquer. Depuis la venue des garçonnes, la lingerie et le corps se montrent avec certain manque de pudeur relatif à ce que ces temps peuvent encore contenir de conservateurs. Ce qui est positif dans le succès de Baker, c’est l’avènement de la femme noire, star en France et presque déchet dans certaines régions de son pays d’origine, les USA. Mais ne nous trompons pas, son jeu de déhanchements suggestifs passent d’autant mieux chez une artiste noire, car on l’assimile volontiers à un comportement tribal, pratique théoriquement en cours dans une certaine sous-civilisation. Elle prouva par la suite que l’action sociale n’était pas seulement le fait des Blancs en s’engageant activement dans la résistance, en luttant contre le racisme, et en faisant vivre une communauté d’orphelins qu’elle a adoptés. La marque de lingerie Princesse Tam Tam est inspiré d’un film dans lequel elle a tourné. 

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Une chronique de presse de 1926 révèle l’influence qu’a pu avoir Joséphine Baker sur la mode, du moins sur le teint de la peau. La blancheur, alors de rigueur, cède le pas au bronzage. Depuis les choses n’ont pas tellement changé.

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La musique contribue indirectement à la mode vestimentaire. La chanson traditionnelle a encore sa place, bien franchouillarde, sortant du 78 tours qui tourne sur la gramophone qui trône au salon. Toutefois les échanges entre continents apportent un vent nouveau, le jazz. Dans un premier temps, cette musique s’adresse plutôt à des amateurs branchés dont la bourgeoise n’est pas exclue. Si on l’écoute encore d’une oreille distraite, par contre les pistes de danse se trémoussent sur les pas de charleston. Difficile de se mouvoir avec aisance sur cette danse plutôt remuante quand on est harnaché dans un corset. La bourgeoise qui a découvert et en partie adopté le prêt-à-porter, peut se lancer sur la piste et danser toute la nuit. On peut jouer jeu à peu près égal entre les classes sociales le temps d’un port de vêtement. Certains petits détails remettent les choses en place. La bourgeoise couvrira ses jambes avec des bas de soie, les autres se contenteront de bas en rayonne, moins élégant et plus fragile, mais aussi nettement moins cher. Ils se distinguent par l’aspect, mat pour la soie, brillant pour la rayonne. On triche un peu, on poudre ceux en rayonne pour en diminuer la brillance. Dans les endroits peu éclairés comme un pont de danse, cela peut faire illusion.

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Même les grands couturiers tiennent compte de cette tendance à la simplicité, Coco Chanel, qui brille déjà sur son empire y va de sa robe noire toute simple, en 1926. Par définition les dessous suivent le mouvement. Depuis des siècles d’histoire dans la bonne société, on n’a jamais été aussi peu légèrement vêtu en matière de lingerie, on assure le minimum. C’est encore une chose à mettre au crédit de la libération de la femme, le sous-vêtement devient fonctionnel.  C’est aussi dans les années 20, que les dessous inspirent ce qui se porte dessous après quelques timides tentatives antérieures. Le chemise de nuit devient peu à peu une robe qui se veut légère. Il s’en faudra encore de beaucoup pour se trouver dans la situation actuelle où certaines femmes abandonnent toute forme de coquetterie en matière de lingerie, mais l’idée est là.

De son côté, René Lacoste se présente au tennis avec un polo de coton sur lequel il arbore son fameux crocodile. L’homme qui porte encore volontiers des combinaisons d’une pièce, qui font camisole et slip en même temps, l’abandonne peu à peu. La mise au point du latex permet un petit miracle, des ceintures élastiques remplacent tout ce qui pouvait aider à la tenue des sous-vêtements. Les Américains popularisent le short comme pièce vestimentaire portée dessous. Pour faire bonne mesure, la camisole et le tee shirt complètent la panoplie.25 031415 4

Les plaisirs de la vie, l’amusement, auraient pu continuer leur ronde incessante. Un grand coup de frein à l’économie en plein essor survient en 1929. Le 24 octobre, commence le krach de Wall Street. La raison principale en est la spéculation, à l’instar d’aujourd’hui on croit déjà que l’on peut gagner toujours plus d’argent sur du vent. On a raconté beaucoup de choses sur cet événement. Pour une fois, je possède un témoin direct, mon père. En effet, il est parti cette année-là faire la conquête de ce qui apparaissait alors comme l’Eldorado. Il a embarqué au Havre sur le paquebot Rochambeau, on va encore en Amérique en bateau ou à la nage. Le jour du krach, il est à 2 jours d’accoster à New York. Comme il me l’a affirmé, et contrairement à ce que l’on a souvent dit, il n’y avait pas des émeutes dans les rues et des gens qui se jetaient par les fenêtres. Tout au plus quelques gros attroupements, le plus souvent dans dans un calme parfait. Ce qui me fait le plus sourire dans cette histoire, c’est que je suis probablement venu au monde à cause de ce krach. Retourné au pays, il se remariera bien plus tard et aura un fils, votre serviteur. Je n’ose imaginer ce qu’il aurait pu advenir de moi s’il avait fortune là-bas en industrialisant son plat favori, la piccata milanaise!

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Une crise mondiale suivra et sera un des moteurs du déclenchement de la seconde mondiale. Mais comme nous le verrons, le mode et ses dessous se moquent  bien de l’histoire. 

Quelques événements 

1927 – Premier succès de librairie pour Agartha Christie « Le Meurtre de Roger Ackroyd ».

1928 – C’est l’année de naissance de Mickey. Un roman à scandale « Puits de solitude » de l’Anglaise Radclyffe Hall, traite ouvertement de l’homosexualité féminine.

Une des rares revues consacrée aux dessous  change de nom en 1928 et devient « Le Corset de France Et La Lingerie ». Etrange que l’on prenne pour nom principal une pièce de lingerie très décriée et en net déclin.

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1929 – Naissance de Tintin 

 A suivre


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Des dessous pour un siècle (6)

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Fin de la guerre 14-18, l’armistice est signé le 11 novembre 1918, avec un cessez-le-feu prévu à 11 heures, notez la précision. Quoique les nostalgiques peuvent en dire c’est un désastre, 9 millions de morts, presque autant d’estropiés, il n’y a pas de quoi pavoiser. Sa plus grande conséquence n’est pas tellement le nombre de victimes, mais la modification définitive de la carte de l’Europe, pire on plante déjà le racines de la suivante après juste 20 ans de répit. Quatre empires qui correspondent à sa partie située à l’est disparaissent, allemand, austro-hongrois, ottoman, russe. Ce dernier n’est pas directement le fait de la guerre, mais de la révolution d’octobre 1917, qui voit la disparition du tsarisme au profit du communisme. Le reste de l’Europe est redessiné selon la volonté des vainqueurs, notamment par le traité de Versailles en 1919, qui signe une paix de convenance et condamne les vaincus à des réparations matérielles. Elles pèseront lourd dans la politique d’un certain Hitler qui n’est pour l’instant qu’un petit caporal inconnu dans une armée vaincue.

Malgré tout, la vie reprend ses droits et l’insouciance  ressort des tiroirs dans laquelle on l’avait rangée pendant quelques années. La mode est de nouveau en accès libre et se permettra quelques évolutions qui n’en seront que plus remarquées.

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Un petite révolution vestimentaire naît pendant la dernière année de la guerre. Bien que destinée aux enfants, elle fera son chemin. Sous le nom charmant de Petit Bateau, cette culotte habille les fillettes avec assez de persuasion pour que l’on renonce définitivement au corset quand elles seront un peu plus grandes. On détourne la célèbre chanson « Maman les P’tits Bateaux sont les culottes qu’il me faut ». Le corset peut être considéré comme un des vaincus de la guerre, il ira en decrescendo dans l’habillement des femmes, la gaine et le porte-jarretelles devenant la norme. Il suscitera néanmoins un intérêt qui ne se démentira jamais auprès des nostalgiques et des fétichistes.

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S’il est un domaine qui aura passablement aidé l’évolution de la mode, c’est bien le sport. Demandant toujours plus, il ne saurait s’encombrer de contraintes vestimentaires empêchant la performance. Bien sûr au temps de la première guerre mondiale, les femmes sont encore assez absentes du sport en général, on les préfère derrière les fourneaux plutôt que de les voir manier le marteau ou pire encore le lancer. Le tennis est une exception, les femmes y brilleront assez tôt. Sa première diva française, Suzanne Langlen (1899-1938), crée la sensation en se présentant sur les courts vêtue d’une jupe plissée cachant à peine les genoux, les jambes habillées de bas blancs, enfin plutôt des longues chaussettes fines s’arrêtant au dessus du genou.  C’est une grande joueuse et championne qui a du mordant et se donne à fond dans son art. Sa jupe virevoltant, laissant entrevoir le haut de ses bas, ne sont pas étrangers à un oeil complaisant de la part des hommes et une source d’inspiration pour les dames, sans toutefois ne susciter que des éloges, il y a des coincés dans tous les domaines, y compris dans le sport. Le tennis sera toujours un lien entre la mode, le sport, et l’élégance.

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L’issue de la guerre amène une autre manière de concevoir l’habillement qui sera la mort à petit feu d’un tas de petits artisans modistes, la confection. Il faut bien relancer l’économie, l’industrialisation de la fabrication du vêtement est une possibilité qui n’échappe pas aux économistes. Des empires se bâtiront dont vous connaissez encore certains noms. Pour faire la nique aux privations de la guerre et oublier ses horreurs, on entre dans une période que l’on surnommera les années folles, tant il est vrai que c’est le mot d’ordre. Nul doute que nous y trouvons les prémices de la société telle que nous la vivons aujourd’hui.

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Le féminisme qui a pris racine au tournant du siècle continue de franchir allègrement les étapes. En 1922, Victor Magritte publie un roman, La Garçonne couronné par un énorme succès de librairie, un million d’exemplaires seront vendus en quelques années. Comme beaucoup de choses qui voient le jour dans un société pas encore très permissive, il fera scandale mais tout le monde a envie de le lire. Il pose un fait saillant de l’époque, la libération de la femme qui demande le doit de faire ce qu’elle a envie. Elles sont les cheveux courts, fument comme des pompiers en employant un porte -cigarette, pratiquent le libertinage, et portent des bas clairs, ce qui correspond à la couleur chair qui deviendra un standard. L’effet  le plus visible de cette teinte, c’est qu’il laisse entrevoir la peau, chose quasi extravagante pour une dame qui veut arborer une tenue dite correcte. Ma mère qui était dans une école de bonnes soeurs dans Italie natale, m’a raconté qu’on les obligeait à porter deux paires de bas pour gommer leur transparence. On ne plaisantait pas avec ce que l’on considérait comme de la décence. Les atours de la garçonne ne s’arrêtent pas au fait de porter des bas clairs, les jupes droites se raccourcissent sensiblement, les jambes sont visibles dans la rue et pas seulement pendant la pratique du tennis. La silhouette générale se résume à deux mots, celle du haricot vert. Si l’on soulève la jupe, on constate que les sous-vêtements sont légers, une combinaison, une culotte. Le porte-jarretelles est présent, mais pas systématique, on utilise encore les jarretières. Le corset cède la place à la gaine pour celles qui sont un peu dodues. Il ne manque plus que le soutien-gorge pour parfaire le tout. Il devient une pièce maîtresse avec une nuance créé par Cadolle, l’aplatisseur. C’est une sorte de brassière qui comprime pour donner une forme qui s’approche de celle que l’on considère alors comme idéale, celle du haricot vert. A l’intérieur la femme adopte le pyjama, qu’elle vole carrément à son mari, dans une version féminine plus décorative. Ce pyjama est une invention récente, milieu du 19 ème siècle. La raison de son existence est surtout pratique, Il est importé par les colons britanniques qui l’utilisent en Inde pour se protéger des moustiques. L’origine du mot vient de l’hindi.

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La garçonne, femme considérée comme légère, ne manquera pas de faire des envieuses chez les femmes appartenant à la bourgeoisie. Ces dernières, femmes bien évidemment du haute tenue morale, feront quand même quelques concessions aux garçonnes en ayant l’air de se la jouer comme une version de 50 nuances de gris version 1925.

Le débarquement des garçonnes dans la société ne manque pas de susciter des commentaires ironiques dans les journaux. Ici en 1923.

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L’actrice américaine Louise Brooks (1906-1985) fut une icône du style garçonne. Bien que sa carrière se résume essentiellement au cinéma muet, elle est saluée aujourd’hui comme une grande actrice par les plus grands réalisateurs

Quelques faits qui concernent directement les femmes

1920 – La contraception est désormais un délit en France. Il faudra la loi Veil en 1975 pour que l’avortement soit légalisé. Entre les deux, que de drames. Les Etats-Unis donnent le droit de vote aux femmes, c’est une victoire pour elles.

1921 – Instauration aux Etats-Unis d’un centre de conseil pour le contrôle des naissances. Malgré le conservatisme dont on veut bien affubler les Anglais, on diffuse des méthodes de contraception dans les quartier pauvres. Et dire que les Anglais n’ont jamais fait la révolution. Premier concours de Miss America aux Etats-Unis.

1924 – Le bac a un programme commun pour filles et garçons. La philosophie est enfin affaire de femme.

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La guerre peut parfois produire des héros inattendus, sympathiques, et un peu faire oublier la grande connerie des lobotomisés du pouvoir. En 1918 en Lorraine, un caporal américain, Lee Ducan, découvre une femelle berger allemand et ses cinq chiots. Adoptés par l’armée, le seul survivant arrive en Amérique avec Duncan. Il remarque que ce chien a des dons exceptionnels, il est capable de sauter une palissade de 4 mètres. Remarqué par le producteur Darryl Zanuck, il tourne dans une série de westerns muets à partir de 1923 et devient la première star animale du cinéma. Il s’appelait Rintintin. Il est mort à 15 ans en 1932, un âge normal pour un chien. Il est enterré au cimetière des animaux à Asnières. 

A suivre


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Miss Eva et le Boss en raccourcis sur la suggestion

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Comme disait ce riant personnage, je résiste à tout sauf à la tentation. Mais la tentation ne vient pas toujours d’une manière spontanée. Si vous agitez un biscuit en évidence sous le regard de votre toutou préféré, il va vite comprendre que c’est pour lui. Le pauvre va devenir un peu foufou si vous tardez à le lui donner. Vous lui avez suggéré que vous alliez lui donner un biscuit, il n’y a pas de raison qu’il ne cède pas à cette tentation que vous avez allumée en lui.

En matière d’érotisme, il en va de même. Que ce soit animal ou humain, il appartient souvent à la femelle d’inciter son partenaire à faire autre chose que de jouer au scrabble. Si chez les animaux cet appel peut prendre des formes extrêmement diverses, chez l’homme ils sont moins nombreux, surtout on les connaît parfaitement bien. L’homme ou la femme peuvent se partager le rôle qui consiste à se signaler au sexe opposé. Cette tendance, essentiellement visible dans les pays occidentaux, s’est encore affermie depuis que la femme a plus ou moins conquis sa libération. Il reste que les critères diffèrent sensiblement dans ce qui peut paraître attractif chez l’autre sexe. Une belle bagnole, un beau mec bâti tout en muscles, une belle situation, peuvent être déterminants pour certaines femmes. Mais il est généralement admis que la femme est plus cérébrale, un homme cultivé, intelligent, ayant le sens de l’humour, peuvent aussi faire l’affaire au détriment d’un physique canon. L’homme, lui, est plus sensible à la beauté, au physique, sois belle et tais-toi n’a certainement pas été prononcé pour la première fois par un homme pionnier de l’émancipation féminine. Dans la plupart des cas, la femme a besoin de se sentir en confiance avant d’entamer une relation sérieuse avec un homme, l’homme peut trouver une femme désirable presque instantanément. 

La femme a un avantage certain sur l’homme, c’est là que nous entrons dans la suggestion, elle peut faire valoir toute une panoplie d’artifices pour se signaler à l’autre. Cela a toujours existé, du moins depuis l’antiquité, on ne sait pas trop pour la préhistoire où il semble que les vêtements étaient plutôt unisexes. La différence est moindre depuis quelques dizaine d’années, mais elle était parfois énorme dans le passé. De la femme, on ne voyait guère que la tête et de temps en temps un joli décolleté, c’est tout. Tout le reste n’était que suggestion, une invitation au voyage si l’on peut dire. J’imagine assez bien le visage congestionné de certains chevaliers revenant de guerre, reluquant une belle dame de la cour. Ils devaient avoir les armures chauffées au rouge, surtout à la hauteur de leur espace de jeu personnel. 

Passons les siècles et venons au temps présent. Le choix des critères a bien changé, pas tellement en nombre, mais plutôt en visibilité. Ce qui était caché dans d’insondables profondeurs, que seules les spéléologues attitrés avaient le droit d’explorer, ne l’est plus autant bien qu’il subsiste toujours une frontière, celle que l’intéressée veut bien poser. Nous sommes toujours dans la suggestion, mais en version light. Il ne reste souvent qu’une épaisseur de tissu, c’est justement elle qui donne tout son charme à la suggestion.

J’ai toujours adoré la suggestion, elle rejoint et s’accorde avec mon fétichisme. Ce fétichisme peut prendre des formes diverses selon la personne, c’est affaire de goût. Bien sûr vous vous doutez bien que pour moi il tourne autour du bas nylon. Il y a certainement très peu d’hommes qui ne fondent pas devant une dame qui porte des bas, même si celui-ci pour être associé à d’autres formes de fétichisme, il agit alors comme complément. Qu’une femme laisse suggérer qu’elle porte des bas nylons, le seul, le vrai, que vous aimiez la brouette cosaque, le tournevis enchanté, ou encore le presse-purée farceur… assaisonné avec une pincée de nylon… la femme chef d’orchestre mène son monde à la braguette!

Jouons au jeu de la suggestion, pour cela j’ai fait appel à la complicité de mon Ambassadrice, Miss Eva. Vous n’êtes pas sans ignorer, j’espère, qu’elle ne porte que des bas. Avec quelques photos qui n’en laissent rien paraître, sinon ce que vous pourriez apercevoir si vous la rencontriez, vous admettrez que la suggestion c’est très fort… 

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Et d’une manière tout aussi suggérée quelques…

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Merci à Miss Eva pour sa précieuse collaboration


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Des dessous pour un siècle (5)

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En été 1914, l’Europe s’embrase c’est la guerre. C’est un fait, la guerre a ses saisons. On les déclenche plutôt pendant le printemps ou l’été, on évite ainsi les rigueurs de l’hiver qui peuvent être le pire ennemi des armées. Selon les prévisions toujours optimistes, la guerre sera courte, mais on le sait c’est rarement le cas. Il n’est pas dans les propos de notre article d’en expliquer le pourquoi et le comment, mais la France y est engagée. Son ennemi le plus direct est une fois de plus l’Allemagne. Contrairement à celle de 39-45, c’est seulement le nord du pays qui est envahi. L’invasion allemande est stoppée, mais le principal problème sera de la faire reculer. A l’arrière, pourquoi le cacher, la vie est plutôt belle pour certains. On pense bien aux soldats qui tombent comme au tir de la fête foraine, assis derrière son bureau d’état-major ou en prenant l’apéritif.

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L’assassinat de l’archiduc d’Autriche considéré comme le détonateur de la guerre, ne semble pas avoir retenu toute l’attention de l’opinion mondiale lors de l’événement, Témoin ce journal daté du lendemain de l’assassinat qui affiche en première page la victoire du boxeur Jack Johnson, affublé du terme de nègre. L’assassinat est relégué  en page trois. Un mois plus tard c’est la guerre. 

La mode continue d’exister, elle subit les influences de la guerre d’une manière modérée. Le plus souvent on se débrouille. Le manque de certaines matières premières ne sera pas aussi marqué que dans l’autre grande guerre, on ne subit pas cette mise à sac qui sera un de ses faits marquants. Le nord occupé et par définition ses usines textiles, rendra certaines matières comme la flanelle, plus rares. Mais qu’importe, il y a des fabricants de textiles en zones tranquilles, Lyon, le Midi. Le jersey sera une des composantes des sous-vêtements. Autre fait notoire, les jupes raccourcissent. On commence d’apercevoir, comble de bonheur, les chevilles. Le vainqueur vestimentaire de cette guerre est sans doute le soutien-gorge, de plus en plus adopté. Il fait reculer le corset. Normal, avec un soutien-gorge on a plus tellement besoin de corset, un gaine ou un porte-jarretelles pour tenir les bas, une culotte pour parachever le tout, on entre dans l’ère moderne.

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Pour la première fois, la femme va pouvoir vraiment se mettre en évidence. Pas tellement en affichant un nouveau chapeau, mais en remplaçant l’homme absent de ses travaux. La paysanne devra diriger l’art de  faire les foins, l’ouvrière travailler dans les usines d’armement, la mère devient chef de famille.  Le débarquement des Américains aura une conséquence capitale pour l’évolution de la femme, ou plutôt le débarquement des Américaines. En effet, de braves dames viennent droit direct de chez l’Oncle Sam pour soigner les blessés. A côté de nos bonnes ménagères et paysannes, elles ont une liberté de faits et gestes qui les posent en révolutionnaires des moeurs nationales. Elles fument, ont les cheveux courts, osent sortir seules. De quoi donner quelques idées à nos consoeurs, ce qui ne manquera pas d’arriver. Elles n’apportent pas encore le bas nylon comme petits cadeaux, mais popularisent un accessoire qui n’est pas courant ici, le serviette hygiénique en ouate. 

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A n’importe quelle époque trouble de l’histoire, il y a des personnages qui se glissent dans les coulisses pour faire fructifier leurs idées en bien ou en mal. Maurice Maréchal est l’un d’eux. Il fonde Le Canard Enchaîné en 1915. Il adopte d’emblée le ton qui sera le sien tout au long de son existence. Il rit de la guerre sans se moquer de ses victimes. Il brocarde les politiciens dans le rôle qu’ils jouent pour la plupart, des marionnettes au service de l’argent et du pouvoir. Mais qu’ils prennent garde, le justicier à plumes laissera des victimes tout au long de sa route. Il devient le symbole de la presse indépendante. Un autre personnage, beaucoup plus trouble, deviendra vedette à sa manière. Il utilise aussi la presse, mais à des fins plus diaboliques. Il cherche des dames par le biais des petites annonces, pour rencontre et plus si affinités. Selon ce que l’on sait, il en rencontra près de 300 dont une bonne dizaine disparurent sans laisser de traces. Il s’agit bien sûr du fameux Landru, l’un des plus mythiques criminels du 20ème siècle. N’oublions pas les femmes qui peuvent aussi alimenter les faits divers. En 1917, Mata Hari, danseuse légère fait courageusement face au peloton d’exécution. Elle est condamnée à mort pour faits d’espionnage, faits qui ne sont pas clairement établis sans toutefois l’innocenter complètement. Il est vrai qu’à l’époque on fusillait passablement au nom de la vérité qui n’est pas toujours bonne à dire.

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Le premier numéro du Canard .

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Landru et ses victimes « officielles »

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 La fameuse villa de Gambais où il sévit. Elle devint un but de promenade du dimanche et fut aussi montrée sur carte postale. Sur celle-ci figure un texte humoristique, un brin moral. 

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La belle Mata hari

Peu de grands nom de la mode brilleront au cours de cette guerre, mais il sont là. Coco Chanel s’apprête à conquérir le monde plus pacifiquement. En Russie, la révolutiond’octobre  va nous amener Monsieur Berlé, qui va mettre en orbite le Delineator, le soutien-gorge haute couture entièrement fait main et sur mesure. Il sera porté par les plus grandes stars. Mais les choses vont s’accélérer, diable la guerre est finie…

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A suivre


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Des dessous pour un siècle (4)

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On pourrait surnommer ce début de siècle comme années folles. Si c’est à peine une exagération, il n’en reste pas moins que le niveau de vie est nettement plus enviable que 20 ou 30 ans auparavant. La condition  ouvrière n’est de loin pas une place assurée au paradis, mais sous l’impulsion des partis de gauche de plus en plus présents et revendicateurs sur l’échiquier politique, les conditions s’améliorent sensiblement. On peut trouver du travail, de plus la libre entreprise permet à certains de se lancer dans des métiers qui n’existaient pas, comme garagiste ou vendeur d’assurances.

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La mode bénéficie par la tranche d’un pouvoir d’achat amélioré. On peut jouer les coquettes à moindre frais, le demande n’en est que plus significative. La chose le plus visible dans la mode, c’est sa facilité de changement. On peut dire ironiquement d’une personne au caractère instable qu’elle change de culotte comme de chemise, en mode c’est une réalité. Les modes qui pouvaient durer le temps d’une favorite chez les rois de France, c’est à dire plusieurs années, se voient ramenées à une saison. On change d’habits quand on change de saison. Ce n’est pas vraiment un nouveauté propre à l’époque, mais maintenant on en parle à travers les journaux et éventuellement la radio.19 013015-4

Les sous-vêtements, plus discrets, subissent l’influence de la mode des saisons. On ne vas pas mettre une bonne vieille culotte en laine quand c’est l’été. La différence maintenant, c’est que l’on a plus ou moins les moyens financiers de faire le changement et de se coller plus ou moins à la mode. Nous sommes vers 1910, le bilan de ce début de siècle peut se résumer ainsi:

On assiste à une révolution vestimentaire très pacifique, mais qui lancera la base pour les générations futures. Le corset, encore très présent, cède la pas vers une lingerie plus légère. On lui trouve, après presque des siècles de domination, plus de défauts que de qualités. C’est aussi l’apparition d’une lingerie qui adopte une dimension de plus, le visuel. Même si elle s’affiche peu en public, elle permet dans l’intimité d’afficher une certaine coquinerie. Le bas, avec son accessoire de maintien qui deviendra la norme pendant des dizaines d’années, la jarretelle, commence à se conjuguer dans d’autres matières que la soie. Le soutien-gorge se fait de plus en plus présent, surtout chez celles qui ne portent plus de corset. Nous assistons également aux balbutiements de ce qui va devenir une tradition, la jarretière de la mariée. La femme des sociétés occidentales assume les prémices de sa libération. Bien plus qu’avant, elle devient une consommatrice de mode, elle peut assumer en plus ou moins grande partie son indépendance financière, surtout si elle travaille. L’homme est moins sollicité par les changements, mais il met aussi une partie de ses accessoires au rancart, le chemise et le bonnet de nuit sont remplacés par le pyjama. Pour l’instant, le fixe-chaussettes est encore indétrônable, la chaussette n’est pas encore élastique. 

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Ce semblant de légèreté de vivre ne va pas durer longtemps, les nuages s’amoncellent à l’horizon, mais personne ne veut vraiment les regarder. Au niveau de la mode, pour attirer la consommatrice, on redouble d’ingéniosité. Sa silhouette qui devient de plus en plus visible, cessant d’être cachée sous des tonnes d’habits, doit paraître parfaite. La minceur est de mise, pour celles qui ont renoncé au corset, il faut ruser. Pour la poitrine c’est le contraire, plus elle est conquérante et ferme, plus elle s’affiche fièrement. Mais que faire si on est grosse avec une petite poitrine. Le docteur Doxey et son célèbre élixir qui rencontra Lucky Luke dans une de ses aventures n’est pas mort. Les charlatans de tous poils, cachés souvent dans des laboratoires pharmaceutiques encore un peu préhistoriques, mettent au point toutes sortes de pilules, potions et produits miracles, censés soigner la femme là où elle a mal surtout moralement. Ces prodiges de tromperie trouveront belle clientèle. Si la poitrine ne grossit pas, le portefeuille des fabricants, lui, gonfle plus visiblement. Ces publicités aguicheuses auront la vie dure, on les trouve encore aujourd’hui.

Quelques unes de ces fameuses publicités

19 013015-519 013015-319 013015-2De l’humour, la jupe avec limitation de vitesse

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La mode, qu’elle soit vestimentaire ou autre, commence d’être un phénomène de société. Avec les médias naissants on sacre les gloires d’alors. Maurice Chevalier devient un emblème national. Il sera aussi un des premiers chanteurs à s’exporter en Amérique. Sa copine Mistinguett sera aussi une gloire dans le domaine du music-hall, du théâtre, de la chanson. C’est aussi dans ce creuset que l’on trouvera les vedettes en devenir que seront plus tard Gabin, Fernandel, Jouvet. Plus matériellement, il ne manque qu’une chose pour parfaire sa tenue, le parfum. Si ce n’est pas une invention nouvelle, on se réfère de plus en plus aux marques, les affiches publicitaires sont là pour le rappeler. Une invention plutôt technique fera fureur, la fermeture Eclair. Popularisée en 1913, par la société du même nom, il s’agit à l’origine d’une invention américaine que l’on perfectionna.

Mais voici que l’on part à la guerre en chantant…

Quelques dates

1910 – Un ligue contra la déformation de la taille par le corset est fondée. Le mot chemisier entre dans les moeurs, c’est un détournement de la chemise de monsieur.

1911 – Hollywood lance ses premières starlettes, on leur invente une biographie pas possible, mais on est encore loin de les voir défiler en maillot de bain. On remarque pour la première fois sur une photographie une femme qui porte ce que l’on pourrait appeler une jupe-culotte.

1912 – Premier défilé de mode sans corsets.

1913 – Jeanne Paquin est la première couturière à recevoir la Légion d’honneur

19 013015-1Jeanne Paquin

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19 013015-8A suivre

 


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Des dessous pour un siècle (3)

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L’immédiat après 1900 est une époque entre deux mondes, l’ancien et le nouveau. On est certes pas encore à l’époque des trente glorieuses, mais on parle déjà de progrès. On est tout émerveillé par les nouveaux gadjets qui entrent petit à petit dans les foyers, la radio, le gramophone et pour l’extérieur on peut frimer dans une voiture et filer comme des bandits à 40 à l’heure chasser le piéton dans les rues de Paris où la circulation n’est pas encore très réglementée et l’on trouve des places de parc à profusion. Ce sont encore des choses réservées à une classe aisée, mais le sort des masses populaires s’améliore. Sans être tous  des cerveaux, les gens bénéficient d’un certain niveau d’instruction, on sait lire, à peu près écrire, et surtout si l’on a du travail on peut penser aux petits plaisirs. Le cinéma n’est pas encore tout à fait présent, mais les bals populaires, le théâtre, sont très fréquentés.

La mode continue sa saga, on l’a vu, le corset qui a ses ses adeptes et ses pourfendeurs n’est pas mort.  Mais gentiment cette forteresse de la mode féminine depuis des siècles est sapée à la bases par des coup de butoir. On l’attaque par la diagonale. La pantalon est bien évidemment un accessoire avant tout masculin et la jupe féminin. Maintenant si cela va de soi, il en allait tout autrement dans les siècles passés, notamment en ce qui concerne l’habillement des enfants, la frontière est plus ténue. On habille parfois les garçons avec une robe et les filles portent des pantalons sous leur robe. Ce pantalon version féminine était surtout un instrument de camouflage pour les jambes et le reste. Il n’était pas question de le rendre visible en enlevant la robe et il était presque indécent s’il était aperçu lors d’un léger relevé de robe Tout au plus il était réservé aux petites filles, aux danseuses et aux filles légères. Mais faites du neuf avec du vieux, il est remis sous les crinolines qui ont tendance a se relever, si la femme fait des mouvements comme la danse par exemple. A partir de ce moment là, il monte d’un degré dans l’échelle de la pudeur et devient présentable accidentellement. Evoluant avec la raccourcissement de la longueur des robes, il suit le mouvement et pour finir, il se termine en culotte vers le début de la première guerre mondiale. C’est ainsi que nous trouvons cette bonne vieille culotte de grand-mère pas encore slip ou string.

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Louis XIV enfant, il ne porte pas encore la culotte

Un fait marquant du début du siècle, c’est l’apparition de la couleur dans le sous-vêtement. Jusque là, le lin et le coton sont rois, efficaces dans la pratique, un peu moins visuellement et presque toujours blancs. Ce que la Belle Epoque a appelé les cocottes, comprenez des femmes un peu légères, ont fait une petite révolution, elles ont commencé à porter de la soie avec des couleurs extraites de l’arc-en-ciel. Cela veut aussi dire que les sous-vêtement on gagné tant en légèreté qu’un minceur, c’est plus aérien et un tantinet transparent selon la couleur et l’épaisseur. Cela a fortement plu à ces messieurs bourgeois qui ont jeté un oeil attendri et encore plus coquin. C’est un peu comme si maintenant un bonhomme se mettrait à draguer une fille parce qu’elle porte des bas à la place d’un collant. Le visage des épouses bourgeoises passa du rouge colère au vert rage et pour ne pas être en reste se mit aussi à porter ce genre de dessous en espérant garder un peu plus Monsieur à la maison. Elles restent quand même dans certaines limites, elles s’inspirent des cocottes mais ne les dépassent pas. On commence aussi à employer des fibres artificielles pour les rendre abordables à toutes les bourses. Ainsi va la mode.

A propos de bas, généralement ils sont noirs, parfois assortis avec la robe. Le fil d’Ecosse en est la principale constituante. La soie plus chère et plus délicate est réservée à ceux qui ont les moyens. Même s’il sont peu visibles, la femme les choisit avec soin. Le noir est la couleur qui est admise pour les bas, mais pour le reste des sous-vêtements, c’est encore avec le rouge, un peu trop hardi. Les teintes douces mises à part, on laisse cela pour les cocottes,  mais cela ne sera pas éternel.

Une des autres tendances de la mode, c’est le changement dans la lingerie de nuit, elle se fait plus légère dans les tissus, tout en gardant le principe de la chemise de nuit. On abandonne complètement le bonnet de nuit, les hommes suivront et adopteront aussi progressivement le pyjama. 

Le strip-tease est un nom bien américain pour la bonne raison que c’est là-bas qu’il a été inventé. Bien avant la France, ce spectacle était très prisé à l’époque de la fin de la conquête du territoire américain. Il n’y avait pas les barrières pudiques propres à nos latitudes. A une époque où tout le monde de promenait avec un fusil à la place de la canne ou du parapluie, le fait de voir une femme se déshabiller n’était choquant pour presque personne. C’était une distraction facilement transportable, qui demandait peu d’entretien et de matériel, juste et sans doute une poignée d’argent. Il finit par arriver en France et en ce début de siècle, il est en quelque sorte à la mode. On reste toutefois dans des normes plus raisonnables, c’est plutôt un prétexte pour montrer un effeuillage du corps féminin, et il y a du matériel à enlever, sans aller jusqu’au nu intégral visible. Nous avons vu au début que le nu intégral est apparu à Paris en 1900, l’idée de départ n’était pas le strip-tease, mais exposer le nu sans les préliminaires.

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La fin de la première décennie met encore plus de pression dans l’envie de la femme de se libérer, mais elle a bien compris que c’est avant tout par son militantisme qu’elle y parviendra. D’importants mouvements protestataires comme en Londres en 1908, font pression sur la classe dirigeante. Le but premier est plus d’obtenir le droit de vote que de se libérer du corset, bien que l’un ne va peut-être pas sans l’autre symboliquement. Pour la mode, c’est plutôt les créateurs qui peuvent l’aider, mais pas toujours efficacement. En 1909 le couturier Paul Poiret jette le corset aux orties, mais il habille la femme d’un jupe tellement serrée que la femme peut à peine se déplacer, chose peu pratique quand on est poursuivie par un satyre!

Malgré tout la femme amorce son renouveau, elle n’est plus complètement un objet destiné à mettre son mari en valeur, style sois belle et tais-toi, elle pense et le fait savoir. Encore à son avantage, le corset est sérieusement remis en cause, le soutien-gorge apporte son efficacité et sa légèreté, faisant ami-ami avec le porte-jarretelles ou la gaine. La lingerie se pare de ses couleurs et abandonne les tissus traditionnels. Sur un plan plus matériel, elle commence à travailler et occuper des postes subalternes, réclamée par l’industrie qui a besoin de bras, ne serait-ce que pour fabriquer ce qu’elle portera plus tard.

Le mouvement est en marche, mais le corset, la jarretière, la lingerie uniquement pratique ne seront pas abandonnés d’un claquement de doigt, il s’en faut encore de beaucoup.

Quelques dates 

1906 Invention de la permanente par Charles Nestle, un Anglais

1907 Madeleine  Vionnet que deviendra une des plus célèbres créatrices de mode en France, présente sa première collection. Elle a complètement supprimé le corset et ses mannequins défilent pieds nus. Cela frise le scandale. Elle mourra en 1975, juste pas centenaire.

Instauration d’une loi qui permet à la femme de disposer librement de son salaire, eh oui!

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Encore une tentative de réhabilitation du corset

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Le fabricants de corsets font de la pub pour leur produit à leur manière

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Un aperçu, via une publicité, de la lingerie traditionnelle en vente au magasin du coin

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On vend aux particuliers les objets oubliés dans le métro, ah ces distraits qui font de l’humour sans le savoir

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Le corset comme arme absolue!

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A suivre


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Des dessous pour un siècle (2)

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Le soir du 31 décembre 1899, on se prépare à faire la fête, il y a même quelques éclairs et coups de tonnerre qui s’invitent dans le ciel de Paris. Si on prend la peine de lire la presse locale, on constatera que la plupart des journaux font l’impasse sur le changement de siècle, c’est à peine si on le souligne. Il est vrai que l’époque est plutôt tristounette. On parle encore de choléra, l’antisémitisme fortement exacerbé par l’affaire Dreyfus est toujours présent. Monsieur Loubet est président de la République et il prépare l’exposition universelle qui s’ouvrira à Paris au mois d’avril. Le gouvernement est bien entendu à droite, mais les tensions sociales et la gauche sont de plus en plus présentes dans le quotidien. Le plus souvent, on demande juste de quoi vivre décemment et surtout du travail.

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 Paris 1900 lors de l’expo

La bourgeoisie est la seule vraiment concernée par les apparats de la fête et ne s’en prive pas. L’observateur présent ce soir-là remarquera les dames toujours cintrées dans leurs corsets, la taille de guêpe est de rigueur. Pourtant, de plus en plus de mouvements féministes revendiquent des corps libérés de ce carcan. Entre les pour et les contre, une véritable petite guerre se fait à coups de slogans. Pour les contre dans une version modérée, on tente d’apporter quelques modifications que l’on pourrait qualifier de techniques. Un corset mis au point par une doctoresse, Mme Gaches-Sarraute se voit gratifié du non de « corset de santé » baptisé vulgairement le « sens ventre ». C’est au niveau des baleines et de la compression qu’elles exercent que se situe le changement, le tout agrémenté d’un laçage au ventre. La silhouette de la femme apparaît très serrée au ventre s’élargissant en dessus et dessous. Il s’approche du « tightlacing » que l’on connaît aujourd’hui. Le lobbying existe déjà, les fabricants de corsets, surtout les puissants, défendent leur profession. A part le fait de donner une silhouette de rêve à celles qui le désirent, le résultat est peut-être encore pire. Il est presque encore plus impossible de s’asseoir, de se baisser ou simplement de rire. Il n’est pas rare que les femmes s’évanouissent. Il n’empêchera pas le fait de connaître un succès quasi mondial et retentissant. 

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Les contre sont plus réalistes, appuyés par des médecins qui se veulent éclairés, ils mettent en doute les effets bénéfiques que les pour mettent en avant pour le défendre. Et la guerre continue…

La santé, voilà un maître-mot de l’époque. Il est vrai que c’est une préoccupation majeure. On meurt encore de maladies infantiles, on en reste parfois infirme. La salubrité des lieux d’habitation est souvent en option. La médecine, bien plus évoluée qu’au moyen-âge ne guérit toutefois pas tout. Le sous-vêtement n’échappe pas aux tentatives de clarifier la situation de l’homme face à la santé.

Ci-dessous. On profite de la guerre déclarée au corset pour une analyse qui n’est en fait de compte que de la publicité.

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Les évolutions techniques du corset font encore peur à certaines.

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Si le corset est montré du doigt, on cherche aussi d’autres moyens d’apporter une amélioration au bien-être. La laine est mise en avant. Selon certains, elle est une réponse très satisfaisante aux problèmes liés à la transpiration et autres sécrétions corporelles, sources de maladies à ce que l’on croit. Elle est aussi un rempart contre le froid, autre source de maladie, on meurt facilement d’une pneumonie.

La femme, quand elle ne parte pas un corset, ne se promène pas nue pour autant. Le déshabillé est de rigueur. En mousseline ou en soie, il n’est pas vraiment considéré comme indécent s’il n’est pas franchement transparent. Les dames du monde, les comédiennes peuvent recevoir dans leur loge ainsi accoutrées. On peut quand même considérer que c’est une faveur d’apercevoir quelqu’un dans cette tenue, cela fait partie des avantages quand on est introduit dans le beau monde. Par contre, dans le beaucoup plus indécent figurent la lisière d’un bas avec jarretière ou jarretelle apparente. Cette jarretelle qui commence à se faire plus présente a connu aussi ses déboires de jeunesse. Ferréol Dedieu qui en est le créateur présumé à très certainement fait sans le vouloir un plagiat. Les historiens  qui sondent les fonds de la petite histoire affirment que sous Louis XIV, il existait un système semblable pour tenir le bas. Il serait simplement tombé en désuétude pour des raisons inconnues.

S’il a fallu un bon quart de siècle pour que la jarretelle soit prise en considération, la raison en est plus connue. Il pensait certainement soulager la femme du corset, c’est pour cela qu’il mit ses jarretelles sur une simple ceinture, un ancêtre du porte-jarretelles d’aujourd’hui. La femme fut réticente  plus par son manque d’attrait, sobre, sans dentelles ou broderies, que par le système lui-même. La femme d’alors qui avait l’habitude de se couvrir le corps presque entièrement en sous-vêtements trouva certainement cela minimaliste, mais les mœurs évolueront, lentement il est vrai.

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Les premières jarretelles n’ont pas la finesse de celles que l’on verra plus tard. C’est rappelons-le, un objet qui se veut plus usuel que sexy. Elle est fixée sur de gros élastiques qui auraient très bien pu servir de fronde pour lancer des boulets de canon.

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Dans toute évolution de la mode, ce sont souvent des initiatives isolées qui font qu’elle tend vers un changement. La disparition totale du corset, moins une poignée de nostalgiques n’y échappe pas. En voici quelques prémices…

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La championne du monde de natation, Annette Kellermann adopte un costume de bain semblable à celui des hommes. Enorme scandale, elle est carrément arrêtée par la police.

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Annette Kellermann 1887-1975, de descendance anglo-française naît en Australie. Atteinte de polio, son médecin lui conseille la natation. Elle deviendra championne de natation et tentera aussi, sans succès, la traversée de la Manche. Elle milite pour les droits de la femme et notamment le port du maillot de bain une pièce. On la verra aussi au cinéma muet dans des rôles de nageuse.  C’est une pionnière de la danse synchronisée et une végétarienne convaincue.

Un corset sans baleine voit le jour, il faut oser le porter ce qui n’est pas encore gagné.

Premier spectacle de nu aux Folies-Pigalle, on s’y presse.

1902

Dans les écoles, on tente d’interdire le corset aux élèves. On devra y renoncer, car les jeunes filles ont des robes prévues pour être portées avec.

Les premiers tailleurs font leur apparition, on ose porter des robes qui ne balaient juste pas les trottoirs, toutefois on est encore très, très, loin de la minijupe.

Une certaine transparence attire le regard des hommes sur les blouses avec devant en V, laissant apparaître le début de la poitrine.

Apparition dans certains pays germanophones d’une tenue noire très austère pour les femmes, ceci toutefois sans corset.

1903

La célèbre Isadora Duncan danse les pieds nus, 62 ans avant l’icône anglaise des sixties Sandie Shaw.

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Le « cake walk » une danse dérivée de la musique noire permet aux femmes qui le dansent de s’afficher avec des décolletés prometteurs, les robes sont simplement retenues aux épaules par un mince bout de tissu ou de ruban.

Compléments extraits journaux et sources diverses

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28 120714-3A suivre