Nylon Bar

L'apéritif en nylon


Poster un commentaire

Des dessous pour un siècle (6)

19 02815 3

Fin de la guerre 14-18, l’armistice est signé le 11 novembre 1918, avec un cessez-le-feu prévu à 11 heures, notez la précision. Quoique les nostalgiques peuvent en dire c’est un désastre, 9 millions de morts, presque autant d’estropiés, il n’y a pas de quoi pavoiser. Sa plus grande conséquence n’est pas tellement le nombre de victimes, mais la modification définitive de la carte de l’Europe, pire on plante déjà le racines de la suivante après juste 20 ans de répit. Quatre empires qui correspondent à sa partie située à l’est disparaissent, allemand, austro-hongrois, ottoman, russe. Ce dernier n’est pas directement le fait de la guerre, mais de la révolution d’octobre 1917, qui voit la disparition du tsarisme au profit du communisme. Le reste de l’Europe est redessiné selon la volonté des vainqueurs, notamment par le traité de Versailles en 1919, qui signe une paix de convenance et condamne les vaincus à des réparations matérielles. Elles pèseront lourd dans la politique d’un certain Hitler qui n’est pour l’instant qu’un petit caporal inconnu dans une armée vaincue.

Malgré tout, la vie reprend ses droits et l’insouciance  ressort des tiroirs dans laquelle on l’avait rangée pendant quelques années. La mode est de nouveau en accès libre et se permettra quelques évolutions qui n’en seront que plus remarquées.

19 02815 9

Un petite révolution vestimentaire naît pendant la dernière année de la guerre. Bien que destinée aux enfants, elle fera son chemin. Sous le nom charmant de Petit Bateau, cette culotte habille les fillettes avec assez de persuasion pour que l’on renonce définitivement au corset quand elles seront un peu plus grandes. On détourne la célèbre chanson « Maman les P’tits Bateaux sont les culottes qu’il me faut ». Le corset peut être considéré comme un des vaincus de la guerre, il ira en decrescendo dans l’habillement des femmes, la gaine et le porte-jarretelles devenant la norme. Il suscitera néanmoins un intérêt qui ne se démentira jamais auprès des nostalgiques et des fétichistes.

19 02815 10

S’il est un domaine qui aura passablement aidé l’évolution de la mode, c’est bien le sport. Demandant toujours plus, il ne saurait s’encombrer de contraintes vestimentaires empêchant la performance. Bien sûr au temps de la première guerre mondiale, les femmes sont encore assez absentes du sport en général, on les préfère derrière les fourneaux plutôt que de les voir manier le marteau ou pire encore le lancer. Le tennis est une exception, les femmes y brilleront assez tôt. Sa première diva française, Suzanne Langlen (1899-1938), crée la sensation en se présentant sur les courts vêtue d’une jupe plissée cachant à peine les genoux, les jambes habillées de bas blancs, enfin plutôt des longues chaussettes fines s’arrêtant au dessus du genou.  C’est une grande joueuse et championne qui a du mordant et se donne à fond dans son art. Sa jupe virevoltant, laissant entrevoir le haut de ses bas, ne sont pas étrangers à un oeil complaisant de la part des hommes et une source d’inspiration pour les dames, sans toutefois ne susciter que des éloges, il y a des coincés dans tous les domaines, y compris dans le sport. Le tennis sera toujours un lien entre la mode, le sport, et l’élégance.

19 02815 4

L’issue de la guerre amène une autre manière de concevoir l’habillement qui sera la mort à petit feu d’un tas de petits artisans modistes, la confection. Il faut bien relancer l’économie, l’industrialisation de la fabrication du vêtement est une possibilité qui n’échappe pas aux économistes. Des empires se bâtiront dont vous connaissez encore certains noms. Pour faire la nique aux privations de la guerre et oublier ses horreurs, on entre dans une période que l’on surnommera les années folles, tant il est vrai que c’est le mot d’ordre. Nul doute que nous y trouvons les prémices de la société telle que nous la vivons aujourd’hui.

19 02815 5

Le féminisme qui a pris racine au tournant du siècle continue de franchir allègrement les étapes. En 1922, Victor Magritte publie un roman, La Garçonne couronné par un énorme succès de librairie, un million d’exemplaires seront vendus en quelques années. Comme beaucoup de choses qui voient le jour dans un société pas encore très permissive, il fera scandale mais tout le monde a envie de le lire. Il pose un fait saillant de l’époque, la libération de la femme qui demande le doit de faire ce qu’elle a envie. Elles sont les cheveux courts, fument comme des pompiers en employant un porte -cigarette, pratiquent le libertinage, et portent des bas clairs, ce qui correspond à la couleur chair qui deviendra un standard. L’effet  le plus visible de cette teinte, c’est qu’il laisse entrevoir la peau, chose quasi extravagante pour une dame qui veut arborer une tenue dite correcte. Ma mère qui était dans une école de bonnes soeurs dans Italie natale, m’a raconté qu’on les obligeait à porter deux paires de bas pour gommer leur transparence. On ne plaisantait pas avec ce que l’on considérait comme de la décence. Les atours de la garçonne ne s’arrêtent pas au fait de porter des bas clairs, les jupes droites se raccourcissent sensiblement, les jambes sont visibles dans la rue et pas seulement pendant la pratique du tennis. La silhouette générale se résume à deux mots, celle du haricot vert. Si l’on soulève la jupe, on constate que les sous-vêtements sont légers, une combinaison, une culotte. Le porte-jarretelles est présent, mais pas systématique, on utilise encore les jarretières. Le corset cède la place à la gaine pour celles qui sont un peu dodues. Il ne manque plus que le soutien-gorge pour parfaire le tout. Il devient une pièce maîtresse avec une nuance créé par Cadolle, l’aplatisseur. C’est une sorte de brassière qui comprime pour donner une forme qui s’approche de celle que l’on considère alors comme idéale, celle du haricot vert. A l’intérieur la femme adopte le pyjama, qu’elle vole carrément à son mari, dans une version féminine plus décorative. Ce pyjama est une invention récente, milieu du 19 ème siècle. La raison de son existence est surtout pratique, Il est importé par les colons britanniques qui l’utilisent en Inde pour se protéger des moustiques. L’origine du mot vient de l’hindi.

19 02815 6

La garçonne, femme considérée comme légère, ne manquera pas de faire des envieuses chez les femmes appartenant à la bourgeoisie. Ces dernières, femmes bien évidemment du haute tenue morale, feront quand même quelques concessions aux garçonnes en ayant l’air de se la jouer comme une version de 50 nuances de gris version 1925.

Le débarquement des garçonnes dans la société ne manque pas de susciter des commentaires ironiques dans les journaux. Ici en 1923.

19 02815 7

19 02815 1

L’actrice américaine Louise Brooks (1906-1985) fut une icône du style garçonne. Bien que sa carrière se résume essentiellement au cinéma muet, elle est saluée aujourd’hui comme une grande actrice par les plus grands réalisateurs

Quelques faits qui concernent directement les femmes

1920 – La contraception est désormais un délit en France. Il faudra la loi Veil en 1975 pour que l’avortement soit légalisé. Entre les deux, que de drames. Les Etats-Unis donnent le droit de vote aux femmes, c’est une victoire pour elles.

1921 – Instauration aux Etats-Unis d’un centre de conseil pour le contrôle des naissances. Malgré le conservatisme dont on veut bien affubler les Anglais, on diffuse des méthodes de contraception dans les quartier pauvres. Et dire que les Anglais n’ont jamais fait la révolution. Premier concours de Miss America aux Etats-Unis.

1924 – Le bac a un programme commun pour filles et garçons. La philosophie est enfin affaire de femme.

19 02815 8

La guerre peut parfois produire des héros inattendus, sympathiques, et un peu faire oublier la grande connerie des lobotomisés du pouvoir. En 1918 en Lorraine, un caporal américain, Lee Ducan, découvre une femelle berger allemand et ses cinq chiots. Adoptés par l’armée, le seul survivant arrive en Amérique avec Duncan. Il remarque que ce chien a des dons exceptionnels, il est capable de sauter une palissade de 4 mètres. Remarqué par le producteur Darryl Zanuck, il tourne dans une série de westerns muets à partir de 1923 et devient la première star animale du cinéma. Il s’appelait Rintintin. Il est mort à 15 ans en 1932, un âge normal pour un chien. Il est enterré au cimetière des animaux à Asnières. 

A suivre


Poster un commentaire

Miss Eva et le Boss en raccourcis sur la suggestion

20 032215 6

Comme disait ce riant personnage, je résiste à tout sauf à la tentation. Mais la tentation ne vient pas toujours d’une manière spontanée. Si vous agitez un biscuit en évidence sous le regard de votre toutou préféré, il va vite comprendre que c’est pour lui. Le pauvre va devenir un peu foufou si vous tardez à le lui donner. Vous lui avez suggéré que vous alliez lui donner un biscuit, il n’y a pas de raison qu’il ne cède pas à cette tentation que vous avez allumée en lui.

En matière d’érotisme, il en va de même. Que ce soit animal ou humain, il appartient souvent à la femelle d’inciter son partenaire à faire autre chose que de jouer au scrabble. Si chez les animaux cet appel peut prendre des formes extrêmement diverses, chez l’homme ils sont moins nombreux, surtout on les connaît parfaitement bien. L’homme ou la femme peuvent se partager le rôle qui consiste à se signaler au sexe opposé. Cette tendance, essentiellement visible dans les pays occidentaux, s’est encore affermie depuis que la femme a plus ou moins conquis sa libération. Il reste que les critères diffèrent sensiblement dans ce qui peut paraître attractif chez l’autre sexe. Une belle bagnole, un beau mec bâti tout en muscles, une belle situation, peuvent être déterminants pour certaines femmes. Mais il est généralement admis que la femme est plus cérébrale, un homme cultivé, intelligent, ayant le sens de l’humour, peuvent aussi faire l’affaire au détriment d’un physique canon. L’homme, lui, est plus sensible à la beauté, au physique, sois belle et tais-toi n’a certainement pas été prononcé pour la première fois par un homme pionnier de l’émancipation féminine. Dans la plupart des cas, la femme a besoin de se sentir en confiance avant d’entamer une relation sérieuse avec un homme, l’homme peut trouver une femme désirable presque instantanément. 

La femme a un avantage certain sur l’homme, c’est là que nous entrons dans la suggestion, elle peut faire valoir toute une panoplie d’artifices pour se signaler à l’autre. Cela a toujours existé, du moins depuis l’antiquité, on ne sait pas trop pour la préhistoire où il semble que les vêtements étaient plutôt unisexes. La différence est moindre depuis quelques dizaine d’années, mais elle était parfois énorme dans le passé. De la femme, on ne voyait guère que la tête et de temps en temps un joli décolleté, c’est tout. Tout le reste n’était que suggestion, une invitation au voyage si l’on peut dire. J’imagine assez bien le visage congestionné de certains chevaliers revenant de guerre, reluquant une belle dame de la cour. Ils devaient avoir les armures chauffées au rouge, surtout à la hauteur de leur espace de jeu personnel. 

Passons les siècles et venons au temps présent. Le choix des critères a bien changé, pas tellement en nombre, mais plutôt en visibilité. Ce qui était caché dans d’insondables profondeurs, que seules les spéléologues attitrés avaient le droit d’explorer, ne l’est plus autant bien qu’il subsiste toujours une frontière, celle que l’intéressée veut bien poser. Nous sommes toujours dans la suggestion, mais en version light. Il ne reste souvent qu’une épaisseur de tissu, c’est justement elle qui donne tout son charme à la suggestion.

J’ai toujours adoré la suggestion, elle rejoint et s’accorde avec mon fétichisme. Ce fétichisme peut prendre des formes diverses selon la personne, c’est affaire de goût. Bien sûr vous vous doutez bien que pour moi il tourne autour du bas nylon. Il y a certainement très peu d’hommes qui ne fondent pas devant une dame qui porte des bas, même si celui-ci pour être associé à d’autres formes de fétichisme, il agit alors comme complément. Qu’une femme laisse suggérer qu’elle porte des bas nylons, le seul, le vrai, que vous aimiez la brouette cosaque, le tournevis enchanté, ou encore le presse-purée farceur… assaisonné avec une pincée de nylon… la femme chef d’orchestre mène son monde à la braguette!

Jouons au jeu de la suggestion, pour cela j’ai fait appel à la complicité de mon Ambassadrice, Miss Eva. Vous n’êtes pas sans ignorer, j’espère, qu’elle ne porte que des bas. Avec quelques photos qui n’en laissent rien paraître, sinon ce que vous pourriez apercevoir si vous la rencontriez, vous admettrez que la suggestion c’est très fort… 

20 032215 4

20 032215 3

20 032215 2

Et d’une manière tout aussi suggérée quelques…

20 032215 1

Merci à Miss Eva pour sa précieuse collaboration


Poster un commentaire

Des dessous pour un siècle (5)

26 021415-3

En été 1914, l’Europe s’embrase c’est la guerre. C’est un fait, la guerre a ses saisons. On les déclenche plutôt pendant le printemps ou l’été, on évite ainsi les rigueurs de l’hiver qui peuvent être le pire ennemi des armées. Selon les prévisions toujours optimistes, la guerre sera courte, mais on le sait c’est rarement le cas. Il n’est pas dans les propos de notre article d’en expliquer le pourquoi et le comment, mais la France y est engagée. Son ennemi le plus direct est une fois de plus l’Allemagne. Contrairement à celle de 39-45, c’est seulement le nord du pays qui est envahi. L’invasion allemande est stoppée, mais le principal problème sera de la faire reculer. A l’arrière, pourquoi le cacher, la vie est plutôt belle pour certains. On pense bien aux soldats qui tombent comme au tir de la fête foraine, assis derrière son bureau d’état-major ou en prenant l’apéritif.

26 021415-8

26 021415-7

L’assassinat de l’archiduc d’Autriche considéré comme le détonateur de la guerre, ne semble pas avoir retenu toute l’attention de l’opinion mondiale lors de l’événement, Témoin ce journal daté du lendemain de l’assassinat qui affiche en première page la victoire du boxeur Jack Johnson, affublé du terme de nègre. L’assassinat est relégué  en page trois. Un mois plus tard c’est la guerre. 

La mode continue d’exister, elle subit les influences de la guerre d’une manière modérée. Le plus souvent on se débrouille. Le manque de certaines matières premières ne sera pas aussi marqué que dans l’autre grande guerre, on ne subit pas cette mise à sac qui sera un de ses faits marquants. Le nord occupé et par définition ses usines textiles, rendra certaines matières comme la flanelle, plus rares. Mais qu’importe, il y a des fabricants de textiles en zones tranquilles, Lyon, le Midi. Le jersey sera une des composantes des sous-vêtements. Autre fait notoire, les jupes raccourcissent. On commence d’apercevoir, comble de bonheur, les chevilles. Le vainqueur vestimentaire de cette guerre est sans doute le soutien-gorge, de plus en plus adopté. Il fait reculer le corset. Normal, avec un soutien-gorge on a plus tellement besoin de corset, un gaine ou un porte-jarretelles pour tenir les bas, une culotte pour parachever le tout, on entre dans l’ère moderne.

26 021415-1

Pour la première fois, la femme va pouvoir vraiment se mettre en évidence. Pas tellement en affichant un nouveau chapeau, mais en remplaçant l’homme absent de ses travaux. La paysanne devra diriger l’art de  faire les foins, l’ouvrière travailler dans les usines d’armement, la mère devient chef de famille.  Le débarquement des Américains aura une conséquence capitale pour l’évolution de la femme, ou plutôt le débarquement des Américaines. En effet, de braves dames viennent droit direct de chez l’Oncle Sam pour soigner les blessés. A côté de nos bonnes ménagères et paysannes, elles ont une liberté de faits et gestes qui les posent en révolutionnaires des moeurs nationales. Elles fument, ont les cheveux courts, osent sortir seules. De quoi donner quelques idées à nos consoeurs, ce qui ne manquera pas d’arriver. Elles n’apportent pas encore le bas nylon comme petits cadeaux, mais popularisent un accessoire qui n’est pas courant ici, le serviette hygiénique en ouate. 

26 021415-2

26 021415-9

26 021415-10

A n’importe quelle époque trouble de l’histoire, il y a des personnages qui se glissent dans les coulisses pour faire fructifier leurs idées en bien ou en mal. Maurice Maréchal est l’un d’eux. Il fonde Le Canard Enchaîné en 1915. Il adopte d’emblée le ton qui sera le sien tout au long de son existence. Il rit de la guerre sans se moquer de ses victimes. Il brocarde les politiciens dans le rôle qu’ils jouent pour la plupart, des marionnettes au service de l’argent et du pouvoir. Mais qu’ils prennent garde, le justicier à plumes laissera des victimes tout au long de sa route. Il devient le symbole de la presse indépendante. Un autre personnage, beaucoup plus trouble, deviendra vedette à sa manière. Il utilise aussi la presse, mais à des fins plus diaboliques. Il cherche des dames par le biais des petites annonces, pour rencontre et plus si affinités. Selon ce que l’on sait, il en rencontra près de 300 dont une bonne dizaine disparurent sans laisser de traces. Il s’agit bien sûr du fameux Landru, l’un des plus mythiques criminels du 20ème siècle. N’oublions pas les femmes qui peuvent aussi alimenter les faits divers. En 1917, Mata Hari, danseuse légère fait courageusement face au peloton d’exécution. Elle est condamnée à mort pour faits d’espionnage, faits qui ne sont pas clairement établis sans toutefois l’innocenter complètement. Il est vrai qu’à l’époque on fusillait passablement au nom de la vérité qui n’est pas toujours bonne à dire.

26 021415-13

Le premier numéro du Canard .

26 021415-15

Landru et ses victimes « officielles »

26 021415-11

 La fameuse villa de Gambais où il sévit. Elle devint un but de promenade du dimanche et fut aussi montrée sur carte postale. Sur celle-ci figure un texte humoristique, un brin moral. 

26 021415-14

La belle Mata hari

Peu de grands nom de la mode brilleront au cours de cette guerre, mais il sont là. Coco Chanel s’apprête à conquérir le monde plus pacifiquement. En Russie, la révolutiond’octobre  va nous amener Monsieur Berlé, qui va mettre en orbite le Delineator, le soutien-gorge haute couture entièrement fait main et sur mesure. Il sera porté par les plus grandes stars. Mais les choses vont s’accélérer, diable la guerre est finie…

26 021415-4

A suivre


2 Commentaires

A la recherche du nylon perdu et de son fétiche

Fétichisme et nylon, ça vous tente?22 011514-7

Les gens d’un certain âge, ceux qui ont vécu au minimum leur enfance dans les années 50 ou 60 sont parfois hantés par de drôles de souvenirs. Le bas nylon peut faire partie de ces souvenirs. Je suis même à peu près sûr qu’il en fait partie. Sans trop avoir l’air d’y toucher, je me souviens de commentaires à peine téléphonés de mes camarades d’enfance. Bien qu’ils aient eu un regard innocent, on sentait qu’ils avaient remarqué cette chose, si simple et banale pour l’époque, les filles, les dames portaient des bas. On dit souvent qu’il suffit d’interdire quelque chose pour que tout le monde soit intéressé et curieux d’y goûter. C’est assurément très vrai quand cette chose prend le goût d’une aventure un peu personnelle, quelque chose qui n’est pas faisable par tout le monde selon les circonstances.  Rouler en excès de vitesse est une chose très banale, tout le monde peut le faire, le goût de l’interdit a peu de saveur, excepté peut-être un très gros excès de vitesse. Par contre, regarder discrètement sous la jupe d’une fille en 1963. là c’était un interdit savoureux.

22 011514-6a

Le fétichisme peut prendre bien des visages, c’est un goût avant tout personnel, l’aboutissement de la concrétisation d’un plaisir purement sensuel. Il y a encore 50 ans, certains psychologues qui roulaient encore en chars à boeufs quand d’autres allaient déjà sur la Lune en fusées, classifiaient les fétichistes comme des impuissants. Pour eux, il était exclu qu’on arrive à l’extase sans la présence de ce fétiche, ne serait-ce qu’en pensée. Si dans certains cas c’est sans doute vrai, pour moi le fétiche n’est qu’un détonateur qui donne l’envie d’aller plus loin quand on sait que c’est possible. Je précise bien quand c’est possible. Voir une femme porter des bas nylons ne me donne pas forcément l’envie de coucher avec elle. Je vais regarder cela en connaisseur et en éprouver un certain plaisir, je dirais artistique. Par contre, si j’ai rendez-vous avec une amoureuse et qu’elle porte des bas pour me faire plaisir ou pour le sien propre, la donne sera complètement changée. La mèche est allumée, en attendant que ça pète, il faudra un sacré coup de vent pour l’éteindre.

22 011514-5a

Ma première relation sexuelle pour de vrai, j’avais 15 ans, ne fut absolument pas axée sur le bas nylon, elle n’en portait d’ailleurs pas. Même pendant toute la durée de cette entrée dans le monde des grands, je n’ai pas un seul instant pensé à un bas nylon. J’en garde un souvenir plaisant et diffus, surtout les aiguilles de sapin qui nous piquaient les fesses, mais ça c’est une autre histoire. Pendant plus de la quinzaine d’années qui suivirent, il ne fut jamais question de bas entre moi et mes copines, bien que dans un cas une en portait, mais nous ne sommes pas allés au-delà de quelques roulements de pelle. Je suis un fétichiste, je l’avoue sans aucune peine, mais pas de l’espèce décrite par ces psychologues de pacotille imprégnés de morale religieuse. Si j’en suis un, j’ai mis bien longtemps avant de considérer la chose sous un angle « scientifique ».

22 011514-4a

Je suis persuadé qu’on ne devient pas un fétichiste du bas nylon aujourd’hui comme en 1960. A cette époque, le bas habillait toutes les jambes. On savait qu’il y avait une partie visible accessible à tous et une autre invisible, réservée à l’intimité ou au coup de hasard qui nous en révélait la vision. C’est là l’interdit dont je parlais plus haut. Voir une lisière, une jarretelle, avait ce goût et on pouvait avoir l’impression d’avoir transgressé cet interdit, même si le spectacle nous était révélé par un banal incident. Il y avait une frontière mentale qui nous donnait ce goût pour le fétichisme.

22 011514-8a

Une femme qui porte des bas aujourd’hui est un choix personnel, pas une obligation, du moins j’ose l’espérer. De cette chose normale il y a 50 ans, il ne reste pas grand chose sinon des beaux souvenirs dans la mémoire de certains. Le bas, lui, est resté en continuant son voyage à travers les regrets plus ou moins avoués de ceux qui l’ont apprécié au moment de sa présence presque banale. De ce fait, la donne a complètement changé, la relation entre l’homme et la femme qui porte des bas se joue dans un registre complètement différent.

22 011514-3a

Entre ancien et nouveau fétichiste, la frontière se situe au niveau de l’âge. Les hommes nés avant 1960, avec une proportion de plus en plus forte quand on remonte dans le temps, font partie de l’ancienne école. Il n’y a pas savant calcul là-dedans, il suit le déclin du bas nylon en rapport avec l’âge que pouvait avoir un enfant qui commence à comprendre certaines choses. Après cette date, le bonhomme aura de fortes chances de découvrir et de s’adonner à un fétichisme du bas nylon par une découverte autre que celle de quelqu’un de son entourage qui porte des bas. Le cinéma, les revues de plus en plus nombreuses au fil du temps, les clips vidéos sont autant d’hameçons sur lesquels il a pu mordre. Evidemment, il ne va pas forcément devenir un de ces fétichistes là, mais il faut bien admettre que le bas nylon fait partie des très fortes demandes masculines, peu importe les raisons. Quoiqu’il en soit, l’approche va être différente. Les anciens seront plus portés vers une certaine tradition qui reproduira les souvenirs anciens avec une silhouette de la femme qui correspond. Il verra plus facilement la femme du début des années 60 ou avant comme modèle. Il préférera les bas à coutures, les talons, à tout le reste. Les plus jeunes ont moins de repères, on pourrait dire qu’ils se sont formés sur le tas, prenant le bas comme il vient. Ils n’ont pas suivi toute l’évolution, l’âge d’or, la presque disparition, le retour d’abord timide, puis un certain renouveau. Pour lui, un porte-jarretelles et des bas de grande surface suffisent dans la plupart des cas à alimenter son fétichisme. Les vétérans du bas nylon comprendront mieux ce que je veux dire.

22 011514-2a

Pour les femmes c’est un peu différent en admettant qu’elles ne portent pas des bas par fétichisme. L’essentiel du parcours est le même à la différence qu’elles sont les actrices. Une dame de 60 ans qui porte des bas ne le fait pas de la même manière qu’une de 20 ans. Pour la première, cela peut sembler une continuation ou une répétition. Elle a dans un coin de sa mémoire les gestes, les petites astuces, qui font que la main est sûre quand elle enfile ses bas. Pour la seconde, c’est une découverte et un apprentissage. Des questions évidentes pour les unes, comme la culotte en dessus ou dessous du porte-jarretelles, ne le sont pas pour les autres.

22 011514-1a

Le fétichisme est une chose qui se promène dans l’air du temps, il fait appel au présent ou au passé. Il attend l’avenir pour faire sa mutation- Peut-être dans 100 ans, le fétichisme du bas nylon aura complètement ou presque disparu. Qui sait par quoi il sera remplacé? Un accessoire porté par les extraterrestres venues nous rendre visite dans leur soucoupe volante?

Il bien évident que cet article reflète ma vision du fétichisme, elle ne saurait être celle de tout le monde. Toutefois, c’est un tendance qui est ressortie sur les nombreuses discussion que j’ai eues sur le sujet

 


2 Commentaires

Quand les bas perdirent la guerre

26 121414-9

Je pense qu’il est difficile pour une personne de moins de 50 ans de se faire une idée exacte de la transition entre le bas et le collant. La plupart n’ignorent pas que le collant n’a pas toujours existé, du moins en tant que sous-vêtement courant dans la garde robe des dames et demoiselles. Pendant des siècles le bas régna en maître quasiment sans partage, tant sur les jambes masculines que féminines. Il disparut des jambes masculines avec la disparition de la noblesse, celle de la cour des rois. Aussi loin que remontent nos connaissances de l’histoire ancienne, la chaussette ou quelque chose qui lui ressemble,  semble avoir été présente dans bien des civilisations. Le terme de chaussette, chaussure, est un dérivé de l’évolution du langage francophone parti de chausses qui concernait l’habillement du pied et de la jambe  Elle avait une fonction uniquement protectrice, principalement contre le froid. Selon les cultures, elle peut prendre des aspects divers. Par exemple, certains paysans des Andes avaient l’habitude d’enfiler des boyaux d’animaux en guise de chaussettes. Ce n’est sans doute pas le dernier cri de l’élégance, mais cela avait l’avantage d’utiliser à fond les ressources fournies par la nature, alliant efficacité et solidité, et permettre de substantielles économies, ces paysans n’étaient de loin pas tous millionnaires. Le bas est devenu une chasse gardée féminine au fil du temps.

26 121414-8

Le collant est une invention beaucoup plus récente historiquement. Il n’est pas une création spontanée, mais la succession d’une évolution sur un bon siècle. Il est un dérivé du caleçon masculin tel qu’il est porté depuis le cours du XIXème siècle. Il abandonne toutes les fantaisies qui ornaient aussi le bas masculin, dentelles, décorations, il devient sobre et de teinte unie. Il est destiné avant tout aux sportifs, permettant une certaine aisance de mouvement alliée à une tenue décente. Plus tard, il sera accaparé par les danseurs pour les mêmes raisons. A partir des année 40, on peut voir des femmes l’arborer sur des affiches de cinéma. Sa matière pendant longtemps reste la soie, le coton, la laine, rarement le nylon après son invention. La raison en est simple, le nylon se prête assez mal à sa confection, rappelons qu’il n’est pas extensible et c’est une matière encore assez rare juste après la guerre, la confection d’un collant demande beaucoup plus de matière première. Ce n’est qu’avec l’invention du nylon extensible dans les années 50 que l’on peut envisager la fabrication du collant. Il lui faudra encore une grosse dizaine d’années avant de conquérir les foules, lui-même aidé par une révolution vestimentaire, la minijupe.

26 121414-4

Son invention n’en est pas vraiment une, c’est plutôt une remise au goût du jour de vêtements plus anciens. N’allez pas croire que la minijupe apparut à la cour des rois de France. Pensons à Astérix et rappelons-nous comment étaient habillés les Romains qui se font casser la gueule. Cela ressemble assez fortement à une minijupe, dépourvue du côté sexy que l’on peut y trouver aujourd’hui, quoiqu’il ne faut pas présumer de ce que pouvaient penser les gens de l’époque. Les Grecs portaient aussi des vêtements assez semblables, on peut considérer cela comme une mode du côté de la Méditérranée. Remarquons aussi qu’une fois de plus, c’est aussi un truc plutôt masculin. Plus près de nous, Joséphine Baker qui n’observait pas de régime, mais se le mettait autour de la taille sous forme de bananes, créa aussi une sorte de minijupe. Les joueuses de tennis arborent aussi des jupes courtes. L’apparition de la minijupe version moderne date de 1962, c’est la styliste Mary Quant qui ne l’invente pas, mais la met au goût du jour. Nul doute que quelques unes de ces demoiselles sont tentées de l’essayer. En été quand il fait chaud, pas de problèmes. La demoiselle, une fois l’hiver venu, se trouva fort dépourvue. On voyait la lisière de ses bas et même ses jarretelles. Voilà la raison qui fit que  le collant commença à les intéresser, un intérêt qui ne laissa pas les fabricants indifférents. Timide jusqu’en 1965, cette année sera vraiment la charnière de l’envol du collant vers sa consécration définitive.

26 121414-5

Puisque que j’ai vécu cette époque à un âge assez avancé pour m’en rendre vraiment compte, je vais me faire historien pour vous en citer quelques souvenirs qui témoignent de cette transition, de cette guerre qui porta un coup presque fatal à notre bas bien aimé.

26 121414-3

Nous sommes donc en 1965, le Boss fréquente l’école de son petit village. Ce petit coquin s’intéresse déjà à ce qui se passe sous les jupes des filles, à vrai dire, cela fait déjà quelques années qu’il en connaît les grandes lignes, qu’il se paye des jetons comme on dit. Gare à la fille qui par malheur laisse entrevoir une lisière de bas et un bout de jarretelle, il note et photographie chaque scène dans sa mémoire avec la précision d’un Nikon. Plus tard, beaucoup plus tard, il ne le sait pas encore, il créera un blog dans lequel il racontera pas mal de ses observations pour, il espère, la plus grande joie de ses visiteurs.

26 121414-6

Première pub pour un collant, tout à la fin 1964.

En cette fameuse année, je ne me doute de rien, je suis la mode surtout musicale. Mon premier électrophone me permet d’écouter et d’acheter mes premiers disques. Je me prends de passion pour un groupe qui va devenir légendaire, les Yardbirds. Dans ma classe, il y a bien sûr des filles. Elles portent toutes des bas, du moins celles qui sont en âge de le faire. Le collant n’a pas encore franchi les frontières du village. Une sorte de permis de porter des bas leur est accordé vers l’âge de 12 ans. Le phénomène est conjugué parfois avec le nombre de soeurs. Quand elles se suivent de près, l’aînée devra attendre que la cadette soit en âge de le faire, pensez-donc les crises de jalousie. Il est vrai que porter des bas est alors un acte de promotion sociale incontournable. On est pas encore une dame, mais alors plus du tout une petite fille. On pourrait penser la même chose de maintenant, mais je crois que la différence est grande. Les filles portent toutes plus ou moins des collants en étant petites, en laine, en coton. Quand elles mettent de véritables collants, seule la matière change et encore. A l’époque c’était complètement différent, on passait de la chaussette montante ou de ce que l’on appelait bas-culotte (un collant élémentaire souvent tricoté par maman), au cérémonial de l’enfilage du bas. Enfiler un porte-jarretelles, un gaine, attacher les bas, éventuellement vérifier si la couture est droite avec un bas couture pas si rare que cela, j’ai vu de mes jeunes copines en porter. Quel différence entre le fait d’enfiler un simple collant. C’est aussi une des raisons qui feront que par la suite, les femmes trouveront le collant pratique. Mais avant 1965, porter des bas est visible, tout un chacun peut s’en rendre compte et imaginer la profonde fierté arborée par ces demoiselles, le prince charmant est déjà en train de seller son cheval.

26 121414-1

Dans ma classe, il y a potentiellement une dizaine de filles qui peuvent porter des bas, mais elles ne le font pas toutes en même temps. Le plus souvent, c’est des pantalons et pendant l’été les bas disparaissent pratiquement, rangés dans les tiroirs. J’ai déjà passablement rencontré ailleurs sur mon blog, les observations qui me sont restées en mémoire, c’est à dire pratiquement toutes. Il y en avait au moins cinq qui portaient régulièrement des bas, c’est dire si elles m’intéressaient particulièrement, ce sont elles dont je peux encore citer les prénoms et ma foi au cours de ma vie, je les ai toutes revues à différentes occasions, une est malheureusement décédée d’un cancer. Pour autant que je le sache, elles portent plutôt des gaines, excepté une, ma voisine dont j’ai vu le porte-jarretelles sur un séchoir. 

Il me faut bien sûr élargir mon champ d’observation, car si je restais concentré sur mon village je n’aurais que peu de choses à raconter, il ne faisait de loin pas l’inspiration des grands couturiers. J’ai quitté cette école en 1966, pour aller dans une classe supérieure et un collège où il y avait plusieurs centaines d’élèves. La  minijupe n’a fait que quelques timides apparitions dans les lieux que j’ai fréquentés, on peut presque les compter sur les doigts de la main. Les parents avaient encore bien des réticences à laisser leur fille porter ce genre de chose. Ce n’est qu’à partir de 1967, que les apparitions furent plus nombreuses, tant dans la rue que les écoles. Toutefois cela restait encore bien sage au niveau de la longueur, disons que c’était plutôt raccourci, on était pas à Paris. 

26 121414-10

Si je reprends une vue générale, tous âges confondus, du changement bas pour collant, je peux souligner avec certitude les faits suivants…

Le collant fut d’abord adopté par celles qui se mirent à porter des minijupes, c’est à dire les adolescentes, à partir de 1965.

Les dames d’un âge plus avancé  firent la transition beaucoup plus lentement, d’abord on peut dire avec une certaine réticence, tout en gardant une bonne longueur de jupe.

Les dames d’un âge certain, au-delà de 60 ans, ne le firent pratiquement pas et continuèrent à porter des bas.

Les demoiselles  d’alors qui sont les dames d’aujourd’hui et qui ont à peu près mon âge, qui tronquèrent bas pour collants entre 1965 -1970, 71, peuvent se représenter sur une courbe de Gauss ou courbe en cloche.

26 121414-7

Après cette précision toute scientifique, encore un point, la dernière fois que j’ai aperçu une jeune demoiselle qui portait des bas, c’était en 1971. Je pense que c’est un fait assez rare à l’époque, bien que je n’avais pas des yeux qui pouvaient voir à travers les tissus. Je le regrette encore aujourd’hui!

Bien sûr, le bas n’a jamais complètement perdu la guerre, mais il a perdu une sacrée bataille. Heureusement depuis quelques années son renouveau est certain. 

26 121414-11


2 Commentaires

C’est bas triste



Pour commencer une petite histoire absolument véridique, mais dont je ne suis pas la vedette.

Un salle de tribunal de simple police avec un monsieur d’un certain âge appelé à comparaitre comme en dit en langage juridique.
Résumé des faits: l’accusé est accusé, c’est le cas de le dire, d’importuner une jeune demoiselle qui habite dans le même immeuble. Le monsieur un peu gêné se fait admonester pas le président, comme quoi ce n’est pas très élégant de sa part de s’intéresser d’un peu trop près à cette demoiselle qui n’a que faire de ses avances. Bon l’accusé, après une promesse de la laisser tranquille, s’en tire avec le minimum de la peine prévue au code pénal, l’affaire est classée et la plainte retirée devant ses engagements. Pour conclure le président demande à l’accusé s’il a quelque chose à ajouter. Oui, mais à voix basse…
– Et pourtant je suis sûr qu’elle porte des bas!

Seconde histoire qui celle-là me concerne directement et pour cause.

J’avais la réputation d’être un solide célibataire et personne ne me connaissait de petite amie. En réalité j’ai toujours été très discret et je n’ai jamais mélangé ma vie sentimentale avec mes amitiés. De temps en temps, je filais retrouver une copine où je l’amenais chez moi surtout le weekend. Un soir, un peu parti en fête, j’ai amené un bande de copains-copines pour boire le traditionnel dernier verre à la maison. On était une petite dizaine de personnes dans mon salon,chacun en discussions selon les affinités. Tout d’un coup, j’entends un rire et voilà qu’un des invités extrait d’un sac exposé bien visible, tout un attirail de lingerie sexy, porte-jarretelles, bas, guêpières et le montre sans discrétion. On m’a vite demandé si de temps en temps je ne jouais pas au travelo dans mes soirées solitaires. Euh… j’avais un peu l’air con et les gens sont si méchants que ma réputation était pour ainsi dire faite.
En réalité, ma copine de l’époque avait tout simplement oublié une partie son assortiment de lingerie posé sur un coin de la bibliothèque, en rentrant chez elle le dimanche soir. Sur le moment, j’étais furax. Mais pour ne pas être en reste, j’ai invité tout le monde au bistrot un autre soir et pour une fois je leur ai présenté mon amie, à charge pour elle de sauver mon « honneur ». Ce qu’elle a fait sans se faire prier. Elle n’avait d’ailleurs pas à tenir secret son goût pour la lingerie. Une dizaine de témoins en avait vu une partie…

Troisième histoire, où je fus juste un témoin

Quand il m’arrivait de monter à Paris, j’avais pris l’habitude d’aller rendre visite à un petite boutique de lingerie vers le boulevard Clichy. Cela me permettait de faire quelques achats pour la copine du moment,  j’y allais pour affaires et elle n’était que rarement présente.   La boutique offrait des articles de qualité que j’aurais eu de la peine à trouver où j’habitais. Cette boutique était tenue par un charmant couple et nous étions, au fil des visites, devenus presque des amis.  A vrai dire la clientèle était peu nombreuse et cela nous permettait de parler de la pluie et du beau temps et aussi pas mal de lingerie, car le proprio en était absolument dingue. Sa femme n’était pas en reste et argumentait de point de vue féminin. Voici un couple bcbg, visiblement pressé, qui entre.  La femme demande à voir des bas à couture, comme ceux qu’elle portait, précise-t-elle en s’adressant à la patronne,  en faisant demi-tour pour les lui montrer.  La patronne hésite et sort de derrière son comptoir pour faire le tour de la dame, un peu intriguée. J’avais compris le pourquoi de la chose, car bien sûr je n’avais pas regardé le plafond pendants ce temps-là. Les bas sans doute tenus par un porte-jarretelles inadéquat, avaient la couture qui était plutôt sur le côté de la jambe que bien aligné derrière.  La patronne lui offrit d’aller dans la cabine d’essayage afin de remettre les choses en place. Ce qu’elle fit sans se prier et repartit fièrement, les coutures bien droites, avec une nouvelle paire de bas à couture dans son sac.

Parfois les photos m’inspirent. En regarder une et voir ce que l’on pourrait en tirer d’amusant avec la complicité involontaire du photographe.



Poster un commentaire

Le petit chaperon voit rouge

Il était une fois une jeune fille très jolie qui était habillée tout en rouge, on l’appelait le Chaperon Rouge.

Un jour sa mère lui dit d’aller porter des bas à sa grand-mère qui habitait dans la forêt, car elle avait  avait filé sa dernière paire et il faisait très froid.

– Prends garde au loup, c’est un coquin, il rôde dans la forêt.

Elle alla dans sa chambre, enfila ses bas rouges, qu’elle fixa à  un porte-jarretelles de la même couleur et enfila une  petite culotte assortie.

Elle quitta sa maison, son petit panier à la main, contenant six paires de bas et se dirigea en chantonnant vers la maison de mère-grand.

Maître Loup errait dans les bois, il n’avait pas tellement faim, mais le printemps qui ne tarderait pas à venir le mettait dans de bonnes dispositions sentimentales. Alors, qu’il s’était arrêté pour rêvasser, il entendit un chant mélodieux  qui s’approchait de lui. Ecartant les buissons, il vit le Chaperon Rouge qui trottinait sur le sentier à travers bois.

– Diable, se dit-il, que voila une bien jolie fille, je ferais bien un brin de causette avec elle.

27 030715 7

Sortant de sa cache, il l’aborda:

– Ou vas-tu donc comme ça jeune fille?

– Je vais chez mère-grand lui apporter des bas, car elle n’en as plus une paire entière, mais dis-moi, on raconte que tu voles le petites culottes qui sèchent au vent.

– C’est une bien triste réputation que l’on me fait là, je n’ai pourtant volé que des poules et des lapins, il faut bien manger. Ta mère-grand porte des bas, ce n’est plus très à la mode, les femmes portent des collants maintenant?

– Oh ce sont des idiotes, les bas sont plus sexy.

– Laisserais-tu entendre que toi aussi tu portes des bas?

– Oui j’en porte tous les jours, cela plait aux hommes. D’ailleurs il ne fait pas chaud aujourd’hui.

– Ah j’aimerais bien voir!

– Ce n’est pas pour les vieux loups comme toi, tu ne verras rien, je file chez ma grand-mère, salut!

Le loup qui connaissait bien les bois savait où se trouvait la maison de grand-mère. Il fila à toute vitesse dans sa direction en prenant un raccourci. Arrivé , il frappa à la porte.

– Qui est là, questionna une voix chevrotante?

Le loup adoucissant sa voix répondit:

– C’est le petit Chaperon Rouge qui t’apporte des bas!

– Entre, j’avais tellement froid aux jambes que je me suis mise au lit en t’attendant. Tire la chevillette et la bobinette cherra!

Le loup entra, se précipita sur la bonne femme, l’assomma, enfila ses vêtements, puis la fourra dans un placard. Il se glissa dans le lit et attendit.

Un peu après, on frappa à la porte.

– Qui est là demanda le loup?

– C’est le petit Chaperon Rouge qui t’apporte des bas!

– Entre et viens t’assoir près de moi.

Le loup se cacha sous les draps, tandis qu’elle entrait. Il souleva discrètement les draps pour jouir du spectacle. La Chaperon Rouge releva sa jupe, réajusta lentement  ses bas,  retendit les élastiques de son porte-jarretelles. Le loup n’en perdait pas une miette. Elle  se dirigea vers le lit et souleva les draps.

– Mère-grand comme vous avez une jolie nuisette!

– C’est pour mieux plaire aux hommes mon enfant.

– Mère-grand, comme vous avez une belle culotte!

– C’est pour être plus sexy mon enfant.

– Mère-grand, comme vous avez de jolies jarretelles!

– C’est pour mieux tenir mes bas mon enfant.

A ce moment le loup se précipita sur elle et voulut l’embrasser.

Mais le Chaperon Rouge qui avait pratiqué les arts martiaux, lui fit une prise qui l’envoya s’asseoir dans la cheminée ou brûlait un bon feu. Ses poils s’enflammèrent et il se précipita dehors pour se jeter dans le puits.  Ne sachant pas nager, il se noya et on entendit plus parler de lui.

Moralité: avoir le feu au cul deux fois de suite, c’est une fois de trop!

27 030715 6