Nylon Bar

L'apéritif en nylon


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Le Boss bosse sur les bosses

Voici la dame qui déambule dans la rue, celle qui pénètre dans le bar ou celle qui vient vers vous pour un tendre rendez-vous. Il se peut aussi qu’elle soit assise ou allongée sur un divan. Qu’importe la pause. Même si sa tenue n’a rien rien de remarquable, entendez par là qu’elle ne porte pas un tailleur griffé Christian Dior, elle porte ce qui la rend féminine, un jupe, une robe, mais Dieu merci pas de pantalons. Mais gageons qu’elle s’habille avec goût, elle est de celles qui ont l’élégance naturelle.   Si vous êtes un amateur de bas, nul doute que votre regard se perdra sur la jupe de la dame à la recherche de votre Graal. Ce dernier est si peu de choses, un signe tangible que la personne porte des bas. Une bosse, un relief, et voilà votre regard qui s’illumine. Selon les circonstances, très visible ou à peine perceptible, il vous fait déjà rêver sur les mille attraits qui vous sont destinés ou seulement soumis à votre vision faisant naître en vous autant de regrets.
Pénétrons dans l’imaginaire de la femme. En ces temps où porter des bas, c’est un peu repartir à la conquête de la féminité, il y a celles  qui l’assument pleinement. Oui, je porte de bas, c’est visible et alors? D’autres, moins téméraires, hésitent. Oui, je veux bien porter des bas, c’est mon secret, alors je veux qu’il le reste. Je ne souhaite pas sortir dans la rue ainsi vêtue, même si personne n’en sait rien. De chaque choix personnel découlera la conclusion visible ou non. Bien sûr, la préférence masculine ira sans doute vers l’option visible, diable le spectacle est séduisant, mais restons sages. Pensons que si c’est une inconnue, la visibilité n’est très certainement pas une invitation. Allons un peu plus loin, je fais appel à vous messieurs, si vous étiez partie prenante, que votre compagne porte des bas dans ses sorties, alors visible ou invisible? J’en vois qui hésitent déjà, la question est grave et mérite réflexion.  Avouons que le comportement le plus galant, c’est de laisser le choix à l’intéressée, conscient ou non.

Maintenant à savoir si ce petit indice révélateur angoisse ou laisse la femme indifférente, c’est une question à laquelle je laisse les porteuses de bas répondre. Quelle que soit leur avis, il est de toute manière respectable et je m’en voudrais d’influencer une tendance ou l’autre. Je prends l’image au vol quand elle se présente, juste cela et rien de plus.
Ces considérations ne sauraient se passer de quelques illustrations.  Alors je suis parti en chasse et j’ai ramené quelques trophées, si l’on peut dire. Pour respecter l’image de la personne, si d’aventure c’était involontaire,  je n’ai gardé que la section révélatrice.  Comme dans un certain guide, on pourrait leur attribuer des étoiles, ça je vous laisse faire. Entre la chose que l’on soupçonne et celle nettement visible, il y a tout un monde et je crois bien que je ne suis pas le seul à l’explorer. Je suis parfois  un peu un voyeur de l’imaginaire, je préfère ce que l’on devine à ce que l’on voit.


















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Nylon paparazzi (7)

Qu’étaient nos bas adorés aux temps anciens, comment en parlait-on? Pour le savoir, il est nécessaire d’aller fouiller dans les archives des différentes époques où par la grâce des journaux ou des livres, on peut se faire une idée plus précise du sujet. Plus que maintenant, le bas était un objet de consommation courante. La vraie différence, c’est que le bas seul n’était rien, il lui fallait des accessoires pour qu’il tienne en place. Il représentait certainement un côté coquin moins érotique que maintenant. On ne choisissait pas entre un bas et un collant, la première possibilité était la seule possible, ou alors se promener les jambes nues, ce qui était franchement indécent dans les moeurs anciennes. Précisons toutefois que les jupes étaient aussi beaucoup plus longues, faisant presque office de balai. Apercevoir une cheville au temps des rois de France était une jolie vision qui ne manquait pas de réjouir les amateurs de sensations coquines. Ce n’est qu’au tournant du 20ème siècle que les robes ont peu à peu diminué de longueur, donc il fallait cacher ce nu que l’on ne savait voir. Distinguons aussi la femme bourgeoise de celle de milieux plus modestes, cette dernière portant des vêtements par forcément à la mode, mais destinés à durer.

Une publicité de janvier 1934 nous renseigne sur la lingerie portée cette année-là. Disons-le tout de suite, elle s’adresse à une clientèle au minimum de condition moyenne. A titre de comparaison, un vélo coûtait environ 150 francs de l’époque. Certains articles de la vente avoisinent de moitié ce prix-là, donc ils font partie de la lingerie plutôt luxueuse.

25 janvier 1934
Jeudi, à LA GRANDE MAISON DE BLANC!, place de l’Opéra, journée spéciale de lingerie pour dames. Chemise nansouk jours et polo brodée 19.50; la culotte, 19,75; chemise nansouk rosé jours fin et broderie, 29 fr; la culotte 28 fr; parure soie et dentelle, la chemise, 29 fr; combinaison jupon soie point turc, 87 fr; culotte bord côtes 29 fr; porte-jarretelles satin, 9,75; douillette pompadour soie naturelle, 145 fr; exceptionnel mouchoirs linon vignettes pour dames, 17,50 la douzaine; pour hommes. 27fr la douzaine.

Un fait divers tragique d’octobre 1907, traité dans « Le Petit Parisien » est éloquent sur le respect de la vie privée. Lisez l’histoire, reproduite en entier pour la bonne compréhension, vous ne manquerez pas d’être étonnés sur la manière dont les enquêteurs étalent l’intimité de la victime. Imaginez mesdames, qu’aujourd’hui on cite le contenu de votre valise de lingerie en guise d’indices pour retrouver votre identité. Il donne aussi une idée de la composition d’une garde-robe en ces temps reculés.


La rue des Comédiens, à Bruxelles, a été le théâtre d’un affreux suicide. Une dame correctement vêtue, ayant l’accent parisien très prononcé, se présentait, il y a quelques jours, dans une pension bourgeoise de la rue des Comédiens et y louait une chambre pour une semaine. Elle déclara arriver de Paris, qu’elle était couturière et qu’elle était venue ici pour y trouver de l’occupation. Cependant, elle attira bientôt l’attention de tous les autres pensionnaires par ses allures. Elle paraissait en proie à un très grand chagrin et ses joues portaient encore les traces de larmes. C’est à peine si elle touchait aux aliments qu’on lui servait. Elle se faisait d’ailleurs monter ses repas au deuxième étage, qu’elle occupait. Or, hier,l’inconnue s’est précipitée par la fenêtre et est allée se briser le crâne sur les dalles du trottoir.
L’identité de la malheureuse n’a pu être encore établie, car on n’a trouvé sur elle aucun papier. De plus, afin de dépister les recherches, elle avait pris soin d’enlever la coiffe de son chapeau. Son cadavre sera photographié demain. Voici, en attendant qu’on ait pu l’identifier, le signalement officiel de la désespérée et aussi quelques renseignements de nature à aider les recherches.
Agée de 30 à 40 ans, taille 1 m. 60, cheveux noirs, yeux bruns, nez gros, bouche assez grande; oreilles ordinaires, corpulence moyenne. Vêtue d’une chemise et d’un pantalon de toile blanche non marqués, bas noirs, jarretelles rouges, jupon de dessous en flanelle rouge, jupon en brocart de soie noire avec dentelles noires, corsage en flanelle blanche pointillée rouge.
Dans sa chambre, parmi du linge non marqué on a trouvé un mouchoir marqué M au fil blanc, un mouchoir fantaisie marqué D au fil rouge un jupon gris fer à rayures obliques, un petit paletot, un manteau d’astrakan avec doublure en soie à Heurs couleur rouge passée, un corset noir, une fourrure tour de cou en marire, une paire de bottines en chevreau glacé avec bouts vernis et une pièce sur l’une des semelles, un pantalon de toile blanche marque au coton rouge des lettres V D, lettres mal faites. On a également découvert la somme de 1088 francs, plus 95 centimes en monnaie

Foyer Domestique, 1905, conseil gestion ménagère

Le corset

On vous a parlé du corset et vous vous demandez qui a raison, s’il faut porter un corset ou s’il n’en faut pas porter. Réfléchissez, raisonnez et vous arriverez sans doute h, une solution satisfaisante. Lorsque vous travaillez sérieusement, que vous frottez le plancher ou les meubles, le corset vous gêne-t-il? Oui, par conséquent n’en mettez pas. Mais lorsque vous allez vous promener, ou que vous voulez visiter quelqu’un, la besogne que vous faites est peu fatigante, rien ne vous empêchera alors de mettre un corset; je dirai plus, en mettant un corset peu baleiné et peu serré, les femmes un peu fortes paraissent toujours plus propres et surtout plus ordonnées. En agissant avec notre bon sens, en ne travestissant pas les indications que nous donne la nature, il est rare que nous n’arrivions pas à nous diriger sûrement.

Les jarretelles

Que vaut-il mieux employer pour retenir nos bas : des jarretières ou des jarretelles! Déjà vous avez répondu, n’est-ce pas? Pour que les jarretières retiennent bien le bas il faut qu’elles soient assez serrées et par conséquent elles peuvent causer une gêne circulatoire; nous donnerons donc la préférence aux jarretelles.

Félicien Champsaur (1858 -1934)

Un écrivain passablement retourné à l’obscurité. Il aborda un peu tous les genres littéraires. Avant tout un observateur de la vie artistique parisienne, il fut un précurseur de l’écriture moderne. Il laisse d’innombrables écrits. Voici un extrait d’un écrit paru en 1926.

Nuit de fête 1926.

Dans un coin du hall, une péripatéticienne s’asseyait un instant, et, pour aguicher un monsieur en habit noir qui la regardait impassible, levait rapidement sa jupe en corolle au-dessus de ses mollets élégants, deux fripons pistils, comme pour arranger une jarretière.

Le monsieur en habit noir:

– Vous portez encore des jarretières ? J’ai du goût pour ces attaches de ma grand-mère.

– Je n’aime pas les jarretelles ça tire et déchire les bas.

– Tu es économe et jolie. Alors, je vais t’épouser.

Vous pourriez tomber plus mal, monsieur. Je connais une princesse qui aime les bas très longs et ne porte ni jarretelles ni jarretières.
– Comment fait-elle tenir ses bas ?

– Avec des épingles à cheveux.

Le monteur en habit noir ajouta

– Au nid soit qui mâle y pense.

Puis il se perdit dans la cohue bariolée.

Comme vous le remarquerez dans les deux derniers textes les avis sont à l’opposé. Le premier est une évaluation qui peut se comparer à un avis de consommateur d’aujourd’hui. Mais le texte de Champsaur n’est probablement pas sorti de complètement de son imaginaire. La conversation a peut-être eu lieu réellement. Si l’on tient compte qu’il y a 20 ans entre les deux articles, on peut imaginer combien l’évolution entre le passage de la jarretière à la jarretelle a été long. Une sorte de guerre en dentelles, chacune défendant son camp. L’histoire de la princesse qui tenait ses bas avec des épingles à cheveux, m’a fait ressurgir un souvenir d’adolescence que je vais profiter de vous narrer en quelques mots.

Une pub de 1965 dans un journal anglais. Une gaine, article entre très porté à l’époque pas forcément par les grands-mères.


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Nylon paparazzi (6)

En fin 1941 on peut considérer que la France est en guerre, elle est même envahie et le gouvernement français siège à Vichy. On a souvent l’impression quand on écoute les témoignages que la vie était bien triste, les loisirs inexistants, les informations peu crédibles. Pourtant en lisant certains journaux, on a vite un peu l’impression du contraire. Je suis tombé un numéro du « Figaro » datant du 11 novembre 1941 et suis très étonné du contenu, pas vraiment l’idée que je m’en faisais. Bien sûr le contenu est un tantinet propagandiste, on souligne les victoires allemandes, qui à cette époque sont nombreuses. Bien que le journal ne contienne que 4 pages, une est entièrement dédiée à la femme, la mode évidemment et les petits conseils de beauté. A ma grande surprise on y parle de bas nylon, avec une grande question: les Américaines porteront-elles des bas de coton?
Le ton de l’article en est presque tragique. Résumons la situation. Le bas nylon est inventé, mais le bas de soie est encore très populaire. Après avoir remplacé le bas de coton, qui est plus un cache jambe qu’un article d’élégance, il a le vent en poupe, le nylon ne l’ayant pas encore supplanté. Mais la guerre est là. Le principal fournisseur de coton est le Japon. Historiquement, nous sommes à quatre semaines de l’attaque de Pearl Harbour, mais les relations commerciales sont rompues. Le nylon est dans la pratique une soie artificielle, obtenue chimiquement. Les produits nécessaires à sa confection sont bien évidemment utilisés majoritairement pour le matériel de guerre. Entre la soie qui n’arrive plus et le nylon qui se fait rare dans la confection, vient s’ajouter un phénomène totalement inconnu et mystérieux. A Washington, des femmes constatèrent que leurs bas de soie, les derniers sauvés, se transformaient en écumoires. J’imagine déjà leur parler nasal sortir un chapelet de « shit », tout en pestant contre la qualité des produits qu’on leur fourgue. Une étude approfondie du phénomène révéla que de l’aide sulfurique entourait les déchirures. On attribua la cause à une usine qui envoyait de l’acide dans l’atmosphère, qui par réaction chimique perçait des trous dans les bas. On ne chercha pas vraiment laquelle, secret défense, pas plus qu’on ne remboursa les dégâts. Bonjour l’air pur!
Voilà de quoi parlait le « Figaro » ce beau jour de l’automne 41. On peut aussi lire entre les lignes et penser que si les Françaises n’avaient plus trop de bas à se mettre sur la jambe, l’air d’ici était au moins respirable.

Mesdames, mesdemoiselles, pas vous messieurs, qui portez des bas aujourd’hui… enfin j’espère, que représente pour vous cet vêtement et ses indispensables accessoires qui servent à les tenir bien en place, je veux parler de ces coquines jarretelles et autres vêtements destinés à fixer les bas? J’imagine que vous êtes moderne, in, branchée, chébran, tout le folklore actuel quoi. Il ne vous a pas fallu plus d’un claquement de doigts pour franchir le gué qui vous mène vers cette sensation, à la fois voluptueuse et coquine, de vous sentir autre. Imaginez les doutes, les questions, d’une dame des années 30, qui considère la lingerie avec l’air aussi étonné et curieux que si un ovni était venu se poser dans son jardin. Un article paru dans « La Mode et la Maison », publié en mars 1936, m’y fait songer. Tout ne semble pas encore clair dans l’esprit de certaines dames de l’époque. Cela va du nombres de jarretelles nécessaires au bon usage de la chose à la manière de mettre en pratique le bon fonctionnement de cette « machine » à tenir les bas. Article sur les conseils d’une journaliste publié sous le titre « Chez la corsetière ».

La corsetière me fait attendre, mon essayage n’est pas prêt. Elle me donne quelques revues à feuilleter et m’installe, pour les regarder, dans une minuscule salle d’attente, juste entre le magasin et le salon d’essayage. Excellent poste d’observation, eu somme, j’en profiterai pour m’instruire.

Voici justement une jeune fille mince et sportive qui arrive. II lui faut une ceinture — oh simplement pour soutenir ses bas — les jarretières sont peu pratiques et les « mi-bas » pour dame terminés par un élastique ne lui inspirent pas confiance. Pourtant, elle se rend compte qu’une ceinture, si petite soit-elle, dès qu’elle s’appuie à la taille on aux hanches pour soutenir les bas, modifie l’équilibre du corps et doit être bien étudiée. Elle demande conseil.

Les jarretelles ne doivent pas être seulement placées devant, ce qui ferait remonter la ceinture dans le dos et accentuerait la cambrure des reins. Elles doivent être réparties deux devant, deux sur les côtés et deux derrière. Le fait d’en avoir six permet d’ailleurs de les tendre beaucoup moins, ce qui épargne a la fois l’élastique et les bas. Les « systèmes » de ces jarretelles ne doivent pas blesser: pour cela, pas d’angles vifs et un isolant en peluche ou en caoutchouc. Ils ne doivent pas non plus arracher les bas, mais ceci est difficile a apprécier; en les voyant, force nous est d’acheter en confiance. Mais rares sont celles qui se contentent de porter une ceinture simplement pour maintenir leurs bas. Les autres lui demandent, soit de paraître plus minces, soit la correction de tel ou tel point défectueux de leur silhouette.

Pour paraître plus mince une ceinture élastique suffit, pourvu qu elle soit bien choisie, c’est-à-dire :
– Qu’elle serre assez mais pas trop, la tension excessive ayant pour effet de la déformer plus vite, et de la déplacer vers la taille sensiblement plus mince que les hanches. On compte trop souvent sur les jarretelles pour remédier à ce dernier inconvénient, et de fait elles maintiennent la ceinture en place non sans gêne tant qu’on se tient debout, mais ne jouent plus le même rôle dès qu’on s’assied par exemple.

– Il faut que sa matière soit telle qu’on puisse la porter sur la peau et la laver facilement. Les ceintures de gomme pure dites amaigrissantes se lavent et s’essuient instantanément. On les enfile facilement pourvu qu’elles soient légèrement saupoudrées de talc mais, comme elles ne laissent pas passer l’air, elles donnent chaud. C’est d’ailleurs le secret de leurs vertus amincissantes. Enfin, elles font un usage assez irrégulier, parfois très long, parfois assez court, elles finissent toujours par se déchirer brusquement de façon irréparable. L’été, elles présentent l’avantage de rester parfaitement en place sans le secours des jarretelles et peuvent se porter sans inconvénient sous le costume de bains.
Les ceintures de tricot élastique font un bien plus long usage, se lavent facilement avec une brosse et du savon, mais ne sèchent pas instantanément. Il est recommandé, d’ailleurs, de ne pas les exposer au soleil.
Vous voilà, j’espère, rassurées. Vous aurez sans doute remarqué un petit détail. En comptant le nombre de jarretelles préconisé, vous arriverez à douze. De quoi s’assurer contre toute chute de bas imprévue. La tendance est aussi au très serré. Comme cette dame à qui son docteur conseillait d’avaler une pilule au saut du lit.
– Vous n’y pensez pas docteur, après je ne pourrai plus enfiler mon corset!

Je ne résiste pas  à la tentation de poursuivre mes explorations journalistiques dans quelques journaux oubliés, mais bien franchouillards. Un des plus célèbres fut « Le Petit Parisien », quotidien qui exista jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Journal politique de droite avant tout, il savait aussi ratisser plus large en publiant des articles plus récréatifs. En voici un extrait d’un numéro de février 1928, intitulé « bas de soie ». Bien sûr, le nylon n’était pas encore inventé, mais il n’empêche que certaines dames avaient déjà compris tout le pouvoir de séduction qu’elles pouvaient tirer d’une paire de bas. Même si la fortune ne les attendait pas dans leurs lits.

Mme Schpim était dans la joie en faisant ses comptes du mois, elle s’était trouvée à la tête de cent francs d’économies. Peuh! dites-vous dédaigneusement.. Cent francs, qu’est-ce que c’est que ça. Essayez donc, avec vos cent francs, d’acheter une malheureuse petite livre sterling.
N’empêche que Mme Schpim était bien contente, et qu’à sa place vous l’eussiez été tout autant, chère madame.  Car son billet de cent francs n’était pas un billet comme les autres, ceux qu’elle consacre, chaque mois, à l’acquisition de tous les accessoires qui font marcher sa maison, boeuf mode, poireaux, camembert, confitures, savon, huile, balais, robes, chaussures et gaz d’éclairage
C’était un billet qui ne devait rien à personne, un billet de rabiot. Et l’on sait que tout ce qui est de rabiot ne peut être remis en compte.
Le rabiot est sacré. Il est hors budget. Il est destiné à une emplette de fantaisie, de luxe, à quelque chose d’agréable qu’on ne s’offrirait pas avec ses ressources ordinaires.
Et c’est cela qui faisait la joie de Mme Schpinn
Avec ses cent francs de rabiot, qu’allait-elle s’acheter ?
Bien entendu, il ne pouvait être question de faire un cadeau à son mari. Un mari, c’est fait pour travailler et apporter l’argent nécessaire au ménage, double et noble satisfaction, bien suffisante, par conséquent. Un mari ne saurait donc prétendre profiter du rabiot que son économe épouse a réussi à faire en grattant par-ci par-là sur certains chapitres de dépenses, fût-ce les chapitres à lui consacrés. Il ne manquerait plus que cela!
J’ai trouvé! s’écria mentalement Mme Schpim. Depuis longtemps, j’ai envie d’une paire de bas de soie. J’ai de très jolies jambes. Elles méritent mieux que les bas de fil dont je les habille ordinairement. Je vais donc m’offrir une paire de bas de soie. Des beaux, très fins. Mes jambes y gagneront encore. Et qui, en somme, en aura de la satisfaction ? Mon mari. Car pour qui une femme cherche- t-elle à se faire belle ? Pour son mari. Tout de même, Alfred en a-t-il de la chance que j’aie fait cent francs d’économie.
Et, son précieux billet soigneusement enfoui dans un compartiment spécial de son sac à main, Mme Schpim courut, joyeuse comme un enfant, au « Paradis retrouvé », qui, comme on le sait, vend les plus beaux bas de tout Paris.
– De beaux bas de soie ? Parfaitement, madame, j’ai votre affaire. En voici à 135 francs. Magnifiques. Baguette brodée,  entièrement diminués et sans défaut. – Cent trente-cinq francs ?  C’est un peu cher.
– En voici à 80 francs, de très bonne qualité également et bien plus avantageux.
Ils étaient à 1oo francs il y a huit jours, mais on les a démarqués.
Mme Schpim prit les bas à 80 francs. Quelle veine! Il me reste 20 francs sur mon billet! Que vais-je bien pouvoir m’offrir avec ce nouveau rabiot ? Des jarretelles brodées de petites roses. Dame! avec de beaux bas. Justement, en voici de ravissantes.
– Combien ces jarretelles, mademoiselle ?
– Cinquante francs.
– Heu. Vous n’en auriez pas de démarquées ?-
– Si. Il me reste celles-ci. Elles étaient à 60 francs. Aujourd’hui, 40.
Mme Schpim réfléchit.
– Quarante francs. Et je n’ai plus que 20 francs sur mon billet. C’est trop cher de 20 francs. Il est vrai que, sur mes bas j’ai gagné 20 francs, puisque ce sont des bas de 100 francs que j’ai payés 80, moins 20 ôté de 40, reste 20. Les jarretelles ne me coûteront donc que 20 francs.
– Je les prends, mademoiselle.
Mme Schpim, de plus en plus ravie, emporta les jarretelles avec les bas et se dirigea vers la sortie.
Chemin faisant, elle se dit:
Quelles bonnes affaires j’ai faites.  Pour 120 francs, j’ai des bas de soie de100 francs et des jarretelles de 60, c’est- à-dire 160 francs de marchandises. C’est donc 60 francs que je gagne. Et si j’avais pris les bas de 135 francs au lieu de ceux de 80, j’aurais dépensé 55 francs de plus et 60, ça fait 115. 115 francs qu’on n’a pas dépensés, c’est 155 francs gagnés. Oh les amours de souliers Des jambes comme les miennes, avec de beaux bas et de jolies jarretelles, doivent être chaussées convenablement. Et puisque à mes 100 francs de rabiot j’ai ajouté 115 francs d’économies, je puis bien m’offrir ces petits souliers. Combien, mademoiselle ?
– Deux cents francs, madame. Voulez-vous me les essayer, s’il vous plaît ?
– Ils me vont à ravir. Je les prends.
C’est Alfred qui va être content!
Charmante histoire, n’est-ce pas? Je verrais assez bien le tout comme problème mathématique dans les écoles. Combien madame Schpim devra-t-elle économiser le mois prochain pour rentrer dans son budget?  Sachant que son mari va perdre 100 francs aux courses, mais en gagner 125 à la loterie pendant qu’une malheureuse fuite de gaz domestique augmentera la facture de 23%, en tenant compte d’une basse réelle de son prix de 2,5% à partir du mois prochain.


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Nylon paparazzi (5)

L’histoire suivante comme la reporte le « Edmonton Journal » en 1946 est digne de la série noire. C’est une ville qui a la réputation d’être paisible, dans une région du  Canada prospère et fertile. Un chauffeur de camion américain avait fait une halte dans la cité pour se restaurer et souffler un peu. Alors qu’il rejoignait son camion stationné plus loin, dans une rue de la ville, il aperçut un homme avec une valise. Cette valise ressemblait comme une frangine à celle qu’il avait dans son camion. En inspectant celui-ci, il vit qu’elle avait disparue et il se lança à la poursuite de l’homme.
La valise contenait sept paires de bas nylons, des pellicules photographiques, une large ceinture en cuir qui servent à soutenir les reins  des motards. A l’époque, sans représenter une fortune, le contenu en valait quand même la peine. Ne retrouvant pas son homme, le chauffeur se rendit au poste de police pour signaler le vol. Pour finir la police retrouva la valise avec son contenu, dissimulée dans un tas d’ordures. Continuant son enquête, elle finit par mettre la main sur un homme qui s’était signalé dans un bistrot en essayant de vendre des bas nylons.  On organisa vite une confrontation pour que le chauffer puisse continuer sa route. Il reconnut son voleur qui fut arrêté en charge de détention d’objets volés. La chauffeur avait quand même perdu plus d’une journée. Il faut croire qu’il tenait à son bagage, sûrement de quoi emmener sa belle en moto avec des bas nylons neufs et éventuellement une petite séance de photographie dans un coin charmant.

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En 1946 toujours, cette fois dans le Kansas, la ville de Hays à un problème d’éducation. Ce n’est pas que les résidents soient plus bêtes qu’ailleurs, mais on manque d’enseignants. Le responsable des écoles cherche l’idée de génie pour amener des candidats dans les écoles. Il finit par proposer deux paires de bas nylons, oui deux, à chaque dame qui accepterait un poste. Il promet aussi une paire de bas pour le femme de chaque homme qui en ferait de même. Les petits cadeaux seront remis à l’arrivée des titulaires sur place, mais pas avant. Tout juste s’il ne demande pas de les essayer devant lui pour voir s’ils vont bien. Enfin, si j’en crois l’article du journal, le truc marcha bien et la rentrée fut pourvue d’enseignants en suffisance. Remarquez que maintenant, on risquerait de ramasser plutôt une baffe avec ce genre de promesse de cadeaux pour les postulantes. A la décharge de ce directeur, il faut bien signaler que les bas étaient plutôt en pénurie suite à la guerre.

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Justement dans ce contexte un journal de la même année, cette fois à Milwaukee, annonce une grande nouvelle. Un responsable du bureau civil de la production à Washington annonce que 30 millions de paires de bas sont sorties des usines et que la production doit encore augmenter. Il affirme que la pénurie est due à une très forte demande et aussi une certaine réticence de la part des fabricants. Cette dernière affirmation est un moyen comme un autre de cacher certains problèmes de gestion du commerce et aussi des mouvements syndicalistes qui tendent à s’affirmer.  C’est bien la première fois que l’on verrait les Ricains se faire prier pour faire du pognon là où on peut en faire.

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Au cours de la seconde guerre mondiale , dès fin 1941 pour les USA, une sorte de blackout est mis sur l’industrie textile,  entre autres.  L’effort de guerre nécessite des matières premières en grandes quantités. Le bas nylon ou de soie n’échappe pas à la règle. Comme au temps de la prohibition, le marché noir s’organise et est plutôt florissant. L’administration américaine soucieuse du confort de ses citoyennes a fixé en ces temps de disette le prix d’une paire de bas à 1,80$, à charge pour elles d’en trouver. Qui dit marché noir pense bien sûr prix prohibitifs, c’est absolument vrai. A Chicago en 1943, un couple s’est fait pincer pour avoir encaissé environ 30000$ de revenus en vendant des paires du bas via ce système. Le prix de vente était de 4$ la paire et ils ont reconnu en avoir vendu 1800 paires par semaine pendant un mois. Non seulement ces revenus ont failli échapper au fisc, mais le prix dicté n’était pas respecté. Tout rentra dans l’ordre, mais la loi américaine prévoyait un an de prison et 5000$ dollars d’amende pour chaque organisation de vente illicite. L’histoire ne dit pas si la justice a aussi cherché les acheteurs. Bah, il y avait sûrement quelques dames de la bonne société parmi les clientes.

Etes-vous un bon nylon paparazzi?

Dans quel film peut-on voir cette scène?

Quel-est ce clip vidéo?

Et les pubs…


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Nylon paparazzi (4)

N’allez pas croire que les hommes ne s’intéressent pas au confort de la femme. Ces sacrés bas, hantise de beaucoup de femmes aujourd’hui, pouvaient se transformer en cauchemar quand elles étaient réduites à ne porter que cela, c’est à dire jusque vers 1965. Un cauchemar? Pas tout à fait, certaines jeunes filles ne guettaient que ce moment là pour avoir l’impression de devenir une vraie demoiselle. Votre serviteur l’a quelquefois constaté. Ces jeunes filles-là avaient quand même un avantage certain, le bas extensible était inventé, il pouvait presque doubler de longueur sans se rompre. Pas trop de problèmes de fixation, on tirait dessus et voilà. Le problème était tout autre avant son apparition. Le  vrai bas nylon, version début et ses ancêtres étaient aussi peu extensibles qu’un fil de fer. Cela nécessitait de savant calculs entre la longueur du bas, celui de l’élastique, du support. Trop de mou, le bas plissait, trop tendu, la jarretelle décrochait fréquemment ou le bas se déchirait. Rassurez-vous, de grands savants se penchèrent sur le problème comme en témoigne un article du Saratosa Herald Tribune de mars 1940.

Quelques uns des cerveaux les plus inventifs du pays se penchent sur le problème, comment faire pour que les bas ne se décrochent pas? Chaque fois qu’une femme pique un pas de course et émet un zut, elle vient d’expérimenter les inconvénients d’un bas de soie de qualité, il est en roue libre. Ce qui précipite l’accident, dit Jack White, exécutant d’une maison de vente, c’est la longueur de la gaine.

Au fur et à mesure que les gaines s’allongent, explique-t-il, les jarretelles raccourcissent, laissant moins de jeu pour compenser la tension. Les tests montrent que quand un femme plie les genoux, les élastiques risquent  d’être tendus de 4 ou 5 pouces. Cela peut-être en partie évité quand les bas sont roulés et tenus par une jarretière. Mais les femmes préfèrent les jarretelles avec fermoir qui évitent un fréquent réajustement.

White à mis au point un bas avec du une bande de caoutchouc enveloppé de soie qui agit comme un absorbeur de choc (serait-ce déjà l’invention du bas jarretière – note de l’auteur).

Un observateur du gouvernement affirme que la femme standard porte 12 paires de bas de soie ou coton par année. White dit qu’une femme, exclusivement bas de soie, en use 36 paires par année. Il suggère que les femmes devraient prêter plus d’attention aux accros.

La partie la plus résistante, dit-il, est la lisière. Le reste, le voile, est la partie faible. Le bas  doit exclusivement être pincé dans la lisière, jamais dans le voile.

Cette magnifique et savoureuse démonstration est illustrée dans l’article.

La lisière enroulée présente moins de risque d’accroc, mais demande un continuel réajustement s’il n’est pas accompagné de maintenue

Jarretière à fermeture si elle est accompagnée de longs élastiques permet de doser la tension. Mais avec une gaine longue et des attaches courtes le tension augmente.

Lisière en bande caoutchouc enrobée de  soie qui s’étendent considérablement et absorbent les tensions qui causent les accrocs.

Voilà, alors que l’Europe était en guerre, les journalistes américains s’intéressaient de près aux petites misères féminines. Rappelons que deux ans après, on demandait à ces femmes de soutenir l’effort de guerre en donnant des bas, matériel nécessaire à la confection de divers articles destinés aux soldats.

Le Beaver Valley Times, en décembre 1952, revient sur un épisode de la guerre froide.

Glen Cove, N.Y. Les femmes soviétiques de la délégation temporaire de l’assemblée générale des Nations Unies ont profité de l’occasion. Elles ont envahi les boutiques à pris réduits, ce lundi. Les articles préférés sont le rouge à lèvres, les bas nylons, les stylos bille, le matériel de couture. Le produit le plus recherché est la préparation plastique qui sert à stopper les accrocs aux bas.

La délégation a prévu de retourner en Russie après l’ajournement de la conférence, le 23 décembre.

Le Toledo Blade, de Noël 1951, rapporte l’information suivante.

Un taureau de 125 livres en liberté, chassé par des chiens, est entré dans un magasin de lingerie en brisant la vitrine. Il a fait sa corrida dans les sous-vêtements et les bas nylons causant pour 250$ de dégâts. Il est ressorti de même, a longé la rivière Cocheco et a filé dans les bois où il a finalement été abattu.

C’est sans doute un cas unique dans l’histoire, un taureau fétichiste.

Etes-vous un bon nylon Paparazzi?

On peut voir cette scène dans un très célèbre film de l’après-guerre. Même si le film n’est pas annoncé comme policier, le titre ne laisse aucun doute.

La photographie ci-dessous pourrait me faire penser à célèbre personnage, un Américain. Voyez-vous pourquoi et qui?

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Une toile tissée de fils en nylons

Une analyse superficielle de l’histoire du Web et l’apparition des bas nylon dans celui-ci


Il fut un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, je veux parler des premiers balbutiements de la Toile.
Il était une fois, ah ben non, c’est pas un conte de fée et pourtant elle fait rêver la toile. Imaginons Blanche Neige dans un conte érotique version moderne et train de chatter avec les sept petits nains, survivance idiote de l’histoire originale, comme si un nain pouvait être grand. Oui, la pauvre Blanche Neige en mal d’amour perdue dans sa forêt, reniée par un prince et n’ayant qu’une pauvre connexion en 24 bits, sans jeu de mots, pour rencontrer l’amour. Vous vous rappelez le nom de sept personnages? Non? Alors rebaptisons-les. Il y a Lubrique, Obscène, Satyre, Voyeur, Pervers, Dépravé, Vicieux. Ce qu’ils peuvent faire et où, je vous laisse l’imaginer. Le genre de messages qu’il peuvent écrire et les réponses de la belle. Mais comme Basnylonetmusiqueretro, ce n’est pas mon vrai nom, est un personnage sérieux, nous n’entrerons pas ces considérations vulgaires, car le rêve est ailleurs, comme la vérité. Donc, nous disions que la Toile fait rêver. A chacun sa manière, moi j’apprécie tout particulièrement la musique et les bas nylon. Mais comment tout cela est-il arrivé?
Au début il n’y avait rien. Les ordinateurs ont envahi l’espace familial, alors que la seule connexion était en fait la prise de courant et peut-être un ou deux ustensiles destinés surtout à noircir du papier ou à enfiler un truc chargé de mémoire qui pouvait se plier en huit. Déjà, le progrès avance vite, une certaine tendance à la déviation se manifestait. Qui ne se rappelle parmi les anciens de certains jeux où une certaine Emmanuelle, connaissait des aventures osées qui feraient bien rire un curé intégriste. Et aussi un certain Larry, qui lui faisait dans la luxure, partant à la conquête de dames charmantes qui, si le dialogue était rondement mené, nous emmenait au seuil de la chambre de la belle, avec la porte qui nous claquait immanquablement au nez. C’était le temps où l’on était sage, on jouait au Dungeon Master, on bâtissait nos premières villes dans Sim City, pas encore dans Sin City, agrémenté de temps en temps par un Strip Poker où pour le plaisir de ne pas trouver ce jeu complètement idiot, on gagnait assez facilement avec une paire de sept.

Dans nos compagnes, une rumeur s’est propagée, elle ne faisait pas encore partie du quotidien, on n’en parlait pas encore dans les bistrots ou si peu, mais il était possible de découvrir le monde derrière un écran. La Toile était née, le vouaib comme disent les Angliches. Cette toile qui tend à régner, attention un jeu de mots vient de passer, nous emberlificote dans les maillons de son gigantisme. Fini la poste, il n’y a que mail qui m’aille. Une connexion, une bécane et le monde est à nous…
Le monde nous appartenait, mais d’une manière encore peu nette, le Net n’était pas net. Un scanner coûtait une petite fortune pour un résultat autant pointillé que marbré.

Construire une page demandait presque autant de signes de calligraphie qu’une oeuvre de Victor Hugo et son affichage faisait passer un escargot pour un vainqueur d’Indianapolis. Vous trouvez que tout va vite maintenant? Oui, alors dites-vous bien que sur la Toile, ça va encore plus vite. Au fil des mois, pour ne pas dire des jours, une sorte de révolution perpétuelle s’est affirmée. La version Truc 1.0 remplacé par la version 1.1, 2.0, 2.1, en avant la musique! Elle englobe tout, les bécanes, les disques durs, les cartes graphiques et sonores, le vidéos, enfin toutes ces chose qui font que maintenant vous êtes là en train de lire ces lignes, j’en profite au passage pour vous remercier de votre fidélité et de vous saluer si c’est votre première visite, en espérant que vus reviendrez.

Mon premier voyage, je m’en souviens très bien. Il m’est tout de suite apparu que la magnificence de ce système de communication était splendide. J’ai tapé quelques mots sur un moteur de recherche au hasard, tout à fait au hasard, jarretelles, bas nylon, enfer, ben oui s’il faut y aller autant se renseigner. Je me suis vite aperçu que des petits malins avaient installé l’érotisme dans le moindre recoin. Quelques sites avaient pignon sur jambes si l’on peut dire. On y voyait, souvent dans un registre élémentaire, de charmantes dames qui nous exposaient, ou plutôt qui nous offraient sur leur jambes, un résumé de leur tiroir lingerie et de tout ce qu’il pouvait contenir de coquin.

Puis sont apparus les forums, vaste échange où les glaneurs rassemblaient ce qu’ils avaient découvert sur les quelques sites, pas encore très nombreux, dédiés à la chose. De temps en temps, un mateur retrouvait la photo de sa femme qu’il avait « égarée » sur un autre forum. Rigolade générale ou prise de bec selon l’humeur du visiteur.

Comme si cela ne suffisait pas, la facilité s’est imposée avec les blogs. En quelques manipulations, n’importe qui peut avoir quelque chose qui ressemble à un site sans trop se prendre la tête. Personne ne s’en prive, les blogs dédiés au bas nylon se comptent par milliers. La consécration de la photo digitale a permis au quidam de prendre sa photo et de la voir quelques minutes après sur un quelque part très loin de chez lui. On a tous à l’esprit ces demoiselles qui exposent leur tenues vestimentaires, parfois sexy, en se prenant en photo devant le miroir de la grande armoire. Certaines tentent une carrière de modèle par ce biais, elles sont célèbres parmi la cinquantaine de copines et visiteuses qui constituent une sorte de fan club. Je doute, et ce n’est pas Dita von Teese qui me contredira, qu’elles ont peu de chances de rayonner ailleurs que sur un écran 19 pouces, ceci étant dit sans aucune méchanceté de ma part. La caméra digitale, après bien des balbutiements, s’est perfectionnée pour offrir une image de qualité et un son correct en restant dans un prix abordable pour le simple citoyen. On trouve des spécialistes qui se sont improvisés cinéastes pour tourner des petits clips dans lesquels les jambes en nylon sont complaisamment filmées et aboutissent quelquefois, assez rarement il est vrai, à des petits réussites de sensualité. Elles foisonnent dans les sites comme YouTube et autres. Certaines n’y font qu’un bref séjour supprimées par une censure le plus souvent aveugle. Des clips tout à fait personnels et très softs en subissent les foudres, tandis que d’autres, visiblement volés à des sites payants, ou bien moins softs stagnent à la vue de tous pendant des années. Allez donc y comprendre quelques chose.
La photo et caméra digitale a aussi permis une sorte de contre progrès. Les chasseurs de dessous de jupes sont les nouveaux paparazzis des temps modernes. Ils auscultent la face cachée de la lune, tant et si bien que certaines personnes se reconnaissent sans voir leur visage. Un shoot, c’est ainsi qu’ils appellent leurs trophées, sont hautement acclamés quand la prise offre à la vue un paire de bas et encore plus s’ils sont tenus par un porte-jarretelles. Un Anglais du non de Jeff Jones, est une célébrité dans ce domaine. Il avait l’habitude de sévir sur les champs de courses où les dames de la bonne société montraient accidentellement la lisière d’un bas, dont il semble qu’elles sont très amatrices. Lui, il était là et hop, la vision passait à la postérité via les forums. Il a pris des centaines de photos avant que la police l’arrête. Le délit n’étant pas encore dans le code pénal anglais, il a été relâché sans charge, mais il s’est calmé depuis, on l’a prié d’aller voir ailleurs. Avis aux chasseurs d’ici, les vigiles des grandes surfaces repèrent autant les voleurs que les chasseurs de jetons armés d’un appareil digital. Mais le plaisir du jeu est doublé maintenant, prendre la photo sans se faire repérer de la victime… et des vigiles!.

Etre là au bon moment

Un exemple de clip perso assez bien réussi

Et Blanche Neige maintenant? Ben… elle a un blog comme tout le monde!