Nylon Bar

L'apéritif en nylon


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Miss Eva et le Boss en raccourcis sur la suggestion

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Comme disait ce riant personnage, je résiste à tout sauf à la tentation. Mais la tentation ne vient pas toujours d’une manière spontanée. Si vous agitez un biscuit en évidence sous le regard de votre toutou préféré, il va vite comprendre que c’est pour lui. Le pauvre va devenir un peu foufou si vous tardez à le lui donner. Vous lui avez suggéré que vous alliez lui donner un biscuit, il n’y a pas de raison qu’il ne cède pas à cette tentation que vous avez allumée en lui.

En matière d’érotisme, il en va de même. Que ce soit animal ou humain, il appartient souvent à la femelle d’inciter son partenaire à faire autre chose que de jouer au scrabble. Si chez les animaux cet appel peut prendre des formes extrêmement diverses, chez l’homme ils sont moins nombreux, surtout on les connaît parfaitement bien. L’homme ou la femme peuvent se partager le rôle qui consiste à se signaler au sexe opposé. Cette tendance, essentiellement visible dans les pays occidentaux, s’est encore affermie depuis que la femme a plus ou moins conquis sa libération. Il reste que les critères diffèrent sensiblement dans ce qui peut paraître attractif chez l’autre sexe. Une belle bagnole, un beau mec bâti tout en muscles, une belle situation, peuvent être déterminants pour certaines femmes. Mais il est généralement admis que la femme est plus cérébrale, un homme cultivé, intelligent, ayant le sens de l’humour, peuvent aussi faire l’affaire au détriment d’un physique canon. L’homme, lui, est plus sensible à la beauté, au physique, sois belle et tais-toi n’a certainement pas été prononcé pour la première fois par un homme pionnier de l’émancipation féminine. Dans la plupart des cas, la femme a besoin de se sentir en confiance avant d’entamer une relation sérieuse avec un homme, l’homme peut trouver une femme désirable presque instantanément. 

La femme a un avantage certain sur l’homme, c’est là que nous entrons dans la suggestion, elle peut faire valoir toute une panoplie d’artifices pour se signaler à l’autre. Cela a toujours existé, du moins depuis l’antiquité, on ne sait pas trop pour la préhistoire où il semble que les vêtements étaient plutôt unisexes. La différence est moindre depuis quelques dizaine d’années, mais elle était parfois énorme dans le passé. De la femme, on ne voyait guère que la tête et de temps en temps un joli décolleté, c’est tout. Tout le reste n’était que suggestion, une invitation au voyage si l’on peut dire. J’imagine assez bien le visage congestionné de certains chevaliers revenant de guerre, reluquant une belle dame de la cour. Ils devaient avoir les armures chauffées au rouge, surtout à la hauteur de leur espace de jeu personnel. 

Passons les siècles et venons au temps présent. Le choix des critères a bien changé, pas tellement en nombre, mais plutôt en visibilité. Ce qui était caché dans d’insondables profondeurs, que seules les spéléologues attitrés avaient le droit d’explorer, ne l’est plus autant bien qu’il subsiste toujours une frontière, celle que l’intéressée veut bien poser. Nous sommes toujours dans la suggestion, mais en version light. Il ne reste souvent qu’une épaisseur de tissu, c’est justement elle qui donne tout son charme à la suggestion.

J’ai toujours adoré la suggestion, elle rejoint et s’accorde avec mon fétichisme. Ce fétichisme peut prendre des formes diverses selon la personne, c’est affaire de goût. Bien sûr vous vous doutez bien que pour moi il tourne autour du bas nylon. Il y a certainement très peu d’hommes qui ne fondent pas devant une dame qui porte des bas, même si celui-ci pour être associé à d’autres formes de fétichisme, il agit alors comme complément. Qu’une femme laisse suggérer qu’elle porte des bas nylons, le seul, le vrai, que vous aimiez la brouette cosaque, le tournevis enchanté, ou encore le presse-purée farceur… assaisonné avec une pincée de nylon… la femme chef d’orchestre mène son monde à la braguette!

Jouons au jeu de la suggestion, pour cela j’ai fait appel à la complicité de mon Ambassadrice, Miss Eva. Vous n’êtes pas sans ignorer, j’espère, qu’elle ne porte que des bas. Avec quelques photos qui n’en laissent rien paraître, sinon ce que vous pourriez apercevoir si vous la rencontriez, vous admettrez que la suggestion c’est très fort… 

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Et d’une manière tout aussi suggérée quelques…

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Merci à Miss Eva pour sa précieuse collaboration


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Des dessous pour un siècle (5)

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En été 1914, l’Europe s’embrase c’est la guerre. C’est un fait, la guerre a ses saisons. On les déclenche plutôt pendant le printemps ou l’été, on évite ainsi les rigueurs de l’hiver qui peuvent être le pire ennemi des armées. Selon les prévisions toujours optimistes, la guerre sera courte, mais on le sait c’est rarement le cas. Il n’est pas dans les propos de notre article d’en expliquer le pourquoi et le comment, mais la France y est engagée. Son ennemi le plus direct est une fois de plus l’Allemagne. Contrairement à celle de 39-45, c’est seulement le nord du pays qui est envahi. L’invasion allemande est stoppée, mais le principal problème sera de la faire reculer. A l’arrière, pourquoi le cacher, la vie est plutôt belle pour certains. On pense bien aux soldats qui tombent comme au tir de la fête foraine, assis derrière son bureau d’état-major ou en prenant l’apéritif.

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L’assassinat de l’archiduc d’Autriche considéré comme le détonateur de la guerre, ne semble pas avoir retenu toute l’attention de l’opinion mondiale lors de l’événement, Témoin ce journal daté du lendemain de l’assassinat qui affiche en première page la victoire du boxeur Jack Johnson, affublé du terme de nègre. L’assassinat est relégué  en page trois. Un mois plus tard c’est la guerre. 

La mode continue d’exister, elle subit les influences de la guerre d’une manière modérée. Le plus souvent on se débrouille. Le manque de certaines matières premières ne sera pas aussi marqué que dans l’autre grande guerre, on ne subit pas cette mise à sac qui sera un de ses faits marquants. Le nord occupé et par définition ses usines textiles, rendra certaines matières comme la flanelle, plus rares. Mais qu’importe, il y a des fabricants de textiles en zones tranquilles, Lyon, le Midi. Le jersey sera une des composantes des sous-vêtements. Autre fait notoire, les jupes raccourcissent. On commence d’apercevoir, comble de bonheur, les chevilles. Le vainqueur vestimentaire de cette guerre est sans doute le soutien-gorge, de plus en plus adopté. Il fait reculer le corset. Normal, avec un soutien-gorge on a plus tellement besoin de corset, un gaine ou un porte-jarretelles pour tenir les bas, une culotte pour parachever le tout, on entre dans l’ère moderne.

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Pour la première fois, la femme va pouvoir vraiment se mettre en évidence. Pas tellement en affichant un nouveau chapeau, mais en remplaçant l’homme absent de ses travaux. La paysanne devra diriger l’art de  faire les foins, l’ouvrière travailler dans les usines d’armement, la mère devient chef de famille.  Le débarquement des Américains aura une conséquence capitale pour l’évolution de la femme, ou plutôt le débarquement des Américaines. En effet, de braves dames viennent droit direct de chez l’Oncle Sam pour soigner les blessés. A côté de nos bonnes ménagères et paysannes, elles ont une liberté de faits et gestes qui les posent en révolutionnaires des moeurs nationales. Elles fument, ont les cheveux courts, osent sortir seules. De quoi donner quelques idées à nos consoeurs, ce qui ne manquera pas d’arriver. Elles n’apportent pas encore le bas nylon comme petits cadeaux, mais popularisent un accessoire qui n’est pas courant ici, le serviette hygiénique en ouate. 

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A n’importe quelle époque trouble de l’histoire, il y a des personnages qui se glissent dans les coulisses pour faire fructifier leurs idées en bien ou en mal. Maurice Maréchal est l’un d’eux. Il fonde Le Canard Enchaîné en 1915. Il adopte d’emblée le ton qui sera le sien tout au long de son existence. Il rit de la guerre sans se moquer de ses victimes. Il brocarde les politiciens dans le rôle qu’ils jouent pour la plupart, des marionnettes au service de l’argent et du pouvoir. Mais qu’ils prennent garde, le justicier à plumes laissera des victimes tout au long de sa route. Il devient le symbole de la presse indépendante. Un autre personnage, beaucoup plus trouble, deviendra vedette à sa manière. Il utilise aussi la presse, mais à des fins plus diaboliques. Il cherche des dames par le biais des petites annonces, pour rencontre et plus si affinités. Selon ce que l’on sait, il en rencontra près de 300 dont une bonne dizaine disparurent sans laisser de traces. Il s’agit bien sûr du fameux Landru, l’un des plus mythiques criminels du 20ème siècle. N’oublions pas les femmes qui peuvent aussi alimenter les faits divers. En 1917, Mata Hari, danseuse légère fait courageusement face au peloton d’exécution. Elle est condamnée à mort pour faits d’espionnage, faits qui ne sont pas clairement établis sans toutefois l’innocenter complètement. Il est vrai qu’à l’époque on fusillait passablement au nom de la vérité qui n’est pas toujours bonne à dire.

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Le premier numéro du Canard .

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Landru et ses victimes « officielles »

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 La fameuse villa de Gambais où il sévit. Elle devint un but de promenade du dimanche et fut aussi montrée sur carte postale. Sur celle-ci figure un texte humoristique, un brin moral. 

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La belle Mata hari

Peu de grands nom de la mode brilleront au cours de cette guerre, mais il sont là. Coco Chanel s’apprête à conquérir le monde plus pacifiquement. En Russie, la révolutiond’octobre  va nous amener Monsieur Berlé, qui va mettre en orbite le Delineator, le soutien-gorge haute couture entièrement fait main et sur mesure. Il sera porté par les plus grandes stars. Mais les choses vont s’accélérer, diable la guerre est finie…

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A suivre