Nylon Bar

L'apéritif en nylon


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Le Boss à Paris – L’intégrale

Fin janvier, je suis allé à Paris pour diverses raisons. Au jour le jour, j’avais posté des petits articles qui résumaient mes petites aventures côté nylon, celles qui vous intéressent en priorité, j’imagine. Sous un seul et même article, j’ai réunis ces articles en les complétant par une vidéo, et cerise sur la gâteau, quelques souvenirs photographiques de ma rencontre avec Miss Nylon, article initialement publié sur BNMR.

Ach Paris, les bedites vemmes, comme dit dans un film

Arrivé sur le coup de midi avec 25 minutes de retard, merci la SNCF.  2 fois un arrêt en rase campagne, l’un pour une histoire d’aiguillage sûrement plus gelé que le contrôler, diable on est encore le matin, l’autre on sait pas, peut-être un pingouin qui partait en vacances dans le sud.

Bien sûr, la première chose c’est d’aller repérer l’endroit où le Boss va poser sa tête sur l’oreiller pour rêver à de nouvelles aventures où les bas nylons défilent comme à la parade du 14 juillet, devant le général Leboss. Premier point positif, l’endroit retenu est tout à fait charmant, option prise via Airbnb. En fait c’est la propriétaire des lieux qui met à disposition son appartement pour arrondir ses fins de mois. Intéressante personne très cultivée, une ancienne pro des voyages. Son studio est un véritable musée, des centaines de bouquins et d’objets ramenés de ses voyages. Et en plus elle a l’air de s’y connaître en musique, alors…

Aussitôt ma valise déposée, j’ai filé faire mon petit tour dans la ville dans cette ambiance que je connais depuis longtemps, j’y viens depuis 30 ans. De belles dames, aux jambes parfois ennylonnées, mais je n’ai pas aperçu la moindre lisière de bas, faut dire que j’ai pas vraiment cherché, j’essayerai de me rattraper plus tard, et qui sait, vous filer un petit instantané pris sur le vif, mais sans forcer l’indiscrétion, c’est pas mon genre.

Voilà pour ce premier billet parisien, tiens c’est la première fois que j’en fait un sur place,alors à bientôt pour de nouvelles aventures.

PS

Même le Boss bien parisien n’a pas la cervelle qui tourne au ralenti, quelques petites constatations made in Paris

Je crois bien que l’accordéon rend aveugle, j’en vu plusieurs aveugles en jouer

Les jeunes à Paris sont à l’évidence très fatigues et les vieux très alertes. Scène plusieurs fois constatée dans le métro où les jeunes sont assis et les vieux debout.

A Paris il y a deux catégories de fumeurs, ceux qui ont du feu et pas de cigarettes, ceux qui ont des cigarettes et pas de feu

En attendant,…

Ce qui j’ai vu…

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Et ce que j’aurais voulu voir…

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Alors aujourd’hui après une grasse matinée bien méritée, je me suis enfin levé pour passer à table dans un bistrot de quartier. Au menu une salade aux lardons, j’adore ça, suivie d’un filet à l’échalotte. On est bien dans la cuisine française populaire, ce qui n’est pas pour me déplaire. Cet après-midi, j’ai décidé d’aller faire les bouquinistes sur les berges de la Seine. Ce gens admirables. qui vous vendent dix fois plus cher ce que l’on arrive pas à vendre aux puces dix fois moins cher, sont quand même pour la plupart bien sympathiques. Reconnaissons quand même qu’il y en a parmi eux qui sont de véritables connaisseurs et qui vous proposent d’authentiques raretés. Je n’ai pas trouvé mon bonheur mais tant pis, je me suis bien promené et je dois avoir fait au moins une dizaine de mètres au kilo, ceux-là tout à fait gratuits. Je suis remonté en direction de la rue Saint-Denis, la rue qui me replonge toujours dans les barricades des Misérables de Victor Hugo, qui est peut-être mon histoire préférée. Je revois toujours le film dans la version avec Jean Gabin, celle que je préfère pour les acteurs qui tiennent l’affiche. Blier en infect Javert, Bourvil dans l’un de ses grands méchants rôles, sans oublier la belle Sylvia Monfort, la rousse incendiaire  et une grande actrice. Je passe sur Reggiani, Esposito, Delorme et quelques autres…

La chasse au nylon ne fut pas des plus fructueuses, mais un peu mieux qu’hier. Une paire d’auto-fixants sur le Pont des Arts, mais oui celui avec les cadenas. Une lisière de bas sur une Orientale, une authentique vision de jarretelle, mais bon c’était sur une prostituée rue Saint-Denis, alors ça compte pas. J’ai quand même vu une nana habillée année 50 avec des bas à coutures et hauts talons vers le Forum des Halles. Bémol, elle le faisait avec autant d’aisance qu’un éléphant qui dansait le sirtaki. C’en était presque ridicule. J’en connais d’autres qui font ça tout naturellement.

Le Boss a toujours les méninges qui travaillent alors constations du jour…

Il me semble que la politesse des gens dans la rue s’est bien améliorée, malgré ce que l’on veut bien en dire. Depuis 30 ans que je connais Paris, je me souviens des premières fois où le touriste comptait pour du menu fretin. Des excusez quand on vous bouscule involontairement, même de la part des jeunes, des au-revoir et merci quand vous quittez un restaurant, il y en a. Même qu’une hôtesse des Galeries Lafayette, m’a salué quand je quittais les lieux.

Par contre la RATP, ça va moins bien. Au Châtelet, bien qu’ayant un ticket de métro tout à fait valable, le portail ne fonctionnait pas. Je n’étais pas le seul à pester. Enfin un qui s’ouvre. Arrivé au beau milieu, le voilà qui se referme brusquement me coinçant comme un con entre les deux montants. Heureusement que j’avais pas le cou tendu en avant, sinon couic! J’ignorais que la guillotine avait été réintroduite pour les touristes, le pire sans jugement. Heureusement un mec derrière m’a dépanné en mettant son ticket et en passant rapide comme l’éclair avant qu’il se referme. Merci ami inconnu.

Je viens de mettre le nez à la fenêtre, m… il pleut.et le vent souffle.Bien au chaud dans mon petit coin je bouge pas!

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Les fameux auto-fixants sur le Pont des Arts. Heureusement mon appareil avec optique Leica est très bon,clquez vous verrez en grand, pas mal non? Cette photo a été prise à environ 5 mètres. Enfer et damnation ce bas est filé, mais c’est un des avantages du bas, il n’est pas nécessaire de changer le tout 50% suffisent. Madame, si vous vous reconnaissez, je vous offre une paire complète. Attention quand même, je sais à certains détails détails avec qui vous étiez. Je ne veux pas recevoir 147 mails  disant que c’est moi.

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Celle-là c’est pas moi qui l’ai prise, mais elle est bien sympathique. Prise il y a sans doute longtemps par un amoureux des bas, peut-être mon grand-père.

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J’ai toujours adoré cette maison, pas gêné par le voisin d’à coté

Et bien sûr, ce que je n’ai pas vu et que….

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Après un concert samedi soir,  je poursuis mes petites pérégrinations dans la belle ville de Paris, enfin c’est pas mal, n’exagérons rien non plus.

Aujourd’hui je suis parti muni de mon appareil de photos que l’on pourrait surnommer l’indiscret. Pour chasser de belles jambes et si possible des bas, il faut évidemment sortir des petites rues désertes. Alors j’ai choisi la Tour Eiffel, cet endroit bien connu des touristes. Pas mal de monde, de toutes les couleurs, viennent admirer ce tas ferraille, plus ou moins agencé artistiquement, rêve de Mr Eiffel qui voulait jouer au meccano, pour rattraper celui que ses parents ne lui avait pas offert à Noël.

Tout en poussant des oh et des ah, chacun contemple l’édifice et sort son appareil de photo. Le Boss a sorti le sien, mais il recherche des autres monuments à immortaliser, rien à voir avec la mécanique terrestre qui grimpe à l’assaut du ciel. Pour passer inaperçu dans ce genre d’endroit, il faut photographier comme n’importe quel cornichon. J’ai l’appareil à la main, mais peu de gens s’imaginent que le zoom qui l’équipe permet de lire la marque d’une montre à quelques mètres. De plus, il a un viseur amovible, ce qui permet de photographier sans le mettre à portée d’oeil.

Cela commence par un joli coup de porreau, une des premières dames que je suis par hasard porte de bas, c’est visible par les petites bosses qui marquent sa jupe quand le tissu est tendu au bon endroit. C’est surement de la jarretelle standard à bon marché, mais le fait est qu’elle en porte… jarretelles ha ha ha! Le fait sera confirmé qu’elle porte bien des bas quand elle escaladera un mur pour se faire photographier par son copain. Toutes les photos qui suivent sont prises à une distance de 7-10 mètres.

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Voici la demoiselle en question, elle porte bien des bas, mais c’est pas très visible

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Le même, mais regardez bien à droite

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Là vous voyez mieux maintenant?

Pour s’amuser quelques photos de jambes prises au hasard, des collants très certainement, mais il montre les possibilités de l’appareil avant de voir le cas intéressant suivant.

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On est à la Tour Eiffel, rappel pour ceux qui croiraient être à Notre Dame

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Vous remarquerez qu’elle a un grain de beauté à droite sur la jambe gauche

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Quand j’ai pris la photo, je ne voyais même pas les motifs du collant

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Un chien qui fait ça, on pense qu’il va faire pipi, la dame je sais pas

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Spécial pour les fétichistes hauts talons, même photo mais agrandie

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Première photo avec zoom moyen

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Même sujet plus zoomé, c’est plus pâle, mais on voit très bien les détails

Venons en au deuxième cas intéressant, une jeune fille avec son copain, des slaves probablement. Elle a profité de l’air de Paris pour se mettre aux bas à coutures. j’hésitais entre bas et collants quand elle s’est assise sur le mur. A partir de là, cela devenait un peu plus visible. Sûrement des bas attachés très hauts, en rapport avec la longueur de la jupe. Je n’ai pas pu prendre de photo qui le montre, mais par contre les coutures, alors là, une bien belle prise.

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Petit détail amusant, pourquoi j’appelle mon appareil l’indiscret, en agrandissant la photo, on remarque l’ombre de la couture sur la jambe, le soleil était derrière à gauche. Il en loupe pas une.

Voilà, tout ceci est le spectacle de la rue, vu avec un autre regard. J’ai fixé sur les photos ce que mes yeux ont vu ou les vôtres auraient pu voir. En matière de voyeurisme, je n’aime pas forcer le destin, mais si on veut bien m’offrir ceci ou cela sur un plateau, alors j’en profite.

Le fait du jour

En matière de voyeurisme je ne suis pas le seul. En début de soirée sur les Champs, je suis allé faire quelques achats. Là on trouve tout ouvert ou presque. Je peux dire que j’ai voyeuré un voyeur en quelque sorte. Deux dames BCBG, sortent d’une boutique alors que j’étais arrêté en train de fumer une cigarette. L’une d’elles a visiblement ce qui doit être une lisière de bas qui dépasse de sa robe, une seule, ce qui peut effectivement faire penser à des bas. Très honnêtement, elle n’avait pas un physique affolant, des jambes quelconques. Je n’ai pas même pas envisagé de la suivre. Je roulais un peu sur les jantes, la jauge du réservoir clignotait, la boîte à vitesses grinçait. Mais voilà un mec, un Arabe dans la quarantaine, qui fixait intensément les jambes de la dame, se met à suivre et… moi aussi. Pendant une bonne dizaines de minutes, il a calqué ses pas sur celui des dames, faisant semblant de s’intéresser à des articles pour bébés, des souvenirs en plastique véritable, ne manquait plus qu’un étalage de charcutier. Dès que possible, il revenait sur le sujet qui le préoccupait réellement, la lisière de bas. Finalement, il est reparti quand les dames sont entrées dans un immeuble ou visiblement, il n’avait rien à y faire. A mon avis, c’était un amateur, plutôt un zmateur, car je sais très bien que dans ce genre de cas, on est sûr de rien, le spectacle est rikiki et le reste aussi. Amusant quand même.

Un des points les plus plaisants de mon séjour fut mon déjeuner avec Miss Nylon. On se connaît depuis pas mal de temps, mais cette fois-ci, il me fallait concrétiser sa collaboration avec moi pour les projets futurs que nous réaliserons en collaboration. Venue avec son photographe, un pote lui-aussi et qui a l’oeil à la bonne place derrière le viseur, nous avons tiré quelques plans sur la comète, une comète qui promet d’être bien brillante. Et bien sûr, je ne pouvais que lui demander d’être une ambassadrice de mes blogs, titre amplement mérité car de toutes les adeptes que je connais, c’est bien elle qui affiche  le bas nylon comme une seconde peau.

Nous avons improvisé une petite séance photo pour mes visiteurs. Nous vous en offrons quelques clichés.

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Eh oui, à paris en vélo, en moto, vous dépasserez peut-être Miss Nylon!

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Des bas en moto, à cette saison, c’est bien Miss Nylon, aucun doute!

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Dans le métier de Boss, il y a des instants charmants!

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Un petit jeu maintenant qui pourrait s’appeler « vous reconnaissez-vous? ». J’ai surpris ce couple dans une rue de Paris. Madame portait visiblement des bas à coutures. Dégainant mon téléphone, muni plutôt d’une bonne caméra, j’ai fait un petit film, encore le spectacle de la rue. Le monde étant petit, il se pourrait que ce couple se reconnaisse, même qu’ils fassent partie de mes visiteurs.  Alors si c’est le cas, eh bien qu’ils s’annoncent, il pourrait y avoir une surprise à la clef. Bien c’est facile à première vue, n’importe qui peut s’annoncer. Eh bien non, il faudra qu’ils me précisent dans quel arrondissement ils se promenaient, la rue, et dans quel genre de magasins ils sont entrés. Je ne sais pas s’il y aura des gagnants, mais on peut toujours essayer. Bien sûr les visages ne sont pas visibles, sinon je n’aurais pas mis ce petit bout de film en ligne.

 

 

 


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Nylon paparazzi (11)

Pour comprendre l’histoire, on peut se référer aux livres, c’est une bonne méthode. Consulter les journaux d’une époque est encore plus riche d’enseignements. Si Max Gallo vous affirme que le prix d’un café au bistrot en 1900 était de 1 franc, vous serez bien obligé de le croire. Dans son cas, je crois qu’il s’agit d’un explorateur de l’histoire auquel on peut faire confiance. Mais ce n’est pas toujours le cas, il peut y avoir de la part d’un historien un manque de rigueur. En consultant les journaux, on peut tirer des renseignements précis, mais ils ne sont qu’une parcelle de l’histoire ou des événements qui se produisent à un moment donné. Si le prix du kilo de café dans une publicité est affiché à la vente à 10 frs, on est sûr de son fait. Il se vendait bien à ce prix là. Contrairement à l’historien, ce prix ne vous dira pas que juste à ce moment là, le café était une denrée rare suite à une récolte désastreuse. L’historien, lui, pourra vous l’expliquer et le souligner. Le journal a ceci de plaisant que vous vous plongez dans une journée du monde en lisant ce qui s’est produit la veille ou juste avant. On y tâte une ambiance, le reflet d’un époque. C’est très intéressant de voir comme le monde était vu des dizaine d’années en arrière. On se plaint toujours que la vie est chère, mais en y regardant de plus près, on constate que ce n’est pas toujours vrai. Savez-vous par exemple, qu’une boite d’ananas coûte aujourd’hui environ la moitié du prix qu’elle coûtait en 1920. Non seulement elle coûte moins, mais on gagne dix fois plus en salaire moyen aujourd’hui. Quand j’étais jeune, là ou j’habite, une voiture de petite cylindrée s’achetait avec le salaire d’une année, maintenant on peut se l’offrir avec deux ou trois mois de salaire. Une télévision en couleurs, c’est dix fois moins cher qu’il y a un peu plus de 40 ans. Alors vous voyez, tout n’est pas si cher que cela.

Ce petit laïus était juste pour vous inviter à une petite exploration à travers quelques publicités concernant une chose qui nous intéresse vachement plus, la lingerie. Je suis remonté aussi loin  que possible dans l’exploration d’annonces concernant le sujet. J’ai seulement sélectionné celles qui nous montraient au moins une illustration. Première constatation, elles sont très rares avant la première guerre mondiale, quasiment inexistantes avec images. Quand elles apparaissent ce sont des dessins, jamais de photos. Pour les photos, il fallait aller dans des trucs beaucoup plus coquins. Elles ont malgré tout la saveur de jadis, je crois que bien des messieurs s’attardaient en rêvant sur ces atours qui ne s’exposaient à leur vue que d’une manière abstraite. Dans une première série nous allons nous attarder sur 1921, c’est là que j’en ai trouvé. Pour comparaison, sachez qu’une chambre avec pension se négociait aux environs de 150 francs le mois dans les annonces de ce même journal. Vous comprendrez assez vite que se faire belle, n’était pas forcément à la portée de toutes les bourses, sans jeu de mots. Votre porte-jarretelles aujourd’hui, mesdames, pour un article début de gamme, ne vous coûtera pas bien plus cher qu’une pizza! Les photos sont cliquables pour mieux voir les détails.

Sautons une quarantaine d’années, cette année là un repas standard au restaurant coûtait environ 3 francs. On voit tout de suite une différence dans la présentation, c’est un peu plus suggestif. On est pas encore dans la photo érotique de boulevard, mais on commence à montrer des visages et la présentation se veut plus femme libérée. Eh oui, on est obligé de porter des bas. Il n’y a rien d’autre à se mettre sur la jambe, mais on peut le faire avec un minimum de fantaisie ou de confort. En dessous, deux chroniques avec des conseils adressés directement aux dames.  Un chat est un chat et une jarretelle, une jarretelle. Quelle époque bénie!!!


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Nylon paparazzi (7)

Qu’étaient nos bas adorés aux temps anciens, comment en parlait-on? Pour le savoir, il est nécessaire d’aller fouiller dans les archives des différentes époques où par la grâce des journaux ou des livres, on peut se faire une idée plus précise du sujet. Plus que maintenant, le bas était un objet de consommation courante. La vraie différence, c’est que le bas seul n’était rien, il lui fallait des accessoires pour qu’il tienne en place. Il représentait certainement un côté coquin moins érotique que maintenant. On ne choisissait pas entre un bas et un collant, la première possibilité était la seule possible, ou alors se promener les jambes nues, ce qui était franchement indécent dans les moeurs anciennes. Précisons toutefois que les jupes étaient aussi beaucoup plus longues, faisant presque office de balai. Apercevoir une cheville au temps des rois de France était une jolie vision qui ne manquait pas de réjouir les amateurs de sensations coquines. Ce n’est qu’au tournant du 20ème siècle que les robes ont peu à peu diminué de longueur, donc il fallait cacher ce nu que l’on ne savait voir. Distinguons aussi la femme bourgeoise de celle de milieux plus modestes, cette dernière portant des vêtements par forcément à la mode, mais destinés à durer.

Une publicité de janvier 1934 nous renseigne sur la lingerie portée cette année-là. Disons-le tout de suite, elle s’adresse à une clientèle au minimum de condition moyenne. A titre de comparaison, un vélo coûtait environ 150 francs de l’époque. Certains articles de la vente avoisinent de moitié ce prix-là, donc ils font partie de la lingerie plutôt luxueuse.

25 janvier 1934
Jeudi, à LA GRANDE MAISON DE BLANC!, place de l’Opéra, journée spéciale de lingerie pour dames. Chemise nansouk jours et polo brodée 19.50; la culotte, 19,75; chemise nansouk rosé jours fin et broderie, 29 fr; la culotte 28 fr; parure soie et dentelle, la chemise, 29 fr; combinaison jupon soie point turc, 87 fr; culotte bord côtes 29 fr; porte-jarretelles satin, 9,75; douillette pompadour soie naturelle, 145 fr; exceptionnel mouchoirs linon vignettes pour dames, 17,50 la douzaine; pour hommes. 27fr la douzaine.

Un fait divers tragique d’octobre 1907, traité dans « Le Petit Parisien » est éloquent sur le respect de la vie privée. Lisez l’histoire, reproduite en entier pour la bonne compréhension, vous ne manquerez pas d’être étonnés sur la manière dont les enquêteurs étalent l’intimité de la victime. Imaginez mesdames, qu’aujourd’hui on cite le contenu de votre valise de lingerie en guise d’indices pour retrouver votre identité. Il donne aussi une idée de la composition d’une garde-robe en ces temps reculés.


La rue des Comédiens, à Bruxelles, a été le théâtre d’un affreux suicide. Une dame correctement vêtue, ayant l’accent parisien très prononcé, se présentait, il y a quelques jours, dans une pension bourgeoise de la rue des Comédiens et y louait une chambre pour une semaine. Elle déclara arriver de Paris, qu’elle était couturière et qu’elle était venue ici pour y trouver de l’occupation. Cependant, elle attira bientôt l’attention de tous les autres pensionnaires par ses allures. Elle paraissait en proie à un très grand chagrin et ses joues portaient encore les traces de larmes. C’est à peine si elle touchait aux aliments qu’on lui servait. Elle se faisait d’ailleurs monter ses repas au deuxième étage, qu’elle occupait. Or, hier,l’inconnue s’est précipitée par la fenêtre et est allée se briser le crâne sur les dalles du trottoir.
L’identité de la malheureuse n’a pu être encore établie, car on n’a trouvé sur elle aucun papier. De plus, afin de dépister les recherches, elle avait pris soin d’enlever la coiffe de son chapeau. Son cadavre sera photographié demain. Voici, en attendant qu’on ait pu l’identifier, le signalement officiel de la désespérée et aussi quelques renseignements de nature à aider les recherches.
Agée de 30 à 40 ans, taille 1 m. 60, cheveux noirs, yeux bruns, nez gros, bouche assez grande; oreilles ordinaires, corpulence moyenne. Vêtue d’une chemise et d’un pantalon de toile blanche non marqués, bas noirs, jarretelles rouges, jupon de dessous en flanelle rouge, jupon en brocart de soie noire avec dentelles noires, corsage en flanelle blanche pointillée rouge.
Dans sa chambre, parmi du linge non marqué on a trouvé un mouchoir marqué M au fil blanc, un mouchoir fantaisie marqué D au fil rouge un jupon gris fer à rayures obliques, un petit paletot, un manteau d’astrakan avec doublure en soie à Heurs couleur rouge passée, un corset noir, une fourrure tour de cou en marire, une paire de bottines en chevreau glacé avec bouts vernis et une pièce sur l’une des semelles, un pantalon de toile blanche marque au coton rouge des lettres V D, lettres mal faites. On a également découvert la somme de 1088 francs, plus 95 centimes en monnaie

Foyer Domestique, 1905, conseil gestion ménagère

Le corset

On vous a parlé du corset et vous vous demandez qui a raison, s’il faut porter un corset ou s’il n’en faut pas porter. Réfléchissez, raisonnez et vous arriverez sans doute h, une solution satisfaisante. Lorsque vous travaillez sérieusement, que vous frottez le plancher ou les meubles, le corset vous gêne-t-il? Oui, par conséquent n’en mettez pas. Mais lorsque vous allez vous promener, ou que vous voulez visiter quelqu’un, la besogne que vous faites est peu fatigante, rien ne vous empêchera alors de mettre un corset; je dirai plus, en mettant un corset peu baleiné et peu serré, les femmes un peu fortes paraissent toujours plus propres et surtout plus ordonnées. En agissant avec notre bon sens, en ne travestissant pas les indications que nous donne la nature, il est rare que nous n’arrivions pas à nous diriger sûrement.

Les jarretelles

Que vaut-il mieux employer pour retenir nos bas : des jarretières ou des jarretelles! Déjà vous avez répondu, n’est-ce pas? Pour que les jarretières retiennent bien le bas il faut qu’elles soient assez serrées et par conséquent elles peuvent causer une gêne circulatoire; nous donnerons donc la préférence aux jarretelles.

Félicien Champsaur (1858 -1934)

Un écrivain passablement retourné à l’obscurité. Il aborda un peu tous les genres littéraires. Avant tout un observateur de la vie artistique parisienne, il fut un précurseur de l’écriture moderne. Il laisse d’innombrables écrits. Voici un extrait d’un écrit paru en 1926.

Nuit de fête 1926.

Dans un coin du hall, une péripatéticienne s’asseyait un instant, et, pour aguicher un monsieur en habit noir qui la regardait impassible, levait rapidement sa jupe en corolle au-dessus de ses mollets élégants, deux fripons pistils, comme pour arranger une jarretière.

Le monsieur en habit noir:

– Vous portez encore des jarretières ? J’ai du goût pour ces attaches de ma grand-mère.

– Je n’aime pas les jarretelles ça tire et déchire les bas.

– Tu es économe et jolie. Alors, je vais t’épouser.

Vous pourriez tomber plus mal, monsieur. Je connais une princesse qui aime les bas très longs et ne porte ni jarretelles ni jarretières.
– Comment fait-elle tenir ses bas ?

– Avec des épingles à cheveux.

Le monteur en habit noir ajouta

– Au nid soit qui mâle y pense.

Puis il se perdit dans la cohue bariolée.

Comme vous le remarquerez dans les deux derniers textes les avis sont à l’opposé. Le premier est une évaluation qui peut se comparer à un avis de consommateur d’aujourd’hui. Mais le texte de Champsaur n’est probablement pas sorti de complètement de son imaginaire. La conversation a peut-être eu lieu réellement. Si l’on tient compte qu’il y a 20 ans entre les deux articles, on peut imaginer combien l’évolution entre le passage de la jarretière à la jarretelle a été long. Une sorte de guerre en dentelles, chacune défendant son camp. L’histoire de la princesse qui tenait ses bas avec des épingles à cheveux, m’a fait ressurgir un souvenir d’adolescence que je vais profiter de vous narrer en quelques mots.

Une pub de 1965 dans un journal anglais. Une gaine, article entre très porté à l’époque pas forcément par les grands-mères.


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Le miroir, conte de Noël

Noël, c’est la fête. C’est aussi le période où les contes circulent de bouche à oreille. Les enfants en raffolent, parfois les adultes s’y laissent prendre avec encore plus de rêves que ceux auxquels il sont destinés. Connaissez-vous beaucoup de contes de Noël destinés à de plus grands enfants? Pas des tas à ce qu’il me semble. Il en fallait au moins un afin que que l’on puisse dire qu’on en connait un. Je l’ai cherché, je ne l’ai pas trouvé, alors je l’ai écrit. C’est bien un conte de Noël, le père spirituel de ce fameux jour y paraît, mais sans barbe blanche pour qu’on ne le reconnaisse pas. Il a dans sa hotte autre chose que des jouets…

La neige tombait en flocons épars sur un jour de décembre qui aurait pu sembler pareil à un autre.  Mais la grande fête de Noël n’attendait que la nuit pour allumer ses feux, illuminant le ravissement des enfants et les sourire des adultes. Dans la foule empressée, riche pour un jour, l’indifférence au bonheur des autres semblait la règle. Seul son propre bonheur comptait. Il était fait de ces petits riens qui donnaient l’apparence de la recette parfaite, celle dont chacun se persuadait d’en être le seul et unique détenteur.
A la devanture d’un magasin de lingerie, une jeune fille rêvait. Pauvrement vêtue, elle contemplait les richesses étalées dans la vitrine. Entre les culottes friponnes, les porte-jarretelles aguicheurs, les guêpières voluptueuses et les bas soyeux, ses yeux n’avaient pas besoin du reflet des néons pour étinceler.
Près de là, un vieux monsieur la regardait l’air intéressé. Sobrement appuyé sur une canne, il avait l’air de s’en servir plus comme une coquetterie que comme un ustensile indispensable. Ses habits paraissent de belle coupe, son chapeau d’un élégance certaine. Son visage affichait les restes d’une beauté fanée, une beauté qui avait sûrement constitué une jolie carte de visite auprès des dames. Il s’approcha de la jeune fille.
– Excusez-moi, je vous observe depuis un moment, vous semblez ne pas vouloir détacher les yeux de cette vitrine, cela vous plait-il?
– Oh monsieur, si vous saviez comme j’aimerais me parer de toutes ces merveilles, je me sentirais plus heureuse qu’une reine.
– Qui vous fait croire que les reines sont heureuses?
– Je ne le sais pas, je l’imagine, mais je suis certaine que ces parures sont dans leur garde-robe.
– Et vous n’avez vous point de garde-robe aussi bien achalandée?
– Si elle l’était, je ne serais pas ici!
– Et si le Père Noël vous apportait toutes ces choses ce soir?
– Il se fout bien de moi, d’ailleurs j’ai passé l’âge d’y croire!
– N’avez-vous pas de famille, d’amis, un amoureux?
– Non j’habite seule, dans un appartement vétuste, mais j’ai un amoureux qui viendra ce soir!
– Ah, et que dirait-il s’il vous trouvait revêtue de quelques unes des belles choses que vous voyez dans la vitrine?
– Il serait fou de joie sans doute.
– Eh bien je vais faire quelque chose pour vous, vous allez entrer dans ce magasin et choisir ce qui vous plait, je vous l’offre sans regarder à la dépense.
– Et quel sera le prix que je devrai vous payer, car vous n’allez pas faire cela à bien plaire?
– Vous savez, j’ai passé l’âge de tenter de conquérir les jeunes filles avec des artifices. De l’argent, j’en ai presque à ne plus savoir qu’en faire, je deviens vieux, je n’ai pas d’héritiers, je ne vais sans doute pas l’emporter avec moi. Ce que je dépenserai pour vous, sera autant que les vautours qui tournent autour de moi n’auront pas. Je pourrais aller ce soir dépenser mon argent dans un endroit sordide, là-bas les femmes feraient semblant d’avoir les yeux qui brillent de plaisir en ma compagnie, mais c’est un plaisir fade. Avec vous, je suis sûr que vos yeux auront les lueurs de la vérité, ils s’allumaient déjà avant que je vienne vers vous. Ce sera ma récompense et peut-être il y en aura une autre, qui sait ce que la chance me réserve? Etes-vous d’accord avec ma proposition.
Eh bien soit j’accepte!
– Alors entrez et choisissez, vous n’aurez même pas à souffrir de ma présence. Ne regardez surtout pas à la dépense. Je vous attends au petit café à côté, quand vous aurez fini venez me chercher et je passerai payer. D’accord?
– D’accord
La fille entra dans le magasin, s’attendant au regard méfiant  de la vendeuse jaugeant son allure. Mais elle n’en laissa rien paraître et se fendit d’un sourire accueillant.
– Que puis-je pour vous mademoiselle?
– Je voudrais essayer des tenues pour ce soir.
– Quel genre de tenues, sages ou plutôt sexys?
– J’aimerais un ensemble avec un porte-jarretelles et aussi une guêpière.
– Quel couleurs?
– Noir, rouge pour la guêpière, vous avez cela dans ma taille?
– Bien sûr, j’ai un magnifique trois pièces, soutien-gorge, porte-jarretelles, petite culotte un rien transparente, dans un très beau noir, comme sur ce mannequin.
– Bien, je vais essayer.
La vendeuse jaugea d’un coup d’oeil la taille de la fille et choisit dans les tiroirs du comptoir les trois pièces désirées.
– Ceci devrait vous aller, voulez-vous passer dans la cabine?
– Il me faudrait aussi des bas pour essayer.
– Aussi en noir?
– Si vous en avez avec une couture, j’aimerais bien.


– Bien sûr, nous avons cela, je crois que 10 1/2 sera la bonne taille. En voici une paire que je garde pour les essais. Si c’est la bonne dimension, je vous en fournirai des neufs dans la même taille.
Elle se dirigea vers la cabine en tira le rideau et commença à se déshabiller en retirant ses pauvres frusques. La première chose qu’elle enfila fut le porte-jarretelles. Elle avait souvent rêvé de ceindre sa taille avec cette pièce de lingerie. Maintenant que c’était fait, elle en savoura la pleine réalité. Elle fit glisser un bas le long de sa jambe, lentement, et le fixa aux jarretelles. Elle se mira dans la glace et tourna sur elle-même, lentement, en savourant la vision qui lui renvoyait le miroir. Le noir contrastait merveilleusement avec la blancheur de sa peau. Satisfaite du résultat, elle enfila le deuxième et recommença son manège. Les miroirs ne savent pas mentir, pensa-t-elle. C’était d’autant plus vrai, qu’elle fut prise d’une bouffée de satisfaction en s’imaginant que ce soir, des yeux la contempleraient pour de vrai. La tête penchée en arrière, elle suivait des yeux la couture de ses bas qui semblaient monter vers la haut de son corps pour s’arrêter là ou son envie de désir était la plus forte. Elle esquissa un geste, qu’elle retint en luttant contre ses sens. Non pas question, elle garderait le feu qui brûlait en elle pour plus tard. Elle enfila le soutien-gorge et la culotte, une nouvelle fois le miroir refléta ses yeux qui balayaient sa surface en une ronde d’ivresse.
– Cela vous convient? questionna la vendeuse sans se douter qu’elle venait de briser une douce rêverie.
– Oui c’est parfait, répondit la fille avec un regret dans la voix.
– Voulez-vous essayer la guêpière maintenant, je vous la passe.


Revenue à la réalité, le fille se sentit soudain impatiente de changer de tenue. Elle détacha ses bas, les laissa pendre sur ses jambes sans les enlever. Elle ôta les autres pièces et se saisit de la guêpière qu’elle dans la quelle elle glissa son corps.
– Voulez.vous m’aider à attacher le dos, je n’arriverai pas seule.
– Je vois que vous n’avez pas l’habitude, mais les plus expertes se débrouillent seules avec un peu d’entraînement. Les hommes adorent aussi vous donner un coup de main pour le faire. Jamais il ne se plaindront que vous n’ayez point la main habile.


La vendeuse s’éclipsa et la laissa toute à sa nouvelle découverte. Le rouge du tissu lui donna un nouvelle image de son corps. Une fois les bas fixés, offrant un subtil mariage entre le noir et le rouge, elle en frémit d’un nouveau plaisir. Il lui sembla qu’elle avait une nouvelle enveloppe charnelle, différente de la précédente, mais tout aussi merveilleuse. Elle se serait encore volontiers perdue dans son nouveau monde de sensualité, mais elle pensa soudain au vieux monsieur qui devait l’attendre dans le café. Certes, il n’avait pas l’air pressé, mais sans lui rien de deviendrait réalité. Pourvu qu’il soit encore là. Après s’être déshabillée à regret et retrouvé ses pauvres habits, elle se glissa hors de la cabine. Elle choisit encore plusieurs paires de bas, de diverses teintes. Elle demanda à la vendeuse de lui préparer ses achats et lui signifiant qu’elle allait revenir dans quelques minutes régler sa note.
La vendeuse ne fit pas de commentaire et commença d’emballer les effets. La fille se dirigea vers le café. Le vieil homme était devant la porte. Il l’accueillit avec un sourire et l’accompagna à la boutique en lui demandant de rester au dehors. Il entra et en ressortit peu après. Il tendit un sac à la fille.
– Voilà, ceci est pour vous, tous ce que vous avez désiré, maintenant filez-vite sans me remercier.
Un peu étonnée, la fille prit le sac, le gratifia d’un sourire et s’en alla.
La vendeuse sortit sur le pas-de-porte et s’approcha du vieillard.
– Alors, monsieur Paul, toujours satisfaite de mes services?
– Mais oui ma chère, ce miroir sans tain est une pure merveille. Cette jeune fille avait un corps merveilleux. Et ma foi, elle sait très bien choisir sa lingerie. Il m’en coûte de l’argent, mais je suis le seul à jouir du spectacle. Elle aura sans doute un Noël qui sort de l’ordinaire dans son innocence. Mais comme elle ne saura jamais qu’elle fut aussi mon cadeau de Noël. Joyeux Noël à vous!
– Joyeux Noël à vous aussi, j’espère vous voir très bientôt!


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Ca cloche en nylon

Bizarre comme titre non? En effet, mais une petite explication vous éclairera sans doute. Le mot cloche revient dans des expressions toutes faites. Il y a à la cloche de bois, c’est à dire vagabonder, partir discrètement sans laisser d’adresse. Y’a quelque chose qui cloche, quand une chose va un peu de travers. Se taper la cloche, quand on mange bien et abondamment. Un autre son de cloche, une histoire, un fait, entendu de manière différente. Se faire sonner les cloches, là vous savez, ça vous est tous arrivé une fois. Etre une cloche, un mendiant ou un idiot. Et puis il y a le mot cloche employé pour désigner un objet qui rappelle plus ou moins la forme originale de cette chose qui tinte plus ou moins agréablement à nos oreilles, une jupe cloche, une cloche de plongeur etc…
En farfouillant dans quelques photos, bien sûr qui comprennent le nylon indispensable à mes petites manies, j’ai trouvé quelques petits travers qui font que. On pourrait dire qu’il y a quelque chose qui cloche, j’ai entendu un autre son de cloche, les avis étant divers. Rien de grave assurément, mais en prenant la manière de disons la plus correcte de porter des bas, qu’on veuille le faire discrètement ou alors visiblement, il y a une ou deux choses à faire ou ne pas faire. Cela peut être pris comme conseils avisés selon le but choisi. Et bien sûr, c’est avant tout un article pour sourire. D’autant plus, que je suis sûr que les dames qui passent par ici sont toutes très douées sur le sujet.

Vous avez envie de porter des bas en toute discrétion, juste pour vous et pas pour épater la galerie. Alors méfiez-vous de ces jambes qui ont tendance à lever la jupe en même temps. Remarquez, ce conseil n’est pas indispensable d’application en ma présence.

Bon je sais, c’est la première fois que vous enfilez un porte-jarretelles. Mais voyons, soit vous l’avez mis à l’envers, soit vous avez fait un demi tour à l’élastique, visuellement c’est pas terrible. Ah oui encore une petite  chose, préférez les jarretelles en métal, ça fait plus riche, mais surtout cela tient beaucoup mieux les bas. Oui je sais, c’est la première fois, vous êtes toute excusée.

Encore une fois, vous avez choisi la discrétion, vous voulez être quasiment la seule à savoir. Alors évitez les jupes un peu trop serrées. Dans le cas contraire, c’est parfait changez rien!

Dans les proverbes alcoolisés des vignerons, on dit blanc sur rouge rien ne bouge. Ici c’est différent, blanc sur blanc c’est très évident. Cachez ce porte-jarretelles que je ne saurais voir, si vous n’avez point l’intention de me le montrer. Remarquez, un scène comme ça, je l’ai vue en plein Champs-Elysées, oui, oui. Une étourdie sans doute.

Vous avez choisi de mettre une petite photo dans votre blog pour illustrer que vous aimez porter des bas. C’est très bien, mais alors changez de photographe, car la photo est floue, c’est pas très indiqué pour attirer les admirateurs. Encore une petite observation, soit la photo est à l’envers, car il me semble que votre alliance est à droite, ou alors vous êtes d’un pays qui la porte à droite comme l’Espagne et quelques autres. Rien de grave si vous changez de photographe.

Là c’est mieux, il y a un progrès, bien que la qualité laisse encore à désirer.  Je vois un défaut sur la photo, un peu gênant. Comme je suis bon prince, je vais le faire à sa place, voyons ce que l’on peut faire…


Voilà c’est quand même mieux non? Votre nombre de visiteurs va augmenter. Grâce à qui? Merci Boss!

Ah une bonne vieille photo que l’on veut tout comme si elle avait été prise il y a 50 ans. Pour faire plus vrai, on a été chercher le bon vieil électrophone à papa au grenier. Et quoi de mieux qu’un bon vieux Beatles, le premier, pour faire encore plus vrai. Hélas, trois fois hélas, en y regardant de plus près, on voit un code barre sur le dos de la pochette. Ca c’est pas un truc d’époque. La machine à remonter le temps était grippée. Encore du matériel chinois! Autre constatation de votre spécialiste en musique rétro. Il est absolument criminel d’écouter un disque vinyle, surtout une copie originale, sur ce genre d’appareil. Ca fout en l’air les disques! Petite histoire d’une copie originale ci-après.

Ca c’est l’étiquette du premier 33 tours des Beatles publié en Angleterre en 1963. Les collectionneurs l’appellent « Gold Label », référence au lettrage or. En édition stéréo, il a été tiré à 900 exemplaires d’après ce que l’on sait. Très recherchés par les collectionneurs, en septembre 2010 une copie s’est vendue aux enchères 10300£ avec 60 enchérisseurs. Les éditions mono même présentation,  sont plus courantes, mais atteignent quand même entre 1000 et 2000 euros. Les éditions postérieures de la même année ont une étiquette différente, mais atteignent aussi un bon prix en édition stéréo. Alors vous ne voulez quand même pas écouter ce disque sur n’importe quoi. D’ailleurs si on en possède une copie, on ne l’écoute même pas de peur de l’abîmer.

Je préfère le rock and roll au tango, du moins comme spectateur. Faire virevolter ces crinolines qui nous dévoilent un charmant spectacle, quel plaisir.  Malgré tout une faute de goût ici, porter des bas jarretières avec un porte-jarretelles. On peut jouer la sécurité, mais une belle paire de bas  coutures auraient fait une effet encore plus charmant et collé de plus près aux charmes d’une époque où la femme savait s’habiller avec goût.


Nous avons vu que le blanc pouvait jouer de charmants petits tours. Mais avec le noir, il faut se méfier aussi. Si la robe est un peu légère, la lueur du flash aime quelquefois jouer les indiscrets. En les regardant sur votre écran, si en plus vous l’avez réglé sur sombre et que vous n’avez pas vos bonnes lunettes, attention. En modifiant l’image, le spectacle devient évident. C’est justement la photo que vous  avez envoyée à toute la famille. Ah ben m…. alors!

A part pour des effets de mode, une erreur très fréquente chez les débutantes, le porte-jarretelles par-dessus la culotte. Tordons le cou une bonne fois pour toutes à cette pratique. Vous pouvez questionner les anciens, il vous diront  qu’il se met toujours dessous. C’est comme si vous portiez une culotte par-dessus un collant. Si vous désirez enlever juste votre collant, il faut d’abord enlever la culotte et la remettre. Pas très logique non? Et je ne parle pas des petits problèmes quotidiens, assez urgents à partir de la troisième bière, avec un porte-jarretelles dessus.

Ces petits conseils étaient gratuits, libre à vous de faire ce que bon vous semble. La manière discrète ou l’autre, la gaffe ou pas la gaffe, le Boss de toute façon, du moment qu’il y a du nylon, hein!


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Le Boss en embuscade au coin des bas

N’ayant rien de mieux à faire en ce samedi après-midi, je me décide d’aller flirter dans les magasins. Une belle et sympathique partie de temps libre et de farniente. En général, ce sont plutôt les rayons musique, ordinateurs, qui attirent ma curiosité. Ma première visite a lieu dans un  grand magasin style un peu huppé. La clientèle y est plutôt en rapport, petite bourgeoisie ou niveau cadre. Bref des gens qui ont un peu d’argent à dépenser sans trop regarder. Mais on y trouve aussi des clients plus tout venant, comme moi. J’achète là une partie des habits, ceux qui sont un peu du genre élégant, car je m’habille parfois de manière élégante, bien que je sois plutôt style décontracté quand je ne suis pas ciblé veste en cuir noir et boots. La qualité des vêtements proposés est en général très bonne, voire supérieure. On y met un certain prix que l’on retrouve sur la durée. Mais c’est aussi le magasin qui offre le plus souvent des rabais ponctuels et intéressants. Il suffit de se pointer au bon moment. C’est aussi l’endroit où le personnel est très aimable avec la clientèle, il vous disent bonjour si vous les croisez dans les rayons, on a pas l’impression d’être juste un client dont a rien à fiche, sinon de lui tirer son pognon.  Le rayon lingerie est très couru par ces dames, et pour être honnête il est très bien achalandé. Parmi ceux que je connais dans la région, c’est certainement un des plus originaux. Bien sûr on y trouve de tout, les porte-jarretelles et autres guêpières ne sont pas absents des présentoirs et même dans une offre assez grande. La seule chose que l’on pourrait reprocher, c’est plus décoratif que pratique, ce qui constitue toujours un danger pour celles qui ne sont pas habituées et qui abandonnent la lingerie sexy par manque de confort. Toutefois, j’ai constaté que les gaines avaient fait leur apparition dans un présentoir au goût rétro. Une gaine assez enveloppante, blanche, assez fidèle a celles qui étaient fonctionnelles dans les années 50. Pour celles qui veulent se la jouer pin up rétro, je crois que c’est assez bien indiqué. Je vais surveiller si la pile diminue au cours des prochains jours, une bonne indication sur les tendances actuelles.

Changement de décor, un centre commercial assez dédié aux boutiques de vêtements. Un grand parking au sous-sol dans lequel je pose ma bagnole, direction la sortie. Là, je fais une très intéressante observation, toujours par ce fameux hasard qui me sert si bien. Juste devant moi, passe une dame qui se dirige aussi vers le centre. Plutôt petite, charmante, je remarque que ses jambes gainées de noir en dessus de ses bottines s’ornent de coutures sur l’arrière. Je suis sûr que ce n’est pas de vrais bas FF, mais un doute est quand même permis sur la réalité bas ou collant. Heureusement, un grand escalier roulant et montant offre une perspective intéressante. Je la laisse prendre une longueur d’avance et je la suis, l’oeil là juste où il faut. A un moment donné, elle se penche pour chercher quelque chose dans son sac. Ce mouvement fait remonter d’une bonne dizaine de centimètres l’arrière de sa jupe, ce qui me permet de voir un bout de peau et une lisière de bas assez mince. L’inclinaison de celle-ci ne laisse pas de doutes, les bas sont bien tenus par des jarretelles. Je me marre quand même, pas tellement pour ce que je viens de voir, mais je me rends compte que je ne suis pas le seul sur la piste. Un monsieur me dépasse  et vient doit se mettre devant moi, un peu derrière la dame. A voir la position de sa tête, il n’est pas en train de compter les ampoules au plafond. Je sais qu’à partir de maintenant, il faudra que je tienne compte des concurrents. D’ici qu’on se mette tous sur une ligne, en attendant le coup de pistolet du starter pour avoir la meilleure place, il n’y a qu’un pas! Au revoir madame, au plaisir de vous revoir!

Cette histoire de concurrence m’en rappelle une autre, pas vraiment un concurrent qui m’empêchait de voyeuriser en rond, mais plutôt un collègue. Ceux qui connaissent Paris et les Champs-Elysées doivent situer l’endroit. Sur le côté gauche quand on descend, il y a de nombreuses galeries perpendiculaires à la rue. L’une d’elles a la particularité d’avoir un restaurant au centre avec de chaque côté différentes boutiques qui offrent leurs spécificités. Il y a une quinzaines d’années, je me promenais dans cette galerie en pénétrant depuis les Champs. C’est plutôt long, je dirais un cinquantaine de mètres. Je léchais les vitrines, comme on dit. Sans faire vraiment attention, tout à l’autre bout, je vis un bonhomme avec une serviette qui regardait quelque chose dans une vitrine. Comme il n’y avait presque personne, il était d’autant plus repérable. A un moment donné, il est parti pour revenir un peu après. Parfois on hésite sur un achat, c’est normal. Là où j’ai commencé d’être intrigué, c’est qu’il a plusieurs fois recommencé son manège. Je me suis douté qu’il y avait quelque chose de bizarre dans son comportement et je me suis approché pour essayer de comprendre. La boutique qui l’intéressait était en fait un magasin de lingerie, mais de là à faire un cirque pareil, il y a un pas. Je crois que cela m’est arrivé assez souvent pour ne pas trouver cela exceptionnel, à moins d’être un grand timide. Je me suis planqué dans un coin pour comprendre. Le monsieur tellement  absorbé pas sa quête n’a pas fait attention à moi. C’est alors que j’ai tout compris. Dans l’unique vitrine de la boutique, le fond était bandes de papier  crêpe, pendus par des ficelles. Un ventilateur rotatif posé sur le comptoir, faisait voler les papiers, permettant une vision momentanée à l’intérieur. Il y avait justement une cliente qui était en train d’examiner des soutiens-gorge avec la gérante. Le bonhomme pour ne pas se faire repérer, s’en allait et revenait pour noyer le poisson. C’est là qu’il avait tort, car sinon je n’aurais jamais fait attention à lui. Dommage qu’il ne s’intéressait pas à quelques portes-jarretelles, sinon on aurait pu former un duo. Inutile d’aller vous rincer l’oeil sur place, cette boutique n’existe plus. Qui sait, la gérante lit peut être ces lignes, elle pourra authentifier mon témoignage et confirmant que son fond de vitrine était bien tel que je l’ai décrit.

Revenons à notre centre commercial. Un autre magasin, habits en tous genres et un rayon lingerie plutôt jeune. C’est dans ce genre de truc que l’on achète de la jarretelle, je dirais de décoration. Ce sont plutôt les jeunes demoiselles qui sont parmi les plus fidèles clientes. Très souvent les prix défient toute concurrence. Cette fois-ci, en promotion, des guêpières pour une dizaine d’euros. Assez tape à l’oeil par ailleurs, des rouges, des noires, des bleus, des blanches, des vertes et des plus mûres. Elles ont même des jarretelles métalliques, malheureusement supportées par des élastiques qui tiennent plus de la ficelle qu’autre chose. Juste à côté un rayon bonnes affaires, mais là plutôt masculines, dans lequel  je suis précisément. Arrive une jeune dame, qui commence à farfouiller dans le lot. Je me dis que celle-là ne va pas partir bredouille, je le sens. A voir la manière dont elle examine compare, elle ne fait pas cela pour passer le temps. J’observe donc, toujours dans le but de m’instruire sur les goûts en la matière. Pour finir, elle en a trois sur les bras. Je crois qu’elle va aller les essayer, mais non, elle se dirige vers la caisse, puis revient en arrière. Elle a changé d’avis, du moins j’imagine. Mais non, l’étourdie a oublié les strings qui vont aller avec. Elle en choisit trois, pas tellement assortis au reste. Mais bon, je ne crois pas que le mec qui va en profiter va jouer les pénibles.  Trois d’un coup, peut-être qu’ils les bouffent après? Une guêpière rouge, noire, bleue, pour peu qu’elle en choisisse une blanche, elle pouvait faire le drapeau français en invitant des copines.


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Les pages blanches du nylon

La pire angoisse de l’écrivain, c’est la page blanche. Surtout quand on traite un sujet que l’on croit avoir tournicoté dans tous les sens. Moi qui parle souvent ici d’un sujet qui tourne autour de jambes, de bas, de porte-jarretelles et autre accessoires destinés à séduire le pauvre hère toujours à la recherche de sa fortune, j’en sais quelque chose. Ouf, j’ai toujours une guerre d’avance, des sujets, des récits, qui ne demandent qu’un certain développement, ou qui sont prêts à être publiés. Au cas où je serais en panne de moteur cérébral, je peux toujours pallier en attendant la dépanneuse. Allez vite un petit poste pour satisfaire les visiteurs avides de nouvelles et d’images, il est là, il ne demande qu’un clic sur le rectangle bleu où il est écrit le mots le plus cher aux écrivains en mal de reconnaissance, PUBLIER! Voilà c’est fait! J’ai heureusement une grande chance, mon vécu. Vous pensez bien chers lecteurs, que dans ma vie très aventureuse qui consiste  à habiter un petit village depuis une éternité, l’exploration des villes voisines, villes tentaculaires de 20000 habitants, me donnent tout de suite des allures de Indiana Jones. Alors les aventures viennent, l’ennemi me guette, il est là, tapi dans l’ombre, vais-je pouvoir accomplir ma mission? Les plus futés d’entre vous doivent s’imaginer que l’ennemi doit porter des robes avec des jambes revêtues de nylon et la mission consistera à savoir si c’est des bas ou des collants. Eh bien vous avez parfaitement raison. Parmi toutes ces aventures glorieuses, quand la page blanche pointe le bout de son pif, j’essaye de m’en remémorer une ou deux et de les mettre en forme. Forcément j’en oublie, mais parfois un petit déclic vient à mon secours. Ce sera l’exercice pour aujourd’hui, avec en ouverture une anecdote où je fais figure d’arroseur arrosé.

Comme beaucoup d’hommes de ma génération, j’ai été un jour soldat. J’étais dans la logistique, un endroit assez peinard où l’on compte plutôt les obus que de se les envoyer sur la gueule. De retour de mission où j’avais conduit un élévateur à fourche pour aller charger des caisses de matériel sur un train dans un bled voisin, me voilà reparti à l’aventure à une vitesse d’au moins 30 à l’heure dans les belles campagnes verdoyantes. Il a fallu que je tombe en panne avec ce foutu véhicule en pleine cambrousse. Bruit bizarres et moteur qui toussote. Mes connaissances en mécaniques se résument à peu près à savoir qu’il faut de l’essence pour que le moteur tourne. Malgré tout, en soulevant le capot, je crois avoir remarqué qu’une courroie de transmission avait rendue l’âme. Dans les poches du soldat, il y a un tas de trucs pas toujours utiles, à l’exception d’un tire-bouchon. Hélas, aucune pièce de rechange pour mon problème. L’avantage du militaire, c’est qu’il trouve assez facilement de l’aide. Pas eu besoin de la demander, un automobiliste s’arrête et me demande aimablement si j’ai des problèmes. Coup de pot. il l’air de s’y connaître. Il diagnostique le même problème que moi, la courroie fait cruellement défaut et le moteur risque de chauffer si je repars en l’état. Comme il m’a l’air pressé, il m’indique comment faire avec une ou deux possibilités pour réparer provisoirement. Une ficelle, un gros élastique, mieux, un bas ferait l’affaire. Bon sûr mais c’est bon sang! Au revoir et merci! Me voilà bien avancé, où vais-je trouver cela en plein désert? Ce n’est pas tout à fait le désert, une ferme se trouve  un peu plus loin à 500 mètres environ, pourvu qu’elle soit habitée. J’y vais de ce pas tout en pensant que trouver un  bas ne sera pas chose facile. J’arrive dans la cour de la ferme et un chien  se met à aboyer, sans toutefois avoir l’air de vouloir bouffer de la cuisine militaire. Il doit sans doute remplacer le carillon de la porte, car une femme plutôt jolie,  se pointe dans la cour et se dirige vers moi.  Une chose me fait plaisir, elle est en robe et ses jambes ne sont pas nues, je suis bien tombé . Je lui adresse mon plus beau sourire de troupier, celui approuvé à la convention sur le désarmement en 1946.
– Bonjour madame, j’ai un problème, vous n’auriez pas par hasard des bas?
Elle me regarde l’air ahurie et je me demande si elle ne vas pas aller chercher sa ouinchester et faire un trou dans mon bel uniforme. Le journal local a du publier un article où il est question d’un satyre habillé en soldat qui erre dans les campagnes. Avant de me retrouver mort au champ de bataille, j’imagine que ma demande mérite plus d’explications et je rentre dans les détails, pendant qu’elle semble se détendre.
– Je n’ai que des collants, cela pourrait vous aider?
– Oh c’est à peu près la même chose je réponds, sans toutefois lui avouer le peu de sympathie que j’éprouve pour cet ustensile.
Rassurée, elle me fait entrer dans la cuisine et m’offre un café accompagné d’un verre de gnôle faite maison. Elle se tire et revient avec une paire de collants froissés qu’elle me refile. Je lui demande combien je lui dois, mais visiblement c’est gratuit. Je la remercie et je vais retrouver mon cher véhicule, qui arrivera à bon port place grâce à un collant de paysanne et un aimable automobiliste qui m’a filé le bon tuyau. Au service d’entretien,  vu de la réparation provisoire faite, le mécano  de service m’a dit:
– T’es un mec démerde toi!

Laissons les histoires de bas qui tournent en collants et passons à une petite boutique de lingerie où j’avais pris quelques habitudes, rapport à ma copine de l’époque qui portait des bas. Je lui en offrais de temps en temps une paire ou deux et les jours de fête le présentoir décoratif qui va avec. L’avantage de ce choix, c’est qu’il permet de choisir selon ses propres goûts, qui correspondaient assez bien à ceux de ma copine. Le patronne des lieux me connaissait et m’accueillait toujours avec le sourire. Je l’avais aussi un peu orientée vers un choix un peu plus ciblé en matière de porte-jarretelles, car elle n’avait que des choses peu fonctionnelles quand on veut porter des bas confortablement. Quand je suis entré dans la boutique, il y avait une cliente qui visiblement était intéressée par une guêpière. J’assiste, l’air de rien, à la discussion. Il vaut mieux avoir l’air de rien que l’air con, n’est-ce pas?  La cliente qui ne peut ignorer ma présence, se tourne vers moi et engage la conversation…
– Vous pensez que cela plaira à mon copain?
Cette fois, j’ai plus l’air con que l’air de rien, un peu surpris par cette question. Il faut que je vous décrive le fond de ma pensée à ce moment. La cliente est à peu près de mon âge, il y a bien longtemps qu’elle a laissé ses bas au fond du tiroir, pour autant qu’elle en aie porté une fois. Elle a peut-être allumé un mec plus jeune et veut se faire désirable ou donner réponse à une demande coquine. La guêpière sur laquelle elle semble porter son choix, ne me paraît pas trop folichonne. D’un mélange de gris et noir, elle me fait plus penser à une gaine « all in one » comme disent les British. Il n’y a aucune fantaisie, ni le moindre surplus de dentelle. A mon avis, un légionnaire en permission après deux ans de désert pourrait s’en contenter, mais un fougueux amant branché fétiche va trouver cela un peu tarte. Il ne faut toutefois jamais préjuger l’avis d’autrui, mais allez savoir.  Sans lui dire le fond de ma pensée, je lui donne un avis personnel. Elle semble me faire confiance et elle se fait montrer d’autres modèles, nettement plus coquins. Si j’étais à votre place, je choisirais celle-là, je lui conseille. Un article en noir, agrémenté de décorations roses du plus bel effet avec des rubans de même couleur qui cachent les jarretelles.  Elle file au fond du magasin dans la cabine d’essayage. Pendant ce temps, la patronne s’occupe de moi et me fait la revue des bas qu’elle a en stock tout en discutant avec moi. La cliente sort de la cabine et ouarrff…  elle a passé la guêpière à l’endroit ou cela se met, tout en laissant ses jeans, faut quand même pas trop rêver. Elle nous demande notre avis, la mien est très favorable. La patronne contrôle un peu l’ajustement, que je voudrais être à sa place, manière de montrer qu’elle s’intéresse à sa clientèle. Elle se décide pour ce modèle et repart dans la cabine. Pour n’en pas perdre une miette, je fais un peu traîner ma visite dans les lieux, je suis bien difficile ce jour-là sur le choix des bas que je vais acheter. Au retour de la cliente, je m’en doutais, elle demande aussi à voir des bas. Comme nous sommes devenus plus intimes, je me permets de lui conseiller des bas à coutures, ce qu’elle semble approuver. Il n’y a malheureusement que des bas avec fausse couture, mais ils sont fort jolis. Elle en achète une paire, ainsi que des bas avec la lisière en dentelle. C’est d’ailleurs à cette époque que l’on a commencé de voir les premiers de manière assez visible dans les magasins. La cliente paye ses achats, me gratifie d’un merci monsieur accompagné de son plus charmant sourire et s’en va vers son destin coquin. Certes, j’aurais pu l’inviter à boire un café, mais avec tout ça, je n’avais pas encore fait mes achats et puis quelqu’un m’attendait. J’aurais difficilement pu justifier un retard en expliquant que j’avais aidé une cliente à choisir une guêpière. Ce quelqu’un aurait sans doute porté des collants toute la soirée, rien que pour me faire enrager. Bien des années, après je me demande toujours si je n’ai pas rêvé cette histoire. Mais non le pv que j’ai ramassé pour stationnement prolongé ce jour-là est bien réel. Moi qui suis si ponctuel, il a bien fallu un cas de force majeure pour que je le ramasse. Et imaginez l’excuse pour le faire sauter…